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Les multiples traumatismes historiques à la racine de la propension ukrainienne à la violence

L'Ukraine est loin d'en avoir fini avec la guerre civile qui l'anime depuis plusieurs mois. Cette violence s'explique par des événements traumatisants qui ont marqué l'Histoire des Ukrainiens.

Racines historiques

Publié le - Mis à jour le 31 Décembre 2014
Les multiples traumatismes historiques à la racine de la propension ukrainienne à la violence

L'Ukraine s'enfonce dans la guerre civile. Crédit Reuters

En dépit des multiples crises qui ont émaillé l’année 2014, à Kiev à Odessa et dans certaines régions orientales de l’Ukraine, on peut à bon droit estimer - et légitimement espérer - que les drames qui s’y déroulent aujourd’hui auront une ampleur moindre que ceux du siècle dernier. Qu’on en juge : l’Ukraine a été un territoire particulièrement marqué par les deux conflits mondiaux ainsi que par ses drames propres. Ce n’est alors pas par centaines qu’il fallut compter les victimes, mais par millions.

Sans remonter au soulèvement de Khmelnytsky, qui a opposé les Cosaques d’Ukraine à l’Empire polono-lituanien de 1648 à 1654, permettant ainsi à la Russie d’atteindre les rives du Dniepr – fleuve dans lequel se jette la Bérézina, séparant et unissant le territoire ukrainien – il convient de s’attarder sur la Première Guerre mondiale suivie de la Guerre civile, le Holodomor, les Grandes Purges et la Seconde Guerre mondiale.

Durant la Grande Guerre, l’Ukraine, dont le nom même est tiré du terme "frontière", se retrouve en première ligne des affrontements entre empires allemand, austro-hongrois et tsariste. Non seulement ce qui est surnommé à l’époque le "grenier à blé" de l’espace russe sort exsangue du conflit, mais il subit en outre une guerre civile terrible, opposant les bolchéviques à divers groupes, les nationalistes de Petlioura, les anarchistes de Makhno et les Russes Blancs de Kornilov. La chronique de celle-ci dans la Kiev de 1918, à travers le sort de la famille Stoupine, constitue l’objet central de La Garde blanche de Mikhaïl Boulgakov, roman décisif pour la conscience collective ukrainienne montrant le sentiment de peur collective au son des canons. Dans la foulée, la guerre russo-polonaise de 1920 voit Josef Pilsudski, chef d’Etat de la nouvelle Pologne, lancer une grande offensive contre l’Ukraine. Le calme revient très provisoirement avec l’instauration du régime bolchévique au tournant des années 1920.

En effet, dans ce pays en construction, la survie de la population est menacée par le Holodomor, c’est-à-dire une extermination par la famine dans le cadre du processus de stalinisation. Divers facteurs, comme la collectivisation, la campagne de "dékoulakisation", les réquisitions de denrées alimentaires, ont contribué à cette catastrophe. Le nombre exact de victimes, dans ce type d’exaction, n’est pas fermement établi, fait l’objet de controverses passionnées et oscille selon les experts entre 2,6 à 5 millions de morts. La zone concernée s’étend au-delà de l’Ukraine actuelle, en Caucase et en Russie notamment. Cette période tragique est l’occasion de nombreuses passes d’armes mémorielles au sein de la classe politique ukrainienne, le Président Iouchtchenko ayant beaucoup œuvré en faveur de sa reconnaissance internationale. A cela s’ajoutent les Grandes Purges de 1937-1938, qui voient surgir en pleine nuit des milliers d’arrestations conduisant à autant de crimes de masse (vraisemblablement plus de 100 000 morts). C’est donc déjà fragilisée que la République socialiste soviétique d’Ukraine aborde la Seconde Guerre mondiale.

 
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  • Par vangog - 23/07/2014 - 12:08 - Signaler un abus La rhétorique anti-fasciste, c'est la

    tarte à la crème de tous les régimes en manque d'arguments! Nous, les FN, en subissons les conséquences de cette pensée très unique et très médiocre, en France, autrefois pays de la Liberté et des droits de l'homme... La dimension qu'oublie de préciser Parmentier est l'immense remplacement de population qu'a subi l'extrême-Est de l'Ukraine en faveur de colons Russes, suite à l'extermination des paysans par les socialistes et à la koulakisation forcée. Ceci permet d'expliquer la peur des descendants de colons Russes d'être soumis à un régime qui ne leur fera pas les mêmes cadeaux que la Russie, et la volonté des Ukrainiens historiques, persécutés et exploités par les Russes, d'en découdre avec ces mêmes descendants de colons...

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Florent Parmentier

Florent Parmentier est maître de conférences à Sciences Po. Il a récemment publié, aux Presses de Sciences Po, Les chemins de l’Etat de droit, la voie étroite des pays entre Europe et Russie. Il est le créateur avec Cyrille Bret du blog Eurasia Prospective.

Twitter : @florentparmenti

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Cyrille Bret

Cyrille Bret, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, de Sciences-Po Paris et de l'ENA, et anciennement auditeur à l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) est haut fonctionnaire et universitaire. Après avoir enseigné notamment à l'ENS, à l'université de New York, à l'université de Moscou et à Polytechnique, il enseigne actuellement à Sciences-Po. Il est le créateur avec Florent Parmentier du blog Eurasia Prospective. @cy_bret

 

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