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"Voulez-vous mourir dans d'atroces souffrances ?" Pourquoi le débat sur l'euthanasie est (partiellement) vicié par des questions idiotes

Le rapport de la mission Sicard sur la fin de vie sera remis à François Hollande mardi. Ce document contiendra des propositions pour améliorer la loi Léonetti, dont le dispositif est jugé insatisfaisant par les tenants d'une "mort choisie".

Tu préfères souffrir ou pas ?

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"Voulez-vous mourir dans d'atroces souffrances ?" Pourquoi le débat sur l'euthanasie est (partiellement) vicié par des questions idiotes

Le rapport de la mission Sicard sur la fin de vie sera remis à François Hollande mardi. Crédit Reuters

Atlantico : En centrant leurs questions sur la douleur et la dignité, les sondages visant à mesurer l'état de l'opinion sur l'euthanasie n'orientent-ils pas le débat en occultant la problématique du rapport à la mort ? Ne sommes-nous pas en train de construire une opinion pro-euthanasie ?

Eric Deschavanne : Je ne crois pas une seconde que les sondages "construisent" l'opinion. Ils demandent bien entendu à être interprétés mais ils traduisent à l'évidence une adhésion massive à l'idée d'euthanasie active, ou plus exactement à celle du suicide assistée. La question qui est en substance posée est à peu près toujours la suivante : "Vous êtes à l'article de la mort, votre mal est incurable, vous souffrez terriblement, souhaitez-vous avoir la liberté de demander que l'on abrège vos souffrances ?" Qui pourrait souhaiter demeurer enfermé dans la prison de la souffrance ?

Ce qui détermine la prise de position en faveur de l'euthanasie, c'est la peur de la souffrance et la revendication du droit de bénéficier de "l'ultime liberté" (le suicide), perçu comme la seule réponse susceptible d'apaiser cette peur.

Peut-on parler d’une instrumentalisation de la peur de la souffrance, pourtant déjà largement encadrée par la loi Léonetti, par les pro-euthanasie ?

Je n'utiliserais pas pour ma part le terme "instrumentalisation". Face à la terreur qu'inspire la perspective de la souffrance, celle aussi de la déchéance, de la démence et de la dépendance, l'aspiration à maîtriser les conditions de sa fin de vie est compréhensible. Il est vrai cependant que dans le processus de "fabrication" de cette opinion publique favorable à l'euthanasie, deux éléments déterminants viennent fausser la donne. Il y a d'abord la médiatisation de cas particuliers, qui suscitent une émotion considérable d'autant plus intense que notre peur de la souffrance et du handicap est grande et d'autant plus superficielle que notre connaissance exacte de ces cas est réduite (en raison du secret médical).

L'ignorance de la législation en vigueur, par ailleurs, n'est pas à négliger. Le préjugé demeure vivace selon lequel le droit relatif à la fin de vie demeurerait archaïque. Or, la loi Léonetti est généralement considérée comme l'un des meilleurs exemples de réussite législative. Elle a été précédée par un immense travail préparatoire. Son contenu réalise un excellent compromis entre d'une part l'exigence de la lutte contre la souffrance et l'acharnement thérapeutique, et d'autre part l'impératif moral de la médecine, qui est de soigner et non pas de tuer. Sa plasticité permet semble-t-il d'apporter une solution convenable à la plupart des situations. Enfin, elle inclut une "clause de rendez-vous" offrant la possibilité de réviser le texte si nécessaire plusieurs années après sa mise en vigueur.

Sur ces deux points, les effets pervers de la médiatisation des cas singuliers et l'ignorance du droit existant, je conseille la lecture d'un excellent texte du professeur Denys de Béchillon - Euthanasie : la législation actuelle est-elle suffisante ? - que l'on peut encore consulter sur le site du Conseil d'analyse de la société avant que celui-ci ne soit supprimé.

Bien que la décision finale reviendrait probablement au médecin, les Français sont-ils conscients qu’une légalisation de l’euthanasie impliquerait de leur part une décision de mort ? Leur position serait-elle différente si on ajoutait ce prisme à leur analyse ?

