Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 18 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Zone euro : vers une Europe allemande ou une Allemagne européenne ?

Pour survivre, la zone euro n'a pas d'autre choix que de passer de la concurrence dans laquelle elle s'abîme à la coopération.

Bon courage

Publié le
Zone euro : vers une Europe allemande ou une Allemagne européenne ?

Nul ne s’enquiert en France du déficit commercial de la Corse ou de la région la Nouvelle Aquitaine vis-à-vis de l’Ile-de-France ? L’équilibre des comptes s’effectue grâce aux transferts financiers réalisés quotidiennement. Ces transferts prennent la forme de dotations publiques ou de prestations sociales. Par ailleurs, grâce à une espace financier commun, de l’épargne en provenance des régions excédentaires s’investit dans les régions déficitaires. Au sein de la zone euro, il n’y a pas d’outils de gestion quotidienne des déséquilibres.

La zone euro ne fonctionne pas sur le mode coopératif mais sur le mode de la concurrence. Les dispositifs de solidarité existent non pas au sein de la zone euro mais au sein de l’Union européenne. Le budget européen affecte via le Fonds de Développement Régional des sommes au profit des régions en retard économiquement ou aux régions devant faire face à des contraintes particulières (régions ultrapériphériques).

L’édification de l’euro a reposé sur un tout autre système. Les Etats pour adhérer à la monnaie commune se doivent de respecter certains critères, inflation, déficits, dettes, indépendance de la banque centrale. Par ailleurs, ils doivent après leur adhésion rester vertueux autant que possible. En cas de choc économique, le retour à l’équilibre s’effectue de manière interne en agissant sur les coûts, la fiscalité, les dépenses publiques. L’intervention des autres Etats membres n’est pas prévue sauf évènement extraordinaire. Le Mécanisme Européen de Stabilité Financière n’a été créé qu’après la crise de la dette grecque. Il n’intervient que sous la forme de prêts et sous conditions. Le mode de règlement des problèmes économiques au sein de la zone euro est la concurrence. C’est ainsi que l’Espagne tout comme l’Irlande a réussi à endiguer leur crise au prix de fortes baisses de leurs coûts de production. L’Allemagne avait fait de même entre 2000 et 2007. La France mène depuis 2014 une politique d’abaissement des charges sociales que le nouveau Président de la République devrait poursuivre.

De nombreux économistes et hommes politiques de la zone euro se prononcent en faveur de la mise en place de politiques économiques coopératives dans la zone euro. Ce mode coopératif reposerait sur la création d’un Ministère des Finances et d’un budget de la zone euro, avec des ressources fiscales propres et avec éventuellement une dette fédérale de la zone euro. Il pourrait également être imaginé que des prestations sociales soient communautarisées. Cela pourrait concerner l’indemnisation du chômage.

Une telle avancée fédérale entraînerait des transferts de charges au sein de la zone euro. Ainsi, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande pourraient voir leur contribution au budget européen augmenter quand la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie pourraient être bénéficiaire. Les taux d’intérêt pratiqués sur la dette pourraient augmenter pour l’Allemagne quand ceux de la dette grecque baisseraient. Pour la France, la contribution serait stable à en légère augmentation accompagnée d’une augmentation des taux d’intérêt.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par GP13 - 29/05/2017 - 11:12 - Signaler un abus Quand l'union mène au conflit.

    La marche à l'union implique un fédérateur. Si la France s'y était engagée c'est parce que ses dirigeants d'alors pensaient que l'Europe serait française. Voilà qu'elle devient allemande! Et la concurrence qui produit l'élimination des plus faibles, va aggraver ce delta entre le pays le plus fort et les autres et sans doute jusqu'au conflit. Ne vaudrait-il pas mieux, un système d'alliance européenne, dans laquelle la coopération pendrait le pas sur la concurrence et l'union ?

  • Par Deudeuche - 29/05/2017 - 13:06 - Signaler un abus Combien de fois faut il le dire

    Les transferts dans une nation fonctionnent parce c'est une NATION une nation , on répète une na-tion. Même chose pour La Défense. Pas compliqué à comprendre, un état fédéral fonctionne dans une....nation. Pas en multinational. Les festifs homo Nova des mégapoles peuvent ils comprendre cela !

  • Par Anguerrand - 29/05/2017 - 16:28 - Signaler un abus A GP 13

    Et oui, la France etait dominante en Europe pour la raison simple qu'elle travaillait dur, son niveau de vie augmentait extrêmement vite et produisait plus de voitures que les allemands ! Elle pouvait parler d'égal à égal avec l'Allemagne. Mais voilà la gauche est arrivé avec Mitterrand, Jospin, Aubry, Hollande, et maintenant Macron. Les " avancées sociales" ont fait que les français se sont habitués à travailler nettement moins que leurs concurrents. Les allemands travaillent 200 heures de plus que les français et 3 ans de plus pour la retraite, ont 1 million de fonctionnaires de moins au pro rata. Les français voudraient le beurre et l'argent du beurre et faitela leçon économique à toute l'Europe. Je ne parle même pas des régimes spéciaux qui nous coûtent 20 milliards/ ans et de nos ministresqui vivent comme des seigneurs.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€