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Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
©ISHARA S. KODIKARA / AFP

Dies Irae

Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?

Pour comprendre pas besoin d'une calculette. Il suffit d'ouvrir les yeux.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y a dans le journalisme une règle d'or bien connue : celle de la réception de l'événement et de la distance kilométrique. Elle est simple. Plus un fait est éloigné de nous plus notre intérêt s'émousse et plus notre émotion s'estompe. 10 morts en France font pour nous beaucoup plus de bruit que 1000 morts en Inde.

C'est sans doute regrettable mais c'est plutôt logique. Pour avoir longtemps dirigé la rubrique de politique étrangère dans un journal je savais avec combien de cadavres je devais me présenter en conférence pour mendier quelques lignes à la rédaction en chef. Mais parfois cette sacro-sainte règle peut subir de singulières distorsions.

C'est le cas si l'on compare les tragédies de Christchurch et du Sri Lanka : 50 morts ici, 200 morts là-bas. Un simple coup d'œil sur la carte permet de se rendre compte que Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui a fait tant de bruit est plus éloigné de nous que le Sri Lanka qui en a fait beaucoup moins.

Ce n'est pas étonnant. Cette différence de traitement tient à la religion des victimes. A Christchurch des musulmans ont été assassinés par un suprémaciste blanc. La tragédie était épouvantable : les réactions furent hystériques.

La Première ministre de Nouvelle-Zélande mis le voile –signe visible de la soumission de la femme- pour communier avec les victimes. En France les journaux, les radios, les télévisions rivalisèrent d'ardeur pour dénoncer la haine antimusulmane et l'islamophobie.  On atteignit l'extase quand on découvrit que l'assassin de Christchurch avait lu Renaud Camus et que ce dernier avait été invité dans son émission par Alain Finkielkraut. On tenait enfin les deux coupables!

Rien de tel pour le Sri Lanka : les victimes sont chrétiennes. Et contrairement aux musulmans les chrétiens ne sont pas des victimes appétissantes. On nous a enfoncé dans la tête que ceux qui croient en Allah sont maltraités par nous. Et que quand ils meurent leur sang doit retomber sur nos têtes.

Les chrétiens ne peuvent prétendre à ce statut enviable. Certes ils meurent parfois et des Eglises brûlent comme chez nous. Mais leurs assassins ont toujours des contours flous qui permettent aux bienpensants de ne pas les désigner. Un jour viendra peut-être où les chrétiens las de tendre l'autre joue oublieront un peu le Christ pour s'adresser à Yahweh : c'est un Dieu vengeur !

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