Atlantico : François Hollande a choisi son slogan pour la présidentielle 2012 : "Le changement, c'est maintenant". Est-ce un slogan efficace ?
Arnaud Mercier : Ce n’est pas très neuf en vérité. D’un autre côté, il y a longtemps qu’il n’y a pas beaucoup de renouvellement dans les slogans de la vie politique française. On retrouve toujours les mêmes mots : « changement », « ensemble » ou « France ». Les formules tournent beaucoup autour de ces termes qui ne donnent pas une idée très précise des choses si ce n’est la volonté d’incarner une rupture avec l’ère Nicolas Sarkozy.
Cette formule, plutôt qu’un vrai rapport à François Mitterrand, est une formule rhétorique que les socialistes ont trouvée pour ne pas simplement parler de « changement ». Il fallait bien trouver quelque chose pour se distinguer un peu. Pour moi, sémantiquement, ça n’importe rien de plus qu’une insistance balourde.
Le mot « changement » est particulièrement attendu. On ne prend pas de risques en prenant quelque chose qui frôle la banalité. Cette prudence est tout à fait en conformité avec la posture du candidat François Hollande. Il ne fallait pas compter sur lui pