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Valls en tête à tête avec le budget : derrière les discours martiaux, la retraite sur les principes déjà bien entamée

Alors que se profile l'examen du budget 2015, qui permettra de nouveau aux frondeurs socialistes de faire entendre leur voix, Atlantico vous propose un tour d'horizon des renoncements déjà effectués sous le gouvernement de Manuel Valls.

Les renoncements c'est maintenant

Publié le - Mis à jour le 3 Octobre 2014
Valls en tête à tête avec le budget : derrière les discours martiaux, la retraite sur les principes déjà bien entamée

Les renoncements de Manuel Valls ont été nombreux depuis 6 mois Crédit Reuters

Atlantico : Quelles sont les mesures annoncées par François Hollande et Manuel Valls depuis le début de l'année que le budget 2015 doit mettre en musique ? 

Jacques Delpla : Il y a d’abord la baisse des dotations aux collectivités locales annoncée mardi 30 septembre. C’est une mesure très facile à prendre car les collectivités vont répercuter ça sur les taxes. L’impact sera nul sur la croissance et le gouvernement en portera la responsabilité, ça ne changera rien. Récemment, Bruno Le Roux a demandé au gouvernement d’inscrire au moins 50 000 aidés supplémentaires dans le projet de budget 2015.

Je trouve ça "fascinant" car toutes les études économiques montrent que ça ne sert à rien… Le gouvernement n’a pas les moyens d’agir avec aussi peu d’opinions favorables donc s’il commence à vraiment s’attaquer aux dépenses il va terminer à 0 %. Déjà qu’il va terminer le mandat avec un déficit à 4 ou 5 % du PIB… Ils n’ont pas les moyens politiques.

Natacha Valla : L’exécutif s’est employé, depuis le début de l’année, à dessiner les contours d’une politique assez multidimensionnelle de réformes. L’agenda peut sembler parfois sporadique, mais ces réformes ont pour objectif de soutenir la croissance en agissant sur la compétitivité des entreprises et la transformation de l’environnement économique – une politique de l’offre assumée en tant que telle. Parmi les mesures annoncées – et pour certaines, en partie mises en œuvre – le Pacte de responsabilité et de solidarité est une pierre d’angle car c’est par lui que passe l’essentiel de la réduction des coûts du travail, et plus généralement de la fiscalité. Le budget devra l’orchestrer habilement.

Mais le budget 2015, qui sera au centre des débats ces prochaines semaines, ne doit pas nous faire perdre de vue l’essentiel. D’autres réformes plus éloignées de la dynamique budgétaire de court terme peuvent avoir à moyen terme de réelles conséquences positives sur la croissance, sur la performance économique et la compétitivité. Et donc in fine sur la soutenabilité des comptes publics. Ces réformes concernent par exemple l’assouplissement des contraintes administratives qui pèsent sur les agents économiques – entreprises, ménages, voire sur les administrations elles-mêmes ! Un autre exemple concerne la formation professionnelle et plus généralement la fourniture d’une éducation et d’une formation sur l’ensemble du cycle de vie, trop souvent considérée comme une réforme de second rang, ce qui est une erreur.

Reste la question du CICE, qui est une clé de voûte de la politique du gouvernement pour relancer l’économie et l’emploi. La mesure ayant déjà été mise en place depuis plusieurs années, son influence sur le budget 2015 sera donc par définition "passive". Cependant, personne ne pourra ignorer au cours des discussions budgétaires que le bilan reste mitigé. D’après France Stratégie, la "consommation" en 2014 des droits au CICE par les entreprises devrait être plus faible que prévu – mais attention à l’effet en trompe-l’œil sur le budget. Il semblerait que la complexité du dispositif et les craintes qui lui sont associées (contrôles fiscaux) ont jusqu’à présent dissuadé les petites entreprises d’y avoir recours…

Gilles Saint-Paul : La principale mesure susceptible de porter ses fruits est le gel du point d'indice des fonctionnaires. Le gouvernement table sur l'inflation pour en fait réduire le salaire des fonctionnaires sans le dire explicitement. A ceci s'ajoutent des mesures frappant les retraités, combinant hausse de la fiscalité et report de la revalorisation des retraites. Ce qui revient à baisser les retraites sans le dire. Plutôt que de libérer les forces productives en réduisant le nombre de fonctionnaires et en allongeant la durée de cotisation, ce que le gouvernement précédent essayait de faire dans la douleur, le gouvernement a donc choisi l'appauvrissement généralisé de la population. C'est la contrepartie du mirage socialiste de la vie gratuite.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 01/10/2014 - 13:17 - Signaler un abus "Les frondeurs" nouvelle force politique de la nomenklatura

    gauchiste! On se croirait revenu aux bons vieux temps de l'union soviétique, lorsque les gauchistes archaïques s'opposaient à la pérestroïka et à la glasnost...quelle dérision! leur ultra-minorité gagne, car le pauvre Vallsito est complètement paralysé par quelques parlementaires même pas représentatifs, les médias français deviennent de plus en plus totalitaires et la dette et le chômage gauchistes de plus en plus abyssaux... Nous les FN, nous ne nous réjouissons pas de cette France qui coule, même si nous l'avions prévu! À propos, le Titanic-France...combien de caneaux de sauvetage?...

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Jacques Delpla

Jacques Delpla est économiste, professeur associé à l'université de Toulouse. 

Il est l'auteur de Le partage des fruits de la croissance (La documentation française, 2009), et La fin des privilèges : payer pour réformer (Hachette Littérature 2007).

 

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Gilles Saint-Paul

Gilles Saint- Paul est un économiste spécialiste du marché du travail.

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Natacha Valla

Economiste, directrice adjointe du CEPII, think tank en économie internationale. 

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