Il importe en effet d'approfondir la réflexion. Les partisans de l'euthanasie active plaident pour que la décision de donner la mort soit strictement encadrée : une décision collégiale précédée d'une délibération "démocratique" est supposée constituer une garantie contre les dérives possibles. L'argument me semble réversible : la collégialité déresponsabilisera et déculpabilisera encore davantage des individus, après que le choix de "faire mourir" ait déjà été légitimé par la loi.

 
Commentaires

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  • Par VeLiVoS - 17/12/2012 - 10:30 - Signaler un abus Autre question … :

    Vous vivez dans un pays ruiné, vous êtes vieux et malade, vous coûtez très cher à ce pays qui vous est si cher :    → que penseriez-vous d'une fin de vie écourtée, puis une simple crémation, puis un jet, dans la dignité, de vos cendres … le tout facturé …€ ?

  • Par EOLE - 17/12/2012 - 10:36 - Signaler un abus Egalité devant la mort pour tous!

    J'espère que notre gouvernement nous concoctera une bonne loi nous garantissant à tous une belle mort sereine dans un lit douillet entourés de nos proches. Egalité devant la mort pour tous!

  • Par pemmore - 17/12/2012 - 10:49 - Signaler un abus Confondre le humains et les animaux c'est vite fait,

    on emporte son vieux chien ou son vieux chat au véto, pas pour qu'il ne souffre moins, on n'a aucune idée de la souffrance d'un animal,mais qu'on a pas envie de se l'imaginer, ensuite c'est le tour de la vieille grand-mère tant qu'à faire, ou bien le travail en catimini d'un médecin ou infirmier qui croit bien arranger la famille et autres. Cette loi va permettre toutes dérives possibles et imaginables.

  • Par carredas - 17/12/2012 - 10:52 - Signaler un abus Suicide assisté...

    La loi Léonetti répond déjà à beaucoup de situations à condition d'être connue et appliquée... Il reste des cas comme celui de Vincent Humbert, pour lesquels la souffrance n'est pas physique ou pas que physique. Il s'agit de personnes jeunes devenues tétraplégiques suite à un accident qui ne sont pas en fin de vie mais qui ont conscience de leur état et ne supportent plus cette vie là sans pouvoir y mettre fin. Les personnes âgées dépendantes qui se retrouvent elles aussi enfermées petit à petit dans une vie de plus en plus étroite réduite aux besoins de base ne ressentent pas leur condition avec le même rejet violent. Elles n'en ont pas toujours la faculté et leur perte d'autonomie est progressive.

  • Par Un lecteur - 17/12/2012 - 11:32 - Signaler un abus Une analyse à la hauteur

    Bonjour, L'interview et les remarques du Professeur me semblent être à la hauteur de la question essentielle mais qui ne peut être générée que par la conscience de sa propre mort. Ce qui dans nos sociétés occidentales représente aujourd'hui combien de personnes ? Qu'elle est aussi la proportion de ceux qui sont épris de Liberté ? Le choix de vivre entière et libre sa vie sans pronostique d'une date certaine de sa propre mort doit être celui d'un certain nombre de personne. Le soin des médecins est une chance précieuse pour prolonger la vie . Mais recourir jusqu'à l'assistanat pour compter la dernière minute est ce mieux ? En avril 2002 Richard Cork écrivait "All human live is fear" à propos d'une oeuvre de la National Gallery de Londres . Chacun affronte ses peurs sur la fragilité de la vie. Peut être la raison pour préserver cette vie jusqu'à ce que notre nature nous la retire naturellement. Cordialement

  • Par texarkana - 17/12/2012 - 12:04 - Signaler un abus eh oui nous sommes mortels!

    Quelle injustice! il faut de ce pas manifester pour dénoncer ce scandale!

  • Par Guff - 17/12/2012 - 12:50 - Signaler un abus Sur deux, 1 est Léonettisé.

    Depuis 2005, la moitié des moribonds sont Léonettisés: on arrête les les soins et on attend, sous de puissants sédatifs, l'heureuse délivrance (surtout à la veille ou pendant le week-end) d'un acharnement thérapeutique dont le patient ne veut surtout plus. On a prévenu la famille que c'était la fin, mais qu'il ou elle ne souffrait pas. Après c'est au tour des Pompes Funèbres et des Marbriers, à cause de qui il faudrait Léonettiser les descendants.

