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Nul en sport? Pas la peine de s'épuiser au stade, tout l'entraînement du monde ne pourra jamais faire de vous un champion, c'est scientifique
©Capture d'écran

Oeil du tigre

Nul en sport? Pas la peine de s'épuiser au stade, tout l'entraînement du monde ne pourra jamais faire de vous un champion, c'est scientifique

Selon plusieurs études, il n'y a pas de liens entre des entraînements poussés et la réussite sportive. L'entraînement ne joue que pour 18 % dans les performances d'un athlète.

Etre mauvais en sport à l'école va rester encore pour longtemps une fatalité. Pratiquer assidûment une activité physique n'explique pas pourquoi certains deviennent des athlètes de haut niveau alors que d'autres restent des billes et rament au fond des classements.

L'entraînement ne joue que 18 % sur vos performances

La revue Perspectives in Psychological Science a passé au crible 33 études sur les relations entre des entraînements poussés et la réussite sportive. Elle en a conclu que la pratique soutenue d'un sport n'est pas aussi importante qu'on pouvait le penser. Leur analyse révèle que la pratique n'intervient que pour 18 % dans la réussite d'un sportif. En clair, si l'on compare les moyennes entre deux joueurs de baseball, par exemple, le temps passé à frapper la balle ne représente que 18 % de différence entre un bon joueur et un mauvais. Ce qui veut dire que certaines personnes possèdent plus de qualités sportives que d'autres et que cette différence ne peut pas reposer sur la seule pratique.

Pratiquer très jeune un sport ne vous transformera pas en champion

L'auteur principal de l'étude, Brooke Macnamara, explique au site Vox que "certaines personnes s'améliorent très rapidement avec moins de pratique tandis que d'autres personnes vont devoir s'investir intensément pour parvenir à des résultats similaires". Et ce chiffre de 18 % s'applique à tous les types de sports, du bowling au tennis. De plus, l'étude a également révélé que l'âge auquel débute l'athlète ne change rien non plus à ces 18 %.

La génétique est l'une des explications

Il reste donc 82 % d'aptitudes physiques pour expliquer le différentiel entre un sportif obtenant de très bons résultats et l'autre plafonnant à un niveau médiocre. C'est là l'une des limites de cette étude car les chercheurs demandent aux athlètes de donner leurs heures d'entraînements mais la mémoire peut jouer des tours et ces données ne sont donc pas totalement fiables. Pour autant, Brooke Macnamara ne pense pas que de meilleures mesures des temps d'entraînement pourrait faire bondir ce score de 18 % à près de 100 %. Elle estime qu'il existe une pluralité de facteurs, dont certains sont génétiques, qui expliquent pourquoi certaines personnes sont de meilleurs athlètes que d'autres.

Il est très difficile de prédire des performances

Il est donc prépondérant de prendre en compte la personnalité et la persévérance, la propension à se blesser, la facilité à résister à la pression, les différences physiologiques dans l’absorption d'oxygène, les différences dans la façon dont nous acquérons de la masse musculaire, la coordination, la taille, et enfin l’appétence pour la compétition. "Il existe un grand nombre de facteurs qui peuvent contribuer à la performance sportive, des gènes différents, des capacités cognitives différentes, des attributs physiques différents, selon Brooke Macnamara. Toutes ces choses sont importantes et interagissent les unes avec les autres. C'est pourquoi il est si difficile de cerner et de prédire quelles seront les performances".

Bon courage si vous voulez devenir le nouveau Lionel Messi

Dans l'ensemble, elle estime que ce résultat est une attaque contre la règle des 10 000 heures théorisée par Malcolm Gladwell : tout le monde peut devenir un expert dans n’importe quel domaine au terme de 10 000 heures de pratique assidue. Les recherches dans le domaine sportif ou dans d'autres activités telles que la musique, les jeux et l'éducation invalident cette hypothèse. Cependant, ce n'est pas une excuse pour ne pas essayer de s'améliorer en se cultivant ou en s'entraînant.

Pratiquer un sport est donc très important, mais vos heures intensives d’entraînement ne combleront jamais le fossé entre vous et un Lionel Messi ou un Novak Djokovic.

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