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Personne ne remplacera jamais l'ancien maire de Montpellier dans le coeur du Languedoc-Roussillon.
Personne ne remplacera jamais l'ancien maire de Montpellier dans le coeur du Languedoc-Roussillon.
©Reuters

Père spirituel

Languedoc-Roussillon : on regretterait presque Georges Frêche !

Personne ne remplacera jamais l'ancien maire de Montpellier dans le coeur du Languedoc-Roussillon. Il n'y a qu'après sa mort que Christian Bourquin, autre notable socialiste local, a pu lui succéder. Et puisque les coutumes locales ont la peau tenace, l'actuel sénateur collectionne en toute discrétion les casseroles judiciaires et politiques...

Matthieu Creux

Matthieu Creux

Matthieu Creux est blogueur politique sur Le Mal Pensant.

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Formé aux affaires politiques avec l'accent méridional de Georges Frêche qui l'a pris sous son aile alors que ce dernier était maire de Montpellier, Christian Bourquin a gravit étape par étape tous les échelons du parfait élu local. Dans l'ordre : président d'un office HLM, Premier secrétaire de la Fédération départementale du Parti socialiste, conseiller général des Pyrénées-Orientales, maire de Millas, député socialiste grâce à la dissolution villepinienne de 1997, président du Conseil général, vice-président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon puis, enfin, président du Conseil Régional et sénateur.

Dès 2001, des doutes apparaissent dans la bonne foi de ses comptes de campagne lors d'une élection cantonale. En effet, en 2010, le Président socialiste du Conseil général des Pyrénées-Orientales est condamné à trois mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende pour minoration de comptes de campagne et complicité de faux.

En 2008, Christian Bourquin est mis en examen pour favoritisme dans le cadre d'un marché public au profit de l'agence de communication du département. Début janvier 2012, la justice rendra son verdict : deux mois de prison avec sursis pour ces "faits graves".

Évidemment, pour Maitre Nicolau, l'avocat de Christian Bourquin, la justice a été instrumentalisée dans ce dossier pour détruire la carrière de son client. Bien sûr. Où est-ce qu'on signe la pétition pour s'indigner d'un acharnement pareil ?

Dernièrement, deux polémiques ont encore vu le jour. La presse locale s'interroge sur les moyens que la Région qu'il dirige a mis à sa disposition pour gérer ses affaires personnelles et politiques, en jeu l'utilité pour le Conseil régional de louer un bureau de 100 m2 dans les locaux du conseil général des Pyrénées Orientales (qu'il dirigeait avant de présider la région). Pour loger des collaborateurs personnels du sénateur Christian Bourquin qui n'a aucune permanence parlementaire ? Une enquête de "Montpellier Journal" laisse en tout cas entendre cela, ajoutant même que des salariés de la région seraient aussi utilisés à des fins politiques et partisanes et non pour répondre uniquement à des besoins d'intérêt général.

Enfin, polémique de plus petite portée, l'élu a encore récemment fait parler de lui car des journalistes de Midi Libre ont repéré un dispositif ingénieux sur la plaque d'immatriculation de sa voiture. Une des lettres était maquillée à l'avant comme à l'arrière. Il manquait l'intérieur de la lettre B, technique couramment utilisée pour brouiller l'image que les radars routiers prennent de la plaque de la voiture en excès de vitesse. "Plutôt étrange pour un véhicule parfaitement entretenu" s'étonne Mathieu Lagouanère, le journaliste curieux de sa découverte. Réponse de l'élu : merci d'avoir prévenu, c'est probablement la faute du lavomatic…

Le Parti socialiste avait exclu Christian Bourquin lorsqu'il s'était rangé en 2010 sur la liste de gauche dissidente alors emmenée par Georges Frêche. Heureusement, en octobre 2011, le Parti socialiste ne pouvant pas se passer d'un tel talent, l'a réintégré dans ses rangs. Du grand art !

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