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L'archipel des larmes Camilla Grebe

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"L’Archipel des larmes" de Camilla Grebe : un polar suédois remarquable par son intrigue, son suspens et son étude psychologique

Camilla Grebe a publié "L'Archipel des larmes".

Robert Haehnel pour Culture-Tops

Robert Haehnel pour Culture-Tops

Robert Haenhel est chroniqueur pour Culture-Tops. Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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"L’Archipel des larmes" de Camilla Grebe

Version audio réalisée par : AUDIOLIB (2020), Texte lu par : Audrey Sourdive, Traduction du suédois : Anna Postel, Durée : 13 H 06 (2CD MP3), Prix : 23,90 euros (21,90 euros en version Broché et 15, 99 en ebook) Parution : pour la traduction française aux Editions Calmann-Levy (2020 ; 448 pages).

 

RECOMMANDATION
Excellent


THEME
Il faut  croire à l’aspect magique de certains titres. C’est le cas de  L’Archipel des larmes,  le dernier  roman  noir de l’auteure suédoise Camilla Grebe. Il nous fait pénétrer dans une histoire hors du commun. Celle de « l’assassin des bas-fonds » qui plonge les habitants de l’archipel de Stockholm dans la sidération et l’horreur et qui défie la police durant 75 ans. Une histoire sans fin. Elle débute en février 1944, dans ces années qu’obscurcit la guerre. Une patrouille de police comprenant une auxiliaire féminine, est appelée pour une soi-disant bagarre. C’est un spectacle effarant qui l’attend. Celui du corps massacré d’une prostituée crucifiée  au plancher. L’auxiliaire, surprise dans l’escalier par le tueur connaîtra, elle aussi, une fin atroce. L’enquête établira que le coupable n’était autre que  le mari de la victime. Mais quelques années plus tard on va s’apercevoir qu’il n’était pour rien dans ce meurtre. 39 années passent sans apporter le moindre progrès dans l’enquête. En 1974,  dans une ville de la banlieue de Stockholm, une jeune femme échappe de peu à une agression dont le modus operandi rappelle étrangement  le meurtre perpétré en 1944. Une seconde femme sera peu après  assassinée dans le même quartier, elle aussi crucifiée et victime des mêmes sévices.

Britt-Marie, jeune policière affectée au commissariat de la banlieue où le crime a été commis, est, par une coïncidence peu ordinaire, la fille de l’auxiliaire tuée en 1944. Malgré sa motivation elle est maltraitée par son supérieur. Mise à l’écart, elle décidera de mener sa propre enquête mais au cours d’une nuit, elle disparaîtra à  jamais. Les recherches pour retrouver l’assassin et Britt-Marie ne donneront  aucun résultat. Onze années s’écoulent. Et le tueur en série frappe à nouveau, dans le même quartier. Face au scandale, à la presse déchaînée, les grands moyens sont mis en  œuvre. Une profileuse seconde la police. Mais une fois encore une policière trouvera la mort, sans que l’enquête n’avance. Tout le monde a oublié « l’assassin des bas-fonds »  lorsqu’en 2019, celui-ci repasse à l’action, procédant avec la même sauvagerie et toujours dans les mêmes lieux.

Après 75 ans d’investigations, la police  réussira-t-elle à appréhender  le tueur maléfique ? Un rebondissement final plus que surprenant et inattendu répondra à ce questionnement.

On  ne sera pas surpris  que l’auteure ait reçu le prix du meilleur polar de l’année 2019 en Suède. Cette intrigue hors norme qui se joue du temps, un suspens que rien ne peut remettre en cause, une analyse fine de la psychologie des personnages, tout cela méritait grand prix.

 

POINTS FORTS
Une histoire  qui tire sa force de la répétition à des décennies d’intervalle de la même violence criminelle désarmante. Une description de la société suédoise, de la fin de la guerre à nos jours,  et qui montre les failles du fameux « modèle suédois », notamment en ce qui concernait l’intégration des femmes dans une police très misogyne.

 

POINTS FAIBLES
Les  descriptions psychologiques et sociologiques  certes  pertinentes mais  « très nordiques » dans l’approche pourraient rebuter quelques lecteurs.

 

EN DEUX MOTS
Le livre dispose d’un double atout, c’est une intrigue policière irréprochable, et  simultanément un véritable récit de l’évolution de la société suédoise durant les 75 dernières années.

 

L'AUTEUR
Camilla Grebe, née en 1968 à Älvsjö, est une romancière suédoise reconnue après avoir été une femme d’affaires. Elle est l’auteure d’Un cri sous la glace, paru en 2017  et devenu un phénomène mondial. Le Journal de ma disparition, son deuxième roman, a remporté le Glass Key Award, récompensant le meilleur polar scandinave, ainsi que le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2019. L’Archipel des larmes vient tout juste de remporter le Prix du meilleur polar suédois 2019.

 

LA LECTRICE
Audrey Sourdive est comédienne. Elle s'est formée au conservatoire du XIe arrondissement de Paris et a suivi les cours de Jean-Louis Bihoreau. Elle est aussi active sur les planches qu'en studio où elle participe à de nombreux projets audio : du doublage (elle a notamment prêté sa voix à l'actrice Sarah Paulson), de la publicité, des jeux vidéos, des documentaires et des livres audio.

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