Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 27 Avril 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Velib : les vélos urbains coûtent de plus en cher à ceux qui les utilisent comme à ceux qui ne les utilisent pas

Le consortium Smovengo a remplacé JC Decaux et en a profité pour renégocier avec la Mairie les tarifs... et les services rendus.

La main à la poche

Publié le
Velib : les vélos urbains coûtent de plus en cher à ceux qui les utilisent comme à ceux qui ne les utilisent pas

La nouvelle année signifie pour certains la prise de résolutions, parfois bonnes (comme le retour à un peu d’exercice physique, l’arrêt de la cigarette, en finir avec la croyance enfantine que l’Etat fait du bon boulot, etc.) et parfois moins bonne comme on pouvait s’y attendre de la part de la Maire de Paris. Vous l’avez deviné : Anne Hidalgo et son équipe ont encore sévi.

Tout part du constat que vous connaissez déjà : la voiture est officiellement pourchassée hors des confins de la Cité et si on l’autorise encore à trottiner (à vitesse modérée, oh, là !) sur un périphérique de plus en plus mal entretenu, il en va autrement dans les rues de la capitale où sa présence est officiellement indésirable.

Il faut bien comprendre que ces engins sont polluants, dangereux et occupent une place bien trop importante sur la chaussée, ce qui rend d’ailleurs beaucoup plus compliqués les déplacements (en voiture, n’est-ce pas) de la Maire de Paris. À cette fin et entre deux déplacements en voiture banalisée sous escorte policière, elle recommande donc chaudement de prendre les transports en commun, à la fois propres, fiables et ponctuels ou d’emprunter alternativement l’un des nombreux vélos en location dont la ville s’est officiellement affublée il y a maintenant dix ans.

Oui, le Vélib, cette réussite cyclo-urbaine à portée de toutes les bourses éco-conscientes, permet aux Parisiens petits et grands de se faire écraser par un bus de la RATP pour des tarifs extrêmement modiques et pour les autres de pavaner dans les réunions pince-fesses en prétendant arriver à vélo, le jarret frétillant, même si le taxi vient de vous déposer.

Au demeurant, il sera nécessaire de noter que les tarifs sont d’autant plus modiques que le différentiel entre les coûts d’exploitations de ces bicyclettes de 5000 tonnes et les abonnements proposés aux usagers est couvert en partie par la publicité que le premier gestionnaire, JC Decaux, mettait en place aux bornes de prise en charge, et en partie par un contribuable d’autant plus facile à tondre qu’il semble en redemander avec gourmandise, années après années (le coquin).

Cependant, après dix années de service, c’est le consortium Smovengo qui remplace Decaux et qui en profite pour renégocier avec la Mairie les tarifs et les services rendus. Il y a deux semaines, au premier janvier dernier, le nouveau gestionnaire rentre en jeu. Malheureusement, au lieu des 600 stations normalement prévues pour accueillir le Vélib nouvelle mouture, on n’en trouve que 80, sur les 1200 stations que comptait précédemment la capitale.

Et lorsqu’on tente de comprendre pourquoi tout ne se passe finalement pas aussi bien que prévu, c’est le drame.

Apparemment et malgré une récente hausse de tarif bien vigoureuse de 29€ à plus de 37€, l’entreprise en charge du déploiement des nouveaux Vélib n’est pas parvenue à surmonter les problèmes techniques qu’elle rencontre. Elle pédale quelque peu dans un trop épais potage : l’application mobile ne répond pas bien (certains utilisateurs voient leurs trajets de quelques minutes comptés pour plusieurs heures), le service clientèle est débordé et beaucoup trop de stations sont encore en chantier… Ce qui oblige la société montpelliéraine à consentir à de sévères réductions dans ses tarifs (en lieu et place d’un remboursement contre un service quasi-inexistant).

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Deudeuche - 13/01/2018 - 21:07 - Signaler un abus Delenda Parigo

    Si vis pacem para cyclum, fluctuât nec mergitur sed hidalgomeideus diabolicum est.

  • Par lexxis - 14/01/2018 - 09:26 - Signaler un abus # DELENDA PARIGO

    À votre place, je pencherai plutôt pour "Mergitur, nec fluctuat". Et pour mettre à jour la devise parisienne, il suffit de renverser le blason arrogant de la capitale mondiale de la destruction des vélos (et aussi de la saleté des rues!).

  • Par Atlante13 - 14/01/2018 - 12:16 - Signaler un abus Bref,

    une mairesse à pédales?

  • Par Anguerrand - 14/01/2018 - 17:27 - Signaler un abus Retrouver les Vélib ? Simple

    Il suffit de les récupérer en Afrique subsaharienne. Ils sont partout la bas.

  • Par AUSTRAL98 - 15/01/2018 - 00:26 - Signaler un abus A qui profite le crime

    Ne serait-il pas intéressant d'enquêter sur cette société "consortium Smovengo"; qui sont les responsables et bénéficiaires? car lorsqu'il y a du socialisme quelque part, la magouille prospère à grande vitesse et la forfaiture n'est jamais très loin.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€