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Plusieurs communes ont déjà annoncé vouloir faire payer aux parents une partie des coûts liés aux nouveaux rythmes scolaires

Surprise !

Cher... ce que les nouveaux rythmes scolaires vont vraiment coûter aux familles

Les nouveaux rythmes scolaires auront au moins un effet : faire payer les parents. Entre les coûts directement exigés et les nouvelles organisations des emplois du temps, ces derniers vont devoir faire face à des besoins nouveaux.

Valérie Marty

Valérie Marty

Valérie Marty est présidente nationale de la Fédération des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public (P.E.E.P).

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Atlantico : Plusieurs communes ont déjà annoncé vouloir faire payer aux parents une partie des coûts liés aux nouveaux rythmes scolaires. Après les premières déclarations d'il y a quelques mois, la tendance s'est-elle généralisée ? A quoi les parents doivent-ils s'attendre ? 

Valérie Marty : Beaucoup de communes feront payer quelque chose aux parents. Cela pourra n’être que deux ou trois euros mensuels mais d’autres communes annoncent environ quarante euros tous les mois. Dans d’autres communes, les hausses liées à ces nouvelles activités périscolaires ont été directement impactées sur les autres services proposés par les mairies, à savoir la cantine, la garderie du matin et les études du soir. Ces augmentations représentent parfois des hausses pouvant aller jusqu’à 40%. Les mairies montent les prix des services pour redistribuer ensuite aux écoles, afin de financer ces nouvelles dépenses.

Selon la plateforme de baby-sitting Yoopies, (voir ici)  les zones de France déjà passées aux nouveaux rythmes scolaires ont vu l'heure de garde d'enfant monter en flèche (+6,2% contre +3,5% en moyenne). Quel est le lien de cause à effet entre les deux ?

Les baby-sitters augmentent leurs tarifs pour compenser la baisse de leur activité issue de la perte du créneau du mercredi matin maintenant occupé par l’école. Après, beaucoup de parents ont eu aussi recours aux baby-sitters pour emmener leurs enfants aux activités périscolaires où vont leurs enfants et qui se retrouvent maintenant positionnées le soir vers 16 heures avec les nouveaux horaires. Comme ils ne peuvent pas emmener leurs enfants et qu’ils font appel à ces baby-sitters, cela a créé une pénurie de ces dernières, ce qui a contribué à faire augmenter les prix.

De plus, pour de nombreux enfants qui sont en maternelle, beaucoup de parents ont préféré faire sortir leurs enfants plus tôt de l’école afin qu’ils ne participent pas aux activités périscolaires. Et pour cause, chez les maternelles, ces activités sont fatigantes et peu intéressantes pour l’enfant, en plus d’être mal encadrées. Ils sont donc obligés de payer une baby-sitter pour garder leur enfant.

Les nouveaux rythmes scolaires changent profondément les horaires des enfants et modifient l'articulation entre le temps scolaire et les activités extrascolaires. Est-ce que cela va induire également de nouveaux coûts ou de nouvelles habitudes de consommation ?

Avant, les activités étaient presque toutes concentrées sur le mercredi. Aussi, l’enfant étaient emmené à ces activités soit par l’un des parents, souvent la mère, qui était aux 4/5e, soit par une baby-sitter dédiée. Maintenant, les activités extrascolaires se répartissent sur plusieurs soirs de la semaine car comme il n’existe plus que le mercredi après-midi d'entièrement libre, cela ne représente plus un créneau suffisant pour englober l’ensemble des activités. Cette répartition plus étendue complique donc un peu plus l’organisation familiale, et risque d’être plus coûteuse. 

Y a-t-il un risque de voir une hausse du temps partiel, un des parents travaillant moins pour pouvoir respecter les nouveaux horaires ? Quel peut être au niveau économique global l'impact d'un simple changement des rythmes scolaires ?

Il y a toujours eu un lien entre l’organisation professionnelle et la question des rythmes scolaires, et cela notamment pour les femmes. Il est difficile aujourd’hui de prévoir l’impact qu’auront vraiment les nouveaux rythmes. Cependant, un focus particulier peut être fait sur le mercredi car certaines mères sont en difficulté, du fait que l’enfant va à l’école le matin, et comme la mairie ne propose pas de cantine à ceux qui ne vont pas en centre de loisirs l’après-midi, il y a une difficulté pour aller chercher l’enfant à 11h30 si elles travaillent. Certaines mairies ont mis en place une garderie – payante évidemment – de 11h30 à 12h30. Mais cette difficulté supplémentaire pourrait tout à fait entraîner une hausse des demandes de travail à temps partiel, au 4/5e, pour libérer le mercredi devenu trop compliqué à gérer.

Comment les parents peuvent réagir pour éviter d’avoir à subir ces coûts induits par les nouveaux rythmes scolaires ?

Il n’y a pas vraiment de solutions, hélas. Le moindre coût sera – normalement ! – de laisser son enfant aux activités périscolaires. Après, les parents qui ne travaillent pas peuvent s’organiser entre eux, mais cette solution est dans les faits rarement durables. Les parents n’ont pas le choix et sont pris au piège de ces activités le plus souvent payantes. Ils ne pourront probablement pas faire autrement.

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