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"La tendresse du crawl" de Colombe Schneck : un petit roman d'amour très agréable à lire

Marine Baron pour Culture-Tops

Marine Baron pour Culture-Tops

Marine Baron est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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LIVRE
LA TENDRESSE DU CRAWL
de COLOMBE SCHNECK, 
Editions Grasset
112 pages
13 euros. 

 

RECOMMANDATION
             EXCELLENT

 

THEME

Colombe retrouve Gabriel qu’elle avait seulement croisé une fois dans son enfance. Devenu très grand, puissant et beau, il ne ressemble en rien aux « intellectuels névrosés et maigrichons » qui ont jusque-là peuplé sa vie. Elle est divorcée, lui aussi. Mais cet homme n’est pas son genre, elle le sait. Elle se découvre pourtant à travers lui et redécouvre son propre corps, par l’amour physique et aussi la natation, par une sorte de révélation de l’importance de l’enveloppe charnelle, autrefois méprisée par son éducation et sa culture familiale. L’histoire d’amour ne va pas durer ; elle occasionne cependant une transformation salutaire et une libération de sa principale protagoniste.

 

POINTS FORTS

Un univers tendre, irréel et enlevé qui recrée parfaitement les sensations du début d’une histoire d’amour. La narratrice y décrit son état d’esprit rêveur et habité lorsqu’elle contemple, par exemple, un tableau de Klimt et s’y voit avec l’homme qu’elle aime, comme une évidence ; elle est dans la peinture possédée de son histoire dont on ne comprend pas tout mais qui parvient à propager, dans ce texte court, à la fois un intense bonheur et une douce mélancolie.

Ce petit roman, très net, a l’art du détail, tout comme le sentiment d’urgence et l’état d’hyper-vigilance qui imprègnent les histoires d’amour peuvent le révéler. Il décrit parfaitement les petites attentions du personnage masculin, la couleur des roses ou le parfum du savon, le papier des gâteaux. Ces précisions, loin d’ennuyer, parviennent à faire vivre l’histoire d’une manière saisissante.

 

POINTS FAIBLES

La fin du livre, plutôt joyeuse, est un peu courte. On ne comprend pas bien ce qu’elle signifie. L’histoire a-t-elle recommencé sous une autre forme ? La narratrice s’est-elle finalement libérée de ses schémas amoureux habituels ? On ne sait trop et on aimerait en savoir un peu plus…

 

EN DEUX MOTS 

Mélancolique sans être déprimant, doux sans être mièvre, un petit roman d’amour très agréable à lire.

 

UN EXTRAIT

« Il est si grand, je suis si petite, et je n’ai aucun effort à faire pour être en harmonie avec lui. Je ne veux pas voir qu’il se courbe, se contorsionne pour s’adapter à moi. Ce qui est si facile pour moi, ne l’est pas pour lui. Je ne vois pas ses efforts, il les cache, il est d’une grande élégance. Ses gestes sont si souples pour se pencher vers moi, et me faire danser. Ce qu’il accomplit pour m’accompagner, moi qui suis à l’opposé, petite, agitée, maladroite, m’est invisible. Dans l’eau, quand il nage le crawl, son bras sort de l’eau, il semble ne pas avancer, paraît lent, il est pourtant, déjà, d’un seul mouvement, porté, très loin. Il a cette politesse de nous faire croire que cela est facile, qu’il ne faut rien faire peser sur les autres ». p 48

 

L'AUTEUR

Née en 1966, Colombe Schneck a exercé une carrière de journaliste à la télévision et à la radio. Elle a écrit de nombreux romans, dont « Sa petite chérie », en 2007 et « Val de Grâce », en 2008, Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro. Elle a également réalisé des films documentaires tels que « Les vieux amoureux », diffusé en 2016.

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