  • Par jlbaty - 17/12/2012 - 17:29 - Signaler un abus une minorité décide contre tous les autres

    Laisser mourir sous sédatifs quel connerie ,quand on connait l'effet des sédatifs vomissements nausés délires etcc quel bonne affaire pour les derniers jours de vie .Laissez nous choisir le chemin du départ dans la dignité

  • Par LECANDIDE - 17/12/2012 - 18:20 - Signaler un abus Un article lamentable

    Ce M. Deschavanne avance sournoisement, à pas de loup, pour exprimer une opinion anti-euthanasie. Filandreux, volontairement abscons, avançant des arguments discrètement odieux (je cite: "La liberté de "mourir dans la dignité" peut à cet égard apparaître comme un argument qui vient à point pour faire de l'euthanasie une variable d'ajustement budgétaire. Les décisions d'accéder aux demandes d'euthanasie risquent fort de devenir rapidement laxistes")(oui, les hôpitaux avec cette loi tueront en masse les vieillards en fin de vie...!) et aussi ce misérable: "il est cependant impossible d'établir des critères objectifs et incontestables permettant de faire le partage entre une vie humaine qui serait digne d'être sauvegardée et une vie humaine qui ne le serait pas" qui signe une incompréhension totale du problème (car ces critères existent: on enlève le "digne d'être sauvegardé et une vie humaine qui ne le serait pas" en le remplaçant par "une vie avec un espoir d'amélioration et une vie sans aucun espoir d'amélioration". Le problème que M. Deschavanne ne comprend pas c'est que les techniques modernes médicales peuvent prolonger d'une façon insoutenable la souffrance de la fin de vie.

  • Par celine - 54 - 17/12/2012 - 19:07 - Signaler un abus c est quoi ce journaliste !!!!!!

    franchement t'as deja perdu un membre de ta famille dans un hopital? t'as deja vu quelqu'un qui ne s'est jamais plaint de sa vie supplier les medecins d'abbreger ses souffrances? je connais des gens qui ont eu la chance de sortir de l'hopital pour le WE et de se tirer une balle dans la bouche avec le fusil de chasse au fond du jardin! Par contre quand t'es retenu a l'hopital ou plus capable de mettre toi même fin a tes souffrance et que le corps medical explique a la famille que c est que le debut que ca va etre de plus en plus douloureux et que personne ne peut faire grand chose.... excuse moi mais je ne trouve pas qu'on aide les gens ou qu'on soit dans une societe pro euthanasie.

  • Par urbigen - 17/12/2012 - 20:28 - Signaler un abus la loi n'est pas assez explicitée

    la loi léonetti offre un panel de réponse suffisant ! le tout c'est de la connaître. les euthansistes surfent sur notre méconnaissance des textes et notre peur de la souffrance.

  • Par Montalte - 18/12/2012 - 09:08 - Signaler un abus A celine 54

    T'as déjà été auprès de malades en fin de vie en aumônerie d'hôpital? T'as déjà prié auprès de grands comateux qui se sont réveillés après? T'as déjà vu les familles demander à éliminer leur proche malade pour s'éviter les emmerdements d'aller le voir dans des conditions pénibles? GT'as déjà bougé ton derrière pour aller soutenir des personnes malades, t'occuper d'elles au lieu d'appeler au meurtre?

  • Par Montalte - 18/12/2012 - 09:14 - Signaler un abus A Le candide

    L'outrance votre vocabulaire montre qui est en fait odieux et misérable et que l'article tape particulièrement juste. Qui êtes vous pour décider qu'une vie vaut la peine d'être vécue ou non? Ne savez vous pas que les pressions pour arrêter de soigner des malades qui coûtent trop cher sont déjà monnaie courantes? Que des gens meurent parce qu'on les éjecte de l'hôpital trop vite parce que cela coûte cher? Que des personnes âgées belges à la frontière allemande demandent à aller dans des maisons de retraite en Allemagne par peur d'être euthanaisées en catimini si elles restent en Belgique? Qu'aux Pays Bas, 30% des euthanasies ne sont pas consenties et pratiquées sur des malades psychaitriques, atteints d'Alzheimer et même des mineurs? Qu'ils ont un projet de loi en cours pour euthanasier des bébés? Que le suicide assisté de Dignitas en Suisse consiste à être étouffé avec un sac plastique dans uen voiture sur un terrain vague? LeCandide ou la barbarie la plus brutale

