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"Une vie sans fin" : Poreux à l'air du temps
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"Une vie sans fin" : Poreux à l'air du temps

Frédéric Beigbeder ne donne pas dans le génie mais il a un public accro, que son dernier roman va fidéliser un peu plus. Ses principaux atouts: être en osmose lucide et ironique avec son temps, connaître ses limites et s'amuser intra muros.

Paul Lelievre pour Culture-Tops

Paul Lelievre est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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LIVRE

« Une vie sans fin », de Frédéric Beigbeder (Ed. Grasset, 348 pages)

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

Frédéric Beigbeder ne veut plus mourir et il va tout faire pour échapper définitivement à cette fatalité. Mais la recherche de la vie éternelle est évidemment une chute en avant dans le scientisme New Age où l’importance de l’argent est le principal indice du vice qui y règne: transhumanisme aux relents de nazisme, scientifiques doués à l’allure de gourous, robots n’ayant pas peur du détournement de mineur. 

La peur pathologique de la mort qu'a le héros de ce roman à peu près autobiographique, emmène le lecteur dans une sorte d’aventure instructive où il pourra se faire une idée des avancées scientifiques concernant le prolongement de la vie mais aussi avoir des indications sur l’eugénisme qui parfois sous-tend ce genre de recherches.

POINTS FORTS

  • On apprend beaucoup de choses dans ce roman mais sans effort, et ce n'est pas désagréable d’apprendre en riant...
  • Le livre est assez drôle, émouvant aussi parfois.
  • Beigbeder assume son côté bobo hyper « friqué » néo punk qui se fout de tout. 
  •  La morale de l’histoire est assez évidente mais parfois il est bon, justement, de rappeler certaines évidences.

 

POINTS FAIBLES

Les points forts peuvent aussi être considérés des points faibles. Cela dépendra de vous...

EN DEUX MOTS

Stefan Sweig dans sa biographie de Nietzsche, rapporte ces paroles tenues par le philosophe allemand: « C’est l’éternelle vitalité qui compte, et non pas la vie éternelle». C’est un peu cette idée que défend ce roman d’aventure aux allures de conte philosophique à la sauce 2018. Alors que l’on aurait pu s’attendre à une glorification du transhumanisme, Beigbeder tient en fait un discours assez subtil, teinté d’humour potache et parfois d'une certaine finesse, qui pousse à une réflexion sincère sur le sens de la vie et par conséquent sur celui de la mort. Personne ne veut mourir, en tout cas la plupart d’entre nous, mais à bien y réfléchir, voulons-nous d’une vie sans fin? Le filmHighlander (le premier long métrage de 1986) proposait un début de réponse. Beigbeder parachève cette vision qui remet en perspective notre mortalité.

En deux mots: voilà un roman de "non science fiction", philosophique mais facile,dans lequel le héros est un peu énervant mais drôle.

UN EXTRAIT

« Tel était le rêve des biogénéticiens: composer une espèce, comme un musicien compose une symphonie. La Nature les ennuyait: l’homme en avait fait le tour jusqu’à l’épuisement. Le moment était venu de prendre le relais de Dieu. Dieu avait créé l’homme, c’était au tour de l’homme d’enfanter des choses. »

L’AUTEUR

Frédéric Beigbeder est journaliste et romancier, animateur télé et bobo assumé. Son roman le plus connu est « 99 francs » dont l'adaptation au cinéma a fait un carton, ce qui a permis à F. Beigbeder de se faire connaître de la plupart des français.

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