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Avenir du livre : et si numérique et papier cohabitaient ?

Arrivée d’Internet, suprématie des grands groupes, recentrage sur quelques titres, fin du papier, voire mort de la lecture : la révolution de l’industrie du livre a débuté depuis plusieurs années. Libraires et diffuseurs s’organisent. Mais quel sera le futur du livre à l’heure du numérique ?

Muriel Beyer

Muriel Beyer

Muriel Beyer est Directrice éditoriale des Editions Plon.

 

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En France, forts de ce qu’il est advenu de l’industrie du disque, les éditeurs littéraires se sont montrés vigilants. Mais tout va très vite, même si dans l’Hexagone le livre numérique n’est pas encore un marché significatif. La difficulté est là : il ne rapporte pas assez de marge pour que les éditeurs embauchent. Or le métier est contraint de changer radicalement.

Pour ma part, je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement d’un changement de support. La version papier et la version numérique sont certes strictement les mêmes, mais ce que peut le numérique est vertigineux : livres plus courts, insertions, « plus produits » (interviews d'auteurs, mini-reportages, etc.), produits d'appel (premier chapitre gratuit)... Toutes ces possibilités demandent donc de « nouveaux éditeurs ». Quelques-uns d’entre eux explorent ainsi ces nouvelles créations, pour un résultat économique dérisoire.

Vers une édition à deux vitesses

A titre personnel, j’envisage une édition à deux vitesses. Des livres seront vendus en majorité sur papier : les romans très littéraires, les essais – tout ce qui favorise la musique du texte. Le numérique dominera quant à lui pour les romans légers de vacances (le nomadisme favorise l'utilisation des readers), les documents d’actualité, les livres pratiques, les encyclopédies.

Y aura-t-il deux versions différentes pour un même livre : l’une adaptée au papier, l’autre au numérique ? Verrons-nous une version expurgée et raccourcie des Bienveillantes de Jonathan Littell ? J’espère que non, car la création littéraire s’en ressentirait fortement.

L’Himalaya est devant nous. Seule l’imagination va permettre de le franchir. Et que l’on ne me dise pas que le papier est mort pour les jeunes : que je sache, Harry Potter ou les romans de Stephenie Meyer (l’auteur de la saga Twilight) ont connu des records de ventes… sur papier.

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