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©NICHOLAS KAMM / AFP

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Au secours, l’OMC se réveille et autorise Donald Trump à taxer les produits d’origine européenne

Plusieurs entreprises sont visées comme Airbus, Dassault, Safran, LVMH, Kering.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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On croyait l’OMC endormie ou paralysée depuis quatre ans compte tenue de son silence dans le conflit américano-chinois. Quand l’Amérique de Donald Trump a commencé à reprocher à Pékin de ne pas avoir respecté les accords de réciprocité régulant le commerce mondial, quand Donald Trump a déclenché une guerre commerciale pour feinter les importations chinoises et réclamer une plus grande ouverture des marchés chinois, l’Organisation Mondiale du Commerce ne s’est pas manifestée. Il faut dire que beaucoup d’observateurs étrangers ont ouvertement accusé l’OMC d’avoir fait preuve de naïveté ou de crédulité au moment de l’adhésion de la Chine, en ouvrant tout en grand les portes du commerce mondial et en imaginant que les Chinois allaient respecter toutes les règles auxquelles ils s’était engagés.  Le résultat est connu: en moins de 20 ans, la Chine est devenue l’usine du monde, l’Occident a perdu une partie de son potentiel industriel, mais n’a pas en contrepartie bénéficié du marché chinois pour y vendre des produits à plus grande valeur ajoutée. Il y a bien eu des transfert de technologie, ces transferts ont permis à Pékin de rattraper une partie de son retard mais la question de la propriété des droits et redevances n’a jamais été tranchée. D’où la position de Donald Trump qui a promis à ses électeurs de mettre fin à ce qu’il appelait  « le pillage de l’Occident ». Donald Trump n’a pas rapatrié d’industrie majeure, les chaines de production sont trop fragmentées, mais il s’est lancé dans une guerre des tarifs douaniers dont le principal effet aura été de freiner la croissance mondiale.  

Pendant ces quelques années, l‘OMC est restée très discrète et silencieuse. 

Elle vient de se réveiller et c’est le site américain Politico qui révèle que l'orga-nisation que dirigeait autrefois Pascal Lamy a donné raison à Washington dans  un contentieux vieux de 15 ans. Alors, le contentieux ne concerne pas la Chine mais l’Union européenne et les décisions seront évidemment contagieuses.  

Les faits sont très simples. Tout a commencé bien avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Tout a commencé il y a quinze ans quand la toute jeune administration Obama a lancé des poursuites contre Bruxelles en jugeant illégales les subventions qui sont accordées sous différentes formes à Airbus Industrie pour la production et le commerce de ses avions. 

L’OMC vient donc de donner raison à l’administration américaine. Les Etats-Unis sont donc en droit de réclamer et d’infliger des droits de douane sup-plémentaires à l‘Union européenne en rétorsion des subventions versées à Airbus.  

Par conséquent, Washington, qui avait annoncé la couleur, va donc appliquer des droits de douane de 11 milliards environ. Ceci dit, la mesure devrait lui permettre d’appliquer cette jurisprudence à d’autres secteurs comme le ma-chinisme agricole, les industries du luxe telles que LVMH ou Kering et l’agro-alimentaire protégée par des marques et des labels (fromages et vins fins et alcools..). 

Toutes les entreprises ciblées - et particulièrement Airbus, Dassault Aviations et Safran mais aussi LVMH et Kering - ont donc été  attaquées en bourse en ce début de semaine. Pour l’instant, cette affaire n'a provoqué aucune réaction officielle de Bruxelles qui ne dément pas pour autant l’existence de la décision de l’OMC. Bruxelles laisse entendre que ce dossier fera l’objet de discussions avec le gouvernement américain, qui, à propos de subventions, n'a guère de leçon à donner aux Européens. Cette affaire pourrait d’ailleurs entrainer des mesures de rétorsion commerciale et douanière.  

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