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Le pangolin et l'ISF Philippe Manière
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"Le Pangolin et l’ISF : comment le monde d’après nous rend tous fous" de Philippe Manière : drôle et à contre courant, un pamphlet pour tordre le cou à quelques théories fumeuses

Philippe Manière a publié "Le Pangolin et l'ISF : comment le "monde d'après" nous rend tous fous ?" aux éditions de L'Observatoire.

Jean-Pierre Tirouflet pour Culture-Tops

Jean-Pierre Tirouflet pour Culture-Tops

Jean-Pierre Tirouflet est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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"Le Pangolin et l’ISF : comment le monde d’après nous rend tous fous" de Philippe Manière

Editions de L’Observatoire, version numérique uniquement, 1.99 €

 

RECOMMANDATION
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THEME
Fatigué de lire et d’entendre toutes sortes de calembredaines sur le « monde d’après », Philippe Manière publie un court livre numérique pour faire justice, tant des analyses grotesques qui fleurissent sur l’origine de la pandémie, que des théories fumeuses sur l’avenir de l’humanité, une fois vaincu le redoutable COVID 19. Aucun rapport de cause à effet entre la mondialisation, le capitalisme financier, le climat, les énergies fossiles… et la pandémie, argumente Philippe Manière, pas plus, nous dit-il, que l’avenir n’est, de ce fait, ni plus vert, ni plus frugal, ni plus local… qu’auparavant.

 

POINTS FORTS
C’est aussi drôle que pertinent !

Manière utilise une logique implacable pour démonter les constructions poussives de ceux qui tentent d’utiliser la pandémie pour apporter de l’eau à leur moulin idéologique. Appuyé sur des données irréfragables, il montre les contradictions et les failles de leur raisonnement. Il en profite pour défendre la mondialisation, en tordant le cou à quelques idées fausses; par exemple, il ne sert à rien de fabriquer des masques de protection sanitaire chez soi si on peut les acheter à moitié prix ailleurs, l’important, comme avec le pétrole, c’est d’avoir un stock stratégique suffisant et de le gérer correctement. Il stigmatise ainsi l’incurie publique, bien plus coupable que l’inefficacité du marché ou les délocalisations.

Il revient sur la désindustrialisation de la France, combien plus prononcée que celle de tous nos voisins, sur l’alimentation dont, contrairement à la croyance la plus répandue, les grands groupes assurent l’innocuité…

Il s’attaque également aux remèdes “bouffons” proposés pour répondre à la crise sanitaire, de la fermeture de la Rue de Rivoli aux automobiles, à la création d’une académie du vélo, en passant par l’instauration d’un revenu universel et bien entendu, par le retour de l’ISF, toutes propositions qui n’ont qu’un rapport distant avec le sujet.

En un mot, il fustige ceux qui croient que la décroissance frugale est le modèle qui sauvera le monde, chacun travaillant peu et à domicile, et où tout serait calme, doux et exempt de souillure. C’est le contraire qui se profilerait : pauvreté, crises et privation de liberté.

Clair sur le fond, Philippe Manière est en plus excellent sur la forme, multipliant les saillies pleines d’humour et les formules assassines: « l’autarcie n’est pas la réponse, ou bien alors l’Albanie serait riche, et Singapour, ruinée… ».

 

POINTS FAIBLES
D’un ouvrage polémique, on ne peut s’attendre à une objectivité absolue.

 

EN DEUX MOTS
Un livre d’humeur et d’humour, aussi court que brillant qui remet les idées en place. Jubilatoire !

 

UN EXTRAIT 
« Une vision quasi eschatologique, en tout cas auto-accusatoire a saisi le pays sur le thème d’on ne sait quelle responsabilité collective qui devrait nous amener à questionner nos comportements, les remettre en cause, changer jusqu’à notre mode de vie, y compris dans ses détails les plus triviaux. »

 

L'AUTEUR 
Né en 1961, brillant journaliste, Philippe Manière fut directeur général de l’Institut Montaigne; il est aujourd’hui président de la société de conseil Vae Solis Communications. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et collabore régulièrement avec les media, presse écrite, télévision… Son dernier essai est paru en 2012 chez Grasset : Le pays où la vie est plus dure.

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