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Crédits Photo: SANJAY KANOJIA / AFP

Lutte contre les violences sexuelles

Inde : comment les smartphones faussent les idées sur la sexualité

Les smartphones, l'accès facile à la pornographie violente et un manque d'éducation sexuelle alimenteraient la violence sexuelle en Inde.

Les vidéos virales de violences sexuelles sont un véritable fléau en Inde, selon des informations de la BBC. Au début de l’année, une vidéo montrant un groupe d'adolescents essayant de déchirer les vêtements d'une jeune femme a été largement relayée sur WhatsApp en Inde. Lorsque la vidéo est devenue virale, la police a pu établir qu'elle avait été filmée dans un village de l'État du Bihar, au nord du pays. Les adolescents impliqués ont été arrêtés.

Alors qu’il devient plus facile d'accéder à la pornographie sur Internet et via les smartphones, ces images ne sont pas accompagnées d’une compréhension de la sexualité et des relations entre les femmes et les hommes. Les vidéos visionnées sont parfois extrêmement violentes.  

Les experts disent que ce type d’introduction au sexe, via des vidéos violents ou d’agressions, est typique de nombreux hommes indiens.

La cinéaste et écrivaine Paromita Vohra gère le site Internet Agents of Ishq (Romance) qui encourage les discussions ouvertes sur le sexe. Elle a été interrogée par nos confrères de la BBC sur la question : 

"Nous n'avons pas grandi avec une éducation sexuelle ou avec des discussions adultes et normales à ce sujet. Lorsque les gens ne regardent que du contenu sexuel violent, cela est très désensibilisant, car ils commencent à croire que la violence est le seul moyen d'obtenir du plaisir et que le consentement de la femme n'a pas d'importance."

Selon la législation en vigueur, fabriquer du matériel pornographique ou le partager est pourtant illégal en Inde.

L'Inde compte 400 millions d'utilisateurs de smartphones, et plus de la moitié d'entre eux utilisent WhatsApp, qui est le moyen souvent utilisé pour partager de telles vidéos.

WhatsApp tente de mettre en place des mesures afin de lutter contre ces vidéos violentes dans lesquelles apparaissent parfois des enfants. Les comptes en question sont généralement interdits et des informations sont transmises aux autorités et à la police. 

Suite au viol d’une écolière après que les accusés aient regardé de la pornographie, un tribunal de l'État d'Uttarakhand, dans le nord du pays, a demandé au gouvernement fédéral de rétablir l'interdiction de 2015 imposée par la Cour suprême aux sites hébergeant de la pornographie violente. Ce dispositif avait été révoqué presque instantanément en raison d'une protestation généralisée. L'interdiction s'applique à près de 800 sites Internet qui contiennent des vidéos violentes ou abusives. 

Le manque d'éducation sexuelle alimenterait donc l'intérêt pour les vidéos violentes et misogynes. Le gouvernement indien a pourtant tenté de faire évoluer les mentalités avec le lancement du programme d’éducation des adolescents. Ce système consiste à évoquer les changements à l'adolescence et à dissiper les mythes concernant le genre, la sexualité, les maladies sexuellement transmissibles ou bien encore la toxicomanie.

BBC

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