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"Bitna, sous le ciel de Séoul" : bon, mais loin d'être son meilleur

Le problème quand on est Prix Nobel, c'est que cela implique des exigences. Le dernier livre de JMG Le Clezio est certes intéressant mais n'a rien d'extraordinaire, Le Clezio reprenant trop souvent, de manière peu créative, bien des thèmes qui lui sont chers. Alors...

Marie-Christine Lebrun

Marie-Christine Lebrun

Marie-Christine Lebrun est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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LIVRE

BITNA, SOUS LE CIEL DE SEOUL

de J. M. G. LE CLEZIO

Ed.  STOCK

 220 p

18,50 €

RECOMMANDATION 

BON

THEME 

 Lors de son discours de réception du Prix Nobel en décembre 2008, JMG Le Clézio parlait ainsi de sa vocation d’écrivain, née dès son enfance :  « J’ai lu les dictionnaires de ma grand-mère. C’étaient de merveilleux portiques pour partir à la connaissance du monde, pour vagabonder et rêver devant les planches d’illustrations, les cartes, les listes de mots inconnus ». 

C’est ce voyage qu’il nous invite à faire avec Bitna, au fil de ses déambulations dans Séoul ou des contes qu’elle imagine pour Salomé, immobilisée par une maladie qui l’anéantit peu à peu.

POINTS FORTS 

- Une version moderne des Contes des Mille et Une Nuits où les mots font reculer la souffrance et la mort. 

- La typographie permet de distinguer le récit cadre des contes enchâssés, mais habilement des jeux d’échos apparaissent.

POINTS FAIBLES 

- Le thème du messager, sans cesse décliné, finit par devenir un peu répétitif.

- La vilaine ville et la belle nature, les méchants et les naïfs, les marchands et les rêveurs, l’asservissement et la liberté, et le vent... toujours les mêmes thèmes exploités par Le Clézio, et une visée didactique un peu trop évidente.

EN DEUX MOTS 

Si le pouvoir des mots est célébré à tous les niveaux de la narration, le parti pris d’un style très simple peut décevoir un peu. 

Lorsque l’on est familier de l’univers de Le Clezio, certaines situations peuvent aussi paraître attendues, voire convenues, avec une vision parfois manichéenne du monde. 

Mais n’est-ce pas finalement le propre des contes ? Et ces histoires vécues ou imaginées par Bitna, plus profondes qu’elles ne le paraissent, et de plus en plus éloignées des contes de fées, disent la difficulté à vivre dans un pays déchiré dont on ressent les blessures. 

UN EXTRAIT

(...) "elle filait d’une rue à l’autre, elle sentait le courant d’air de la rivière, elle entendait le bruit mélangé des voitures, des camions, des autobus, et aussi le fracas de métal du train qui glisse dans sa rainure près de la gare de Sinchon. » p.36

L’AUTEUR 

Marqué par les années d’après guerre, et aussi par ses nombreux voyages et séjours à l’étranger, J. M. G. Le Clézio développe une personnalité à la fois « rêveuse et façonnée par le réel » comme il la définit lui-même.

En 1963, il a vingt-trois ans quand son roman Le Procès-Verbal lui vaut le Prix Renaudot et un rapprochement hâtif avec les adeptes du Nouveau Roman. 

C’est en explorant les terres inconnues, l’univers des peuples oubliés et les sentiments universels qu’il construit  une œuvre riche et connaît le succès, notamment avec Désert en 1980. 

Le Prix  Nobel de Littérature lui est décerné en 2008. 

Citoyen du monde, il met également sa plume au service de causes humanitaires qui lui tiennent à coeur.

 

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