Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Tribunes
Devant les épreuves auxquelles la France doit faire face pour cette nouvelle année, optons pour le camp des optimistes pour qui si ça ne marche pas aujourd'hui on réessaiera demain.
Devant les épreuves auxquelles la France doit faire face pour cette nouvelle année, optons pour le camp des optimistes pour qui si ça ne marche pas aujourd'hui on réessaiera demain.
©Flickr

Yes we can !

2016 : La France a besoin de renouer avec les vertus de l’optimisme pour s’en sortir

Chômage, insécurité, terrorisme, montée des extrémismes, l'année 2015 n'a pas été des plus heureuses. Devant les épreuves auxquelles la France doit faire face pour cette nouvelle année, optons pour le camp des optimistes. La différence fondamentale entre les pessimistes et les optimistes est qu'ils n'ont pas le même rapport à l'espace et au temps. Pour les premiers, face à une épreuve, rien n'ira jamais mieux : "C'est foutu, c'est toujours la même chose, à quoi bon ?" Pour les optimistes, si ça ne marche pas aujourd'hui on réessaiera demain, si ce dossier n'avance pas on en ouvrira un autre.

Thierry Saussez

Thierry Saussez

À 66 ans, Thierry Saussez est considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de la communication institutionnelle et publique. En 40 ans de carrière, il a conseillé de nombreux leaders économiques, socioprofessionnels, chefs d'Etat, premiers ministres, membres de 
gouvernements en France, en Europe et en Afrique. Il a également exercé, de 2008 à 2010, les fonctions de délégué interministériel à la communication du gouvernement. Thierry Saussez est l'auteur de 14 livres, dont plusieurs sont considérés comme des ouvrages de référence dans le domaine de la communication et de l’optimisme (Manifeste pour l’optimisme chez Plon en 2011, Les 101 mots de l’optimisme chez Archibooks en 2012, 50 bonnes raisons de choisir l’optimisme, Editions Saint-Simon 2015).
Voir la bio »

Cette approche optimiste peut paraître provocante. Pourtant, à y regarder de près, elle est la plus raisonnable.Il nous faut donc casser ce cliché que l'optimisme est fait pour quand ça va bien. Dans ce cas, vous pouvez même avoir des états d'âme. C'est face aux difficultés qu'il convient impérativement de mobiliser des énergies positives. Entendons-nous bien. Nous ne sommes pas favorables à un optimisme béat. Ceux qui s'y adonnent sont, à nos yeux, des extrémistes de l'optimisme. Nous ne voyons pas le monde plus beau qu'il n'est. Nous n'ignorons rien des crises et des galères  mais nous  ne voulons pas, comme le lapin pris dans les phares, être seulement obsédés par ce qui est moche, triste, effrayant. Nous entendons aussi orienter notre regard vers ce qui est beau, positif, ce qui fonctionne, crée de l'espoir. Nous voulons valoriser les initiatives qui montent chaque jour du terrain, les traceurs, les innovateurs, les entrepreneurs, « les faiseux plus que les diseux » comme le dit Alexandre Jardin. Ceux qui apportent des solutions au lieu de créer des problèmes.

Nous avons constaté depuis longtemps que la défiance, la sinistrose, la morosité ne sont pas favorables à la consommation, l'investissement, l'emploi.

Nous savons aujourd'hui, avec le progrès des recherches sur le cerveau, que le pessimisme n'est pas bon non plus pour notre santé et que nous avons en nous les ressources naturelles pour aller bien. Cela nous invite à fuir les émotions négatives, la tristesse, la culpabilité, la peur, à ne pas nous enfermer dans les trois grands travers humains, très en vogue en France, que sont l'exagération des risques et des souffrances, la victimisation, la recherche de boucs émissaires. Cela n'est pas toujours la faute des autres ou au "pas de bol". Il n'y a pas de chance, seulement du rythme. Ceux qui ont prétendument de la chance prennent simplement plus d'initiatives que les autres, libèrent de l'énergie, trouvent plus facilement l'âme sœur, le job ou l'appartement. La montée d'adrénaline comme un signal peut être salutaire. Cela n'est pas pour rien que cette hormone est qualifiée d'hormone de la fuite ou de la lutte. Dans notre cerveau reptilien, il y a le souvenir de l'homme des cavernes qui, à la moindre alerte, devait décider très vite de faire face ou de s'enfuir. Mais il faut en sortir rapidement faute de quoi c'est la mauvaise humeur ou, pire, la dépression voire  l'AVC. Il en est de même pour nos peurs. Elles sont naturelles, nous rassemblent, nous rapprochent de ceux qui sont vraiment dans la difficulté. Néanmoins écoutons ceux qui ont affronté les pires épreuves. Ils ne se livrent pas à la victimisation, ne cherchent pas de boucs émissaires mais se battent pour s'en sortir. Et relativisons en nous demandant ce que valent, le plus souvent, nos contrariétés et nos petites misères.

Face aux défis et aux menaces d'un monde en transition, l'indignation proclamée et même la compassion ne sont que postures. La seule réponse est l'engagement. Où vous voulez, quand vous voulez. A l'échelon local ou national. Dans la vie associative, culturelle, syndicale, politique. Pour créer une entreprise, développer des activités, et bien sûr en votant ! L'abstention est une désertion.  C'est la somme de nos engagements individuels qui fait et fera une société plus forte, plus unie, plus bienveillante.

Enfin, ne cherchez pas le salut dans la nostalgie de l'âge d'or, ce passé qui ne reviendra jamais. Vivez intensément le moment présent. C'est celui dans lequel vous pouvez vous réaliser pleinement. Regardez le monde tel qu'il est avec également les progrès spectaculaires de la recherche, de la médecine, de la santé, des technologies. Et ne désespérez pas de la France. Elle en a vu d'autres. Et ses atouts restent considérables. Sa qualité de vie, ses paysages, ses terroirs. Ses trésors culturels. Ses chercheurs, mathématiciens, prix Nobel. Son tissu économique, ses start-up, TPE, PME, grandes entreprises. Ses valeurs et sa langue,  etc.Tout bien pesé,  nous avons donc quelques raisons de cultiver les émotions positives, la joie, la satisfaction, la fierté.

Et si vous en doutiez encore, je vous dédie cette sentence de Bernanos :"  Les optimistes sont des imbéciles heureux, les pessimistes des imbéciles malheureux ". À tout prendre, je ne doute pas de votre choix.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !