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Selon une étude, les hommes chauves obtiennent un fort capital sympathie chez les femmes. Ici Pierluigi Collina, le célèbre arbitre de football italien
©Reuters

Les chauves sourient

Pourquoi être chauve est bien plus avantageux que vous ne le croyez

Intelligence, culture, influence, haut statut social… Les hommes chauves ne renvoient pas une image aussi dégarnie que leurs crânes. Au contraire, ils sont perçus comme des personnes charismatiques et importantes. De plus, être chauve peut vous sauver la vie.

Arrivée la trentaine, de nombreux hommes sont en proie à la crainte de perdre leurs cheveux. Comme des lions privés de leurs crinières ou des coqs de leurs plumes, la calvitie est perçue comme le témoin cruel du temps qui passe et qui désempare les hommes de leur plus bel apparat : celui qui trône sur leurs crânes. Cette peur ne date pas d'hier, indique la BBC dans un article. Et pourtant, être chauve peut se révéler bien plus avantageux qu'il n'y paraît.

Crainte historique

Déjà en Égypte antique, il y a 5 000 ans de cela, on conseillait aux hommes atteint de ce mal de s'appliquer un onguent à base de piquants d'hérissons, d'huile, de miel, d'albâtre, d'ocre et de morceaux d'ongles. Plus tard, au début du IVème siècle avant J.C, le père de la médecine Hippocrate tentait de vaincre sa calvitie en s'appliquant une concoction à base de crottes de pigeon, de raifort, de cumin et d'orties – cela n'a pas dû marcher puisqu'une forme de calvitie porte désormais son nom. Cléopâtre avait autrefois conseillé à son doux Jules (César) de s'étaler une mixture sur le crâne à base de dents de chevaux, de morceaux de souris et de graisse d'ours pour faire repousser ses cheveux. Enfin, les Vikings ont préféré se recouvrir le caillou de caca d'oie. On doute que ces préparations aient eu un quelconque effet sur leur pilosité crânienne.

En revanche, il existe aujourd'hui de multiples remèdes à ce mal majoritairement masculin, appelé alopacie androgénétique. Médicaments, compléments alimentaires, lotions, implants capillaires… C'est simple : on dépense dans le monde plus de trois milliards d'euros par an pour lutter contre la calvitie. Un budget supérieur à celui de la Macédoine, et qui, comme l'a fait remarquer Bill Gates, est bien supérieur à celui consacré à la lutte contre la malaria, autrement plus dangereuse. Un combat qui n'en vaut peut-être pas la peine, alors que la finastéride, l'un des médicaments les plus utilisés contre l'alopécie, compte de nombreux effets secondaires comme l'impuissance sexuelle.

Il faut dire que pour les hommes, perdre ses cheveux est vécu comme une véritable déchéance. Un signe de vieillesse peu attirant, que les Romains expliquaient par le port du casque chez les soldats ; Aristote, par les rapports sexuels ; et le dermatologue français Sabouraud par un microbe en 1897 – théorie qui se révèlera fausse. En fin de compte, personne n'est épargné, puisque tous les groupes ethniques sont touchés par la calvitie.

Réflexe physiologique

On connaît aujourd'hui la provenance de cette chute de cheveux. Celle-ci est causée par l'androstanolone – autrement appelée DHT , une composée de la testostérone, l'hormone masculine. La production de cette hormone est à l'origine du développement des parties génitales chez l'homme. Hélas, elle favorise également le cancer de la prostate. Et étonnamment, on constatait de nombreux cas de ce cancer chez les hommes chauves. De ce fait, il a été généralement accepté que les chauves avaient de plus hauts taux de testostérone et étaient donc plus virils. Ce qui est faux, expliquait la BBC dans un autre article. En revanche, on remarquait que leur pilosité sur les bras, jambes et torses était plus développée que la normale.

Mais la calvitie pourrait se révéler bien plus utile qu'elle n'y paraît. Selon certains scientifiques, celle-ci serait un réflexe physiologique qui permettrait de contrebalancer les effets néfastes de l'androstanolone sur la prostate. En effet, la chute des cheveux favoriserait l'exposition de la peau aux ultraviolets provenant du soleil, source de vitamines D. Or, ces dernières sont reconnues pour leurs vertus dans le traitement du cancer de la prostate, comme en témoigne cette étude publiée en mars 2015. Et si au final, la nature était bien faite, mieux faite que nous le pensions ? "La calvitie aurait ainsi aidé de nombreuses personnes à recevoir davantage de rayons UV et à produire plus de vitamine D", conclut le chercheur Peter Kabai de l'Université István (Budapest, Hongrie) et auteur de l'étude à l'origine de la découverte, interrogé par la BBC. Cela expliquerait alors pourquoi les femmes, qui n'ont pas de prostate, sont bien moins sujettes à la calvitie. Comme quoi, être chauve a du bon.

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Perception sociale

Et ce n'est pas la seule commodité à être chauve. D'un point de vue social, un homme au crâne lisse et brillant bénéficie de nombreux préjugés à son avantage. Tout d'abord parce que la calvitie est une quasi-exclusivité masculine, explique à la BBC Frank Muscarella, psychologue à l'Université Barry en Floride (États-Unis) : "Dans la nature, lorsque les mâles ont des caractéristiques physiques que les femelles n'ont pas, cela créé un effet d'attraction supplémentaire". Pour en avoir le cœur net, le psychologue a réalisé un test en 2004 auprès de 101 hommes et 101 femmes, auxquels il a montré des photos d'hommes avec ou sans cheveux. Résultat : les hommes chauves obtenaient un fort capital sympathie chez les femmes. "Elles désignaient les chauves comme les plus intelligents, influents, bien éduqués, savants, honnêtes, serviables ou ayant le plus haut statut social. Des traits de caractère que l'on associe à une certaine aisance sociale ou à une forme de maturité", détaille-t-il.

Une seconde étude du même type menée par le chercheur Albert Mannes a également démontré que les personnes chauves étaient perçues comme plus grandes et plus massives. De manière générale, les chauves sont considérés comme des personnes sûres d'elles, adultes, sereines, capables de diriger et dominatrices. Cette vidéo humoristique (en anglais) produite par le studio College Humor montre à quel point un crâne bien rasé associé à un bouc peut influer sur l'image que l'on renvoit :

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