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Sommet Trump: King Jong Un : la Corée du Nord n’est elle qu’un tigre de papier surestimé ?

La rencontre à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un le 11 juin devrait aboutir à la signature d'un document d'accord. Donald Trump s'est dit très satisfait.

A vaincre sans péril

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Sommet Trump: King Jong Un : la Corée du Nord n’est elle qu’un tigre de papier surestimé ?

 Crédit ASIT KUMAR / AFP

Atlantico : En ce jour de rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un, dans quelle mesure le risque lié à la course vers une guerre nucléaire de la part de la Corée du Nord pourrait-il être exagérée ? En quoi la rationalité du régime de Pyongyang, et sa dépendance vis à vis de la Chine pourraient-elles infléchir le degré de cette menace ? 

Jean-Vincent Brisset : La première chose à dire est que le risque d'une guerre nucléaire est la négation de la dissuasion, que cela soit de la dissuasion du fou au fort ou celle du fort au fort.

Cela est quelque chose qui n'existe pas vraiment. L'usage de l'arme nucléaire, c'est l'échec de la dissuasion. Dans cette logique de dissuasion, ce qui est indispensable, c'est de posséder l'arme nucléaire, de dire que l'on dispose d'une arme crédible, et surtout pas de l'utiliser. 

La rationalité du régime de Pyongyang est quelque chose de complexe à appréhender dans notre manière de voir les choses mais cela l'est mois lorsque l'on essaye d'analyser un peu la situation. Nous avons une dynastie, celle des Kim, qui veut se maintenir en place et qui a bénéficié d'un programme nucléaire. Au début des années 90, cela était quelque chose qui paraissait extrêmement rationnel et qui est montée en puissance au fil des années, et qui a pu , à la limite, être favorisée par la volonté des Etats-Unis - par les précédents présidents américains - d'arrêter la Corée du Nord dans son projet. Les Etats-Unis ont d'abord fait tout ce qu'ils pensaient être nécessaire pour arrêter ce programme nucléaire et ensuite, sous la présidence Obama, ont laissé la famille Kim développer le nucléaire et le balistique. Nous sommes donc sur une logique qui est tout à fait rationnelle dans un monde ou un petit État qui s'est trouvé en capacité de développer un tel programme a pu le réaliser. La Corée du Nord a énormément besoin de la Chine, notamment pour sa création de richesses, et cette dépendance demeurera encore très longtemps. 

Et d'un autre côté, la Chine a besoin que la Corée du Nord serve de tampon entre les Etats-Unis, leurs alliés et la Chine elle-même. Une réunification de la Corée signifierait pour la Chine l'arrivée des Etats-Unis directement le long de sa frontière.

Dès lors, comment expliquer cette sur interprétation du risque ? S'agit-il d'une trop grande méconnaissance des logiques internes du régime ? 

La sur-interprétation du risque est aussi quelque chose qui arrange beaucoup les Etats-Unis dans le mesure ou pendant un moment, cela a permis de justifier le maintien de la présence américaine en Corée et au Japon. Sachant que cette présence a été très discutée pendant un certain temps et sachant aussi que cette présence est financée très largement par les Coréens et les Japonais. Pour les Etats-Unis, avoir une bonne raison de rester en Corée du Sud et au Japon reste très intéressant. Et là aussi, l'administration Obama, quand elle a parlé de "pivot" vers l'Asie mais sans rien mettre en œuvre de sérieux à ce niveau-là, a une énorme responsabilité dans cette présence, dans cette volonté des Etats-Unis et dans les justifications qu'elle a pu y trouver.

 
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  • Par gilbert perrin - 12/06/2018 - 10:11 - Signaler un abus TRUMP - KING JONG U, BRAVO

    gilbert perrin ‏ @gilco56 13 s il y a 14 secondes Plus MACRON la corée du Nord …. quel pied de nez aux dirigeants occidentaux… avec leur EGO, celui des "beaux parleurs" médiatiques exemple BOURDIN, qui font systèmatiquement des "procès d'intention à ceux qui ne partagent pas leur légèreté d'appréciation : "VLAN dans les DENTS .."

  • Par assougoudrel - 12/06/2018 - 10:23 - Signaler un abus La Corée du Nord

    a un puissant allié qui est la Chine. Elle n'a pas besoin de la bombe; par contre, cette Corée rêve de devenir une petite Chine, avec une économie et une politique à la chinoise et devenir florissante comme sa sœur du Sud. Tous ceux qui espéraient que cette rencontre historique capote, font le groin, priant pour que Trump, de son avion, envoie un tweet comme pour le G7.

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Jean-Vincent Brisset

Le Général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Diplômé de l'Ecole supérieure de Guerre aérienne, il a écrit plusieurs ouvrages sur la Chine, et participe à la rubrique défense dans L’Année stratégique.

Il est l'auteur de Manuel de l'outil militaire, aux éditions Armand Colin (avril 2012)

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