  • Par Montalte - 18/12/2012 - 09:21 - Signaler un abus A Carredas

    Tous les gens un peu informés dans ce milieu savent que Vincent Humbert n'a jamais demander à être euthanasié. Sa mère, Marie Humbert est une fanatique de la cause de l'euthanasie et elle a étéjusqu'à refuser le kiné particulier de Chirac que ce dernier lui porposait parce qu'il aurait peut être pu soulager son fils. Dans le même ordre d'idée, Chantal sebire s'est sucidée au mépris de la loi après avoir refuser la sédation qui l'aurait empêchée de souffrir. Les partisans de l'euthanasie sont tellement acharnés à promouvoir la mort qu'ils en refusent les soins. S'il n'y avait qu'eux à mourir, on pourrait considérer que c'est leur problème. Mais ils introduisent une clture de mort parmi les soignants (voir l'article du Point cette semaine), brisent les derrières barrières morales des familles qui veulent - inconsciemment ou non - éliminer le membre qui les gêne et introduisent un dégoût d'elles même à des personnes à qui la société renvoie qu'elles ne sont pas dignes de vivre. Sans parler de ceux qu'on euthanasie sans leur consentement, malades d'Alzheimer en particulier. Il y a eu suffisamment d'affaires judiciaires là dessus.

  • Par celine - 54 - 18/12/2012 - 10:34 - Signaler un abus a montale

    non je ne suis qu'une conne qui donne son avis sur un sujet qu'elle ne maitrise pas!!!!!! appeler au meurtre non mais t'as rien compris!! je parle juste de 2 menbre de ma famille qui se sont retrouvé face au cancer l'un a peu se suicider chez lui pour eviter de revivre ce que son pere a vecu. l'autre a ete obligée d'attendre la mort sur son lit d'hopital entourée par toute sa famille apres que les medecin lui ai dit qu'il n'y avait plus qu'a attendre que la mort se presente. Quand a l'aumonerie elle ne soulage pas toute la douleur physique

  • Par celine - 54 - 18/12/2012 - 10:40 - Signaler un abus a Montalte

    en plus je ne demande que ce soit la famille qui demander l'euthanasie mais la personne si elle en est capable ou alors qu'on puisse exprimer son souhait d'une maniere generale

  • Par KiriNan - 18/12/2012 - 11:09 - Signaler un abus La loi Léonetti est très bien ... mais elle est peu connue

    ... des médecins, des soignants, et presque totalement inconnue des patients et des proches. Oui, la plupart des personnes qui ont vu un ou plusieurs de leur proche mourir dans la souffrance ne veulent pas que ça leur arrive ; et comme personne ne leur donne l'assurance qu'une aide compulsionnelle et charitable leur sera apportée dans leurs derniers jours (par qui ? comment ?), ils demandent qu'on leur laisse le choix, ou au moins qu'on les consulte et qu'on prenne leur décision. Une solution : faire connaitre largement les directives anticipées (vous décidez quand vous êtes encore en capacité de le faire), mais en France la mort est un tabou et bien peu acceptent d'en parler.

  • Par KiriNan - 18/12/2012 - 11:26 - Signaler un abus Que de mépris dans cet article

    Si 90 % des français sont d'accord, contre l'avis de monsieur le professeur, c'est que ce sont forcément des veaux. "les limitations de la démocratie" : en fait pour ce soit disant philosophe, la démocratie ne vaut que si elle suit l'avis d'une seule personne, ultra minoritaire : le sien. Arriver à enfumer ainsi un sujet pourtant simple, commun à tous les humains me laisse sans voix. On devrait encadrer cet article comme l'exemple étalon des dérives antidémocratiques et inhumaines de bêtise de la "pensée" politiquement correcte. Le même genre d'individu va nous dire que bien sûr, il n'est pas homophobe, mais le mariage gay est mauvais pour la société...

