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Lettre ouverte au chef de la propagande Matthieu Gallet, président de Radio France
©France inter

Tribune

Lettre ouverte au chef de la propagande Matthieu Gallet, président de Radio France

Dans une tribune publiée dans le Monde, Mathieu Gallet a déclaré que l'audiovisuel public formait un "rempart contre les discours extrémistes".

Christian Combaz

Christian Combaz

Christian Combaz, romancier, longtemps éditorialiste au Figaro, présente un billet vidéo quotidien sur TVLibertés sous le titre "La France de Campagnol" en écho à la publication en 2012 de Gens de campagnol (Flammarion)Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages dont Eloge de l'âge (4 éditions). En avril 2017 au moment de signer le service de presse de son dernier livre "Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos", son éditeur lui rend les droits, lui laisse l'à-valoir, et le livre se retrouve meilleure vente pendant trois semaines sur Amazon en édition numérique. Il reparaît en version papier, augmentée de plusieurs chapitres, en juin aux Editions Le Retour aux Sources.

Retrouvez les écrits de Christian Combaz sur son site: http://christiancombaz.com

Voir la bio »

Cher Matthieu Gallet,

Le système a eu raison d'autres animaux médiatiques que vous, qui jouaient les mâles dominants pour un photographe de mode avec un sourire en coin, mais dans votre hâte à justifier la mission pré-électorale que le gouvernement a confiée à France-Télévision, vous venez de vous tirer une balle dans le pied, posément, avec un fusil à lunettes à visée laser. Voilà qui facilite un peu la tâche de vos prédateurs naturels. Déjà, le chiffre de votre salaire et celui de vos dépenses en mobilier de bureau avaient fait légèrement tiquer la France qui a du mal à vivre, mais désormais vous nous dites expressément par quoi s'explique l'indulgence budgétaire dont le pouvoir socialiste fait preuve à votre sujet ; vous êtes le chef de la propagande officielle, voilà tout. Vous nous dites représenter les seuls médias attachés à tisser du lien social autour de références communes. Outre cette formulation orwellienne, vos références communes sentent le XXIIIè congrès. Vous êtes un apparatchik de la pensée recommandée. 

J'aimerais vous rappeler que contrairement à ce que vous dites, le service public n'est pas "l'acteur majeur du vivre-ensemble". L'acteur majeur du vivre ensemble, c'est le peuple. C'est lui qui décide avec qui et comment il veut vivre. Je sais que c'est un peu dur pour vous à entendre, parce que le peuple est une entité redoutable quand on gagne 222 000 euros par an sur fonds publics, mais le peuple a sa propre voix, sa propre parole dont vous devriez être le refuge et l'expression. Le peuple se manifeste régulièrement par une opinion majoritaire que vous n'avez pas choisi de refléter, mais de conjurer. Non seulement ce n'est pas votre rôle mais vous êtes trop riche et trop arrogant pour le représenter en quoi que ce soit. Il saura vous le faire comprendre tôt ou tard. Le navire dont vous tenez les commandes, vous n'en êtes pas l'armateur. Si la compagnie change de drapeau vous serez débarqué comme n'importe quel marin présomptueux. Le plus tôt sera le mieux. Vous vous êtes visiblement assigné la tâche de défendre une sensibilité minoritaire contre la volonté de la majorité - dont vous êtes l'employé. Si vous voulez jouer les maquisards au service de la morale contre l'opinion générale, renoncez à vos avantages, prenez le maquis en Ardèche et ouvrez un blog, je vous montrerai comment faire. Mais épargnez-nous les rodomontades du type qui se croit investi d'une mission, celle d'endiguer l'extrémisme, parce qu'en faisant systématiquement le jeu de la minorité qui se croit détentrice du bon droit, vous l'entretenez. Cet extrémisme qu'on peut appeler exaspération n'est pas né de rien, il n'est pas tombé des arbres ou des nuages, vous l'avez, vous et vos amis socialistes, stupidement suscité par votre prétention à tout régenter au nom du bon goût canal-plus rive-gauche.

Bienvenue dans le réel.

Pour conclure je voudrais renvoyer le lecteur à une séquence qui commence par le moment où le film de Maurice Clavel s'achevait, en 1971, lors d'un débat à la télévision française. Il montrait que l'eau d'une fontaine ne peut pas être retenue longtemps, il y tenait un discours qui appelait à la libération de la parole, du débat, et voici ce qui s'est passé :

 

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