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"La Peur" : pas une très bonne, mais une bonne adaptation de Stefan Zweig, c'est déjà cela !

Véronique Smée

Véronique Smée

Véronique Smée est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio »
THEATRE
LA PEUR
De Stefan Zweig
Mise en scène : Elodie Menant
Avec Hélène Degy (ou Elodie Menant), Aliocha Itovitch (ou Arnaud Denisel), Ophélie Marsaud.
 
 
INFOS & RESERVATIONS 
Du jeudi au dimanche à 19h. 
Jusqu’au 6 janvier
Réservations : 01 42 65 35 02 et www.theatre-michel.fr
 
Théâtre Michel
38 rue des Mathurins
75008 PARIS
 
 
RECOMMANDATION 
 
           BON
 
 
THÈME
 
Adaptée de la nouvelle de Stefan Zweig, écrite en 1920, La Peur est le récit angoissant d’un couple en apparence heureux, qui est pourtant en proie au mensonge, au doute et à la suspicion. 
 
Irène, jeune femme adultère, subit le harcèlement de la compagne de son amant, qui la menace de tout révéler à son mari. 
 
Terrorisée à l’idée de tout perdre, Irène cède à ce chantage de plus en plus oppressant.
 
 
POINTS FORTS
 
- La pièce est adaptée de manière cinématographique, dans le contexte des années 50. Un choix d’époque intéressant en matière de mœurs, incarnant le début d’une modernité dans laquelle, toutefois, le statut social des femmes est étroitement lié au mariage.
 
 
-On est surpris par le décor tournant, qui s’adapte à merveille à toutes les scènes et entretient le suspense sur cette crise de couple de plus en plus aiguë, dont les protagonistes sont campés avec une grande justesse par les acteurs.
 
 
-Dans un rythme soutenu, la pièce nous donne à voir et à ressentir la terrible souffrance d’une épouse acculée et manipulée par la cruauté d’une femme trompée que rien n’arrête, jusqu’au dénouement, plus cruel encore.
 
 
POINTS FAIBLES
 
-Si le rythme donné à la pièce est bien adapté à sa première partie qui décrit le contexte, la seconde mériterait plus de lenteur pour mieux restituer la profondeur de l’intrigue.
 
- La peur, si bien décrite dans la nouvelle de Zweig, n’est pas totalement restituée dans toute sa complexité et son acuité.
 
 
EN DEUX MOTS
 
Stefan Zweig décrit dans cette nouvelle l’immense pouvoir de la peur sur les individus. Dès lors qu’il nous envahit sans pouvoir être maîtrisé, ce sentiment fondé ou non, finit par nous gouverner entièrement. Peu à peu, l’impossibilité pour Irène d’en sortir la mène inexorablement dans une impasse.  Mariée et mère de deux enfants, cette peur insurmontable se nourrit d’un rapport de force et d’une profonde culpabilité, née des conditions sociales de l’époque. Angoissée de perdre son mari, son statut et sa réputation pour une  banale histoire d’adultère, elle subira des conséquences bien plus graves et démesurées que son acte. La peur est la démonstration implacable d’une émotion qui peut nous conduire à devenir notre propre ennemi.
 
 
UN EXTRAIT
 
"La peur est pire que le châtiment, parce qu'il est toujours déterminé, quelle que soit sa gravité, et préférable à l'affreuse attente indéterminée qui se prolonge à l'infini, horriblement (…) La fuite semblait impossible devant un adversaire qui semblait être partout à la fois". 
 
 
 
L’AUTEUR
 
 
Né à Vienne en 1881, Stefan Zweig est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Il a publié de nombreuses nouvelles et romans célèbres, dont"Brûlant Secret" (1911), "La Peur" (1920), "Amok" (1922), "La Confusion des sentiments" (1927), "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" (1927), "Le joueur d'échecs" (1943, posthume) et "La Pitié dangereuse" (1939).
 
Fils d'une famille aisée, il a étudié la philosophie et l'histoire de la littérature avant la première guerre mondiale, époque où il voyage en Europe. Il s'engage dans l'armée autrichienne en 1914 tout en étant un pacifiste convaincu. De confession juive, sa vie est bouleversée par l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Il quitte l'Autriche pour l'Angleterre et sera naturalisé en 1940. Il part en 1941 s’installer à Rio au Brésil. Détruit par les persécutions et par l'anéantissement de ses espoirs, il se donne la mort en 1942 en s'empoisonnant au Véronal avec Lotte Altmann, sa seconde épouse.
 
Auteur étranger le plus lu en France, ses romans et essais représentent en moyenne 310 000 exemplaires vendus chaque année. Actuellement, il est à l’affiche de plusieurs théâtres parisiens avec Le monde d'hier, 24h de la vie d'une femme, La légende d'une vie et Lettre d'une inconnue: 4 pièces !

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