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©ALBERTO PIZZOLI / AFP

"Voyage, voyage"

Ces pays où continuent à partir les Français malgré le Coronavirus

Malgré la pandémie de Covid-19, les Français n'ont pas tous renoncé aux vacances estivales. Quelles sont les destinations qui ont été privilégiées par la population française ? Quel a été l'impact du coronavirus sur le choix des destinations touristiques pour cet été 2020 si particulier ?

Guy Raffour

Guy Raffour

Guy Raffour est président du cabinet d'audit Raffour Interactif spécialisé dans le tourisme.

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Atlantico.fr : Malgré la pandémie, il semble que les Français aient décidé de partir en vacances. Quelles sont les destinations qui ont été privilégiées par la population française ?

Guy Raffour : Tout d’abord, il est important de préciser qu’il existe un site internet indispensable pour tous les voyageurs qui désirent s’évader hors des frontières françaises cet été, il s’agit de https://reopen.europa.eu/fr/. Il permet de connaître les zones sous tension par rapport au Covid-19 ainsi que les restrictions sanitaires existantes dans le pays concerné. Tout touriste partant à l’étranger doit savoir qu’il existe un risque de confinement local ainsi que des spécificités au port du masque et aux gestes barrières. Je conseille aux voyageurs de se cantonner à l’Europe et de consulter ce site avant toute décision car il actualise la situation en temps réel. 

Habituellement les Français aiment séjourner à l’étranger pour leurs congés d’été, sans toutefois que cela dépasse le taux de départ dans l’Hexagone qui reste privilégié. Cet été 2020 est très particulier. La plupart des pays ont incité leurs compatriotes à rester dans leurs frontières. Même si des Français partent en Grèce, Espagne, Portugal, Italie etc, on est très loin des flux habituels. La destination France possède une offre de qualité, variée et créative, que beaucoup de Français découvrent à cette occasion en la choisissant encore plus que d’habitude. 

Quel a été l’impact du coronavirus sur le choix des destinations touristiques  ?

Le choix n’a pas été mené en toute liberté pour différentes raisons. Nous sommes soumis aux restrictions des transports. La plupart des aéroports ont fermé des terminaux pour s’adapter à la baisse de la demande. Les compagnies aériennes ont réduit également leur nombre de vols et leur fréquence. Le transport terrestre est lui aussi plus difficile avec les mesures sanitaires qui s’appliquent aux trajets en train et en car. 

Par contre, l’offre en hébergements est toujours importante car chaque pays reçoit moins de touristes étrangers et les prix sont restés sages. 

Les Français privilégient encore plus la France cette année car outre ces aspects liés au transport (lorsqu’ils partent en France ils prennent essentiellement leur voiture personnelle) et au large choix d’hébergements, la possibilité de se voir confiné dans un pays étranger en quête alors d’un rapatriement, n’est pas une situation de "loisir". Par ailleurs ils souhaitent être près de leurs proches au cas où ils seraient touchés par le Covid et pouvoir être mieux pris en charge par le système sanitaire. Certains ont dû renoncer aux dates prévues de vacances devant les difficultés de leur entreprise. 

Ces tendances vont-elles se prolonger au cours du mois d’août ?

On est pour le moment "entre deux eaux", en espérant qu’une "2ème vague" n’aura pas lieu à l’automne. De nombreuses villes obligent désormais au port du masque, des régions se confinent à l’étranger, les tests se généralisent. La reprise du tourisme international est directement liée à la mise au point d’un vaccin. 

Le tourisme est un vecteur économique et social important pour nombre de pays avec des parts dans les PIB qui sont en moyenne à 8% et atteignent dans certains pays les 20%. Pour la France c’est 7,6% du PIB et nous sommes la première destination mondiale. La perte cette année de la plupart des touristes étrangers, fortement contributeurs en dépenses, a des conséquences très importantes et durables sur l’économie du secteur et au-delà sur les commerces, les activités de loisir, culturelles, événementielles, la restauration etc. 

De façon inédite, la plupart des pays ont choisi, face à cette pandémie, de privilégier la santé de leurs compatriotes. Par conséquent les touristes doivent apprendre à respecter les décisions sanitaires car in fine elles sont édictées pour leur bien et tous leurs déplacements estivaux, les regroupements familiaux, amicaux etc accentuent les risques. Sommes toutes porter un masque et se distancier, se passer les mains au gel, sont des gestes simples qui peuvent nous faire gagner du temps jusqu’à la mise au point d’un vaccin. Quand on est en vacances, le virus lui continue son travail et l’insouciance nécessaire de ce temps de pause, de « lâcher prise », ne doit pas nous faire baisser la garde, si ce n’est pour soi, pour les autres. C’est le prix à payer en attendant de retrouver notre liberté de voyager, de se rencontrer, de partager. Ce que nous vivons va d’ailleurs accentuer le goût du local, de lieux moins fréquentés, en "slow tourisme", la recherche de sécurité, de respect de l’environnement. Encore des défis à relever pour l’industrie touristique…

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