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Valéry Giscard d’Estaing aura donné son dernier grand entretien à…

L'ancien chef de l'Etat Valéry Giscard d'Estaing est décédé à l'âge de 94 ans mercredi soir. Arnaud Benedetti revient sur la manière de concevoir la politique qu'avait Valéry Giscard d'Estaing. Il évoque également le parallèle souvent établi avec le Général De Gaulle.

Arnaud Benedetti

Arnaud Benedetti

Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.

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Valery Giscard d’Estaing aura donné son dernier grand entretien à la Revue politique et parlementaire. Éric Anceau et moi-même avions voulu l’interviewer à l’occasion du dossier que nous consacrions au Général de Gaulle. VGE avait été son ministre de l’Economie et des Finances.

Giscard / De Gaulle : le parallèle n’avait pas seulement pour intérêt le témoignage important du premier sur le second, mais pour ce qu’il disait en fin de compte de deux formes cristallines de la manière de concevoir le politique. Pas la politique, mais le politique. Aussi surprenant que cela puisse paraître l’un et l’autre partageaient la même volonté de synthèse pour mobiliser l’énergie nationale mais avec des visions profondément différentes de la conduite de l’Etat. Pour De Gaulle le politique était une affaire de domination de l’Histoire et des événements, pour VGE il était une école de la nécessité, c’est-à-dire au prisme de son regard, d’aggiornamento à la marche du monde. Au fond Giscard croyait quelque part à "la fin de l’histoire", à l’avènement, tout au moins sous nos latitudes occidentales, d’une démocratie décrispée, consommatrice, réformatrice au plan societal, et acquise à la rationalité technique et au marché. Naturellement, pour lui, cette promesse était européenne.

Adepte de la modération dans la tonalité, ne doutant pas néanmoins de certaines de ses supériorités intellectuelles, profondément libérale, il eut à combattre la nostalgie gaulliste qu’incarnait le rival chiraquien et le lyrisme surjoué d’une union de la gauche parfois chaotique. Les deux chocs pétroliers eurent sans doute plus raison de son mandat que l’alliance non-dite, honteuse, du chiraquisme et du mitterrandisme, qui pour l’avoir combattu, une fois au pouvoir, n’en modifièrent pas les fondamentaux de sa politique.

Giscard tomba au champ de l’ingratitude ; il contribua certes à l’abreuver par une forme de désinvolte insolence mais il laissa en un espace-temps charnière une société française profondément transformée : plus ouverte sans doute quant aux mœurs, encore solide dans le fonctionnement de l’Etat, moins libérale qu’il ne l’eut aimé sans doute, mais à découvert parfois car ne pressentant pas que les vents de la mondialisation et de la libre circulation la travailleraient dans sa géologie humaine tout autant qu’économique et sociale. Son libéralisme politiquement authentique en fait un Président sans doute à part de la Vème République, ce qui est à porter à son crédit et qui au cours du temps fera sa place éminemment singulière dans notre histoire contemporaine.

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