  • Par Rémi57 - 18/12/2012 - 11:29 - Signaler un abus A choisir

    A choisir entre les mains de qui je souhaite voir prise la décision de me laisser en vie ou pas, je préfère les miennes ou celles de mon entourage plutôt que celles d'un médecin . Qui me dit que ce médecin n'aurait pas quelques convictions bien à lui et que, loi Léonetti ou pas, il n'en fasse qu'a sa tête ? Personne ! Et puisque la décision finale en revient systématiquement à l'humain médecin, c'est inhumain. Tant que je suis en capacité de le faire, je peux me suicider, si je le veux. Dès lors que je n'en suis plus techniquement capable, mon avis ne compte plus ? Privé de cette liberté (j'allais écrire de ce droit) parce que mis entre les mains d'un médecin ! Face à l'acharnement thérapeutique, combien de temps, de personnes humaines, de malheurs a-t-il fallu pour qu'on voit apparaître une loi "confidentielle" reconnaissant aux humains le droit à le stopper ? Les victimes de cet acharnement ne pouvant pas porter plainte, les médecins s'en accommodent très bien et n'ont aucun poids, pas plus sur leur conscience que sur leur police d'assurance.

  • Par carredas - 18/12/2012 - 17:46 - Signaler un abus @Montalte

    Je vous trouve bien agressif pour quelqu'un qui prie auprès de grands comateux. Votre commentaire de 9h14 est une suite d'accusations plus ou moins fantaisistes qui culmine en apothéose avec les suicides assistés en Suisse à coup de sac plastique... Difficile de débattre avec quelqu'un qui construit sa vérité.

  • Par dormezbonnesgens - 18/12/2012 - 22:38 - Signaler un abus Si ça fait comme l'IVG

    Au début l'IVG était réservée aux femmes en détresse pour lesquelles une grossesse aurait été dramatique, avec tout un encadrement législatif. Très vite, l'IVG est rentrée dans les normes et il n'a plus été question de détresse mais du bon moyen de se débarasser d'une grossesse encombrante. S'il se passe la même chose avec la fin de vie, il va y avoir beaucoup d'euthanasies pour se débarasser des personnes encombrantes. Il suffira de les laisser seules et sans soin pour qu'elles demandent vite à mourir. On s'habituera à ne plus s'encombrer des vieux et des malades. Quand on en verra un qui demande de l'aide, on le regardera avec mépris en se demandant pourquoi il ne demande pas l'euthanasie. Chaque personne entrant dans le grand âge le ressentira chaque jour davantage et peu à peu, on soupçonnera son fils ou sa fille de souhaiter qu'on fasse la demande. On finira par la faire pour notre bien, pour ne pas être un fardeau. Fini l'amour de la société envers l'ainé très âgé, la compassion, l'assistance envers le faible. Pour les personnes très malades, la médecine doit trouver tout moyen de stopper la souffrance; c'est obligatoire, même au risque de la mort. C'est suffisant.

  • Par LECANDIDE - 20/12/2012 - 08:11 - Signaler un abus Je n'avais pas vu la réponse de Montalte!

    Il aurait été dommage de louper ça! Comme le dit justement Carredas, la fin du post de Montalte est une apothéose avec le coup des sacs en plastiques dans un terrain vague... (mais les "personnes âgées belges à la frontière allemande demandent à aller dans des maisons de retraite en Allemagne par peur d'être euthanasiées en catimini si elles restent en Belgique", c'est pas mal non plus!) Je pourrais développer un brin mon: " les techniques modernes médicales peuvent prolonger d'une façon insoutenable la souffrance de la fin de vie." Je m'explique. Jusque récemment (disons jusqu'en 1950-60), une personne cancéreuse mourrait assez vite, non pas forcément de son cancer, mais aussi d'infection, de dénutrition, de complications pulmonaires et détresse respiratoire, d'insuffisance rénale, de désordres électrolytiques, d'anémie et affaiblissement général, etc. Aujourd'hui on arrive à contrôler tous ces problèmes et on prolonge de ce fait au-delà de ce qui est humainement supportable la souffrance des patients en fin de vie. Ce que ne comprend ni ne veut admettre l'auteur de l'article ou ce pauvre Montalte.

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Eric Deschavanne

Eric Deschavanne est professeur de philosophie.

A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxième
humanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry
(Germina, 2010). Il est également l’auteur, avec Pierre-Henri Tavoillot, de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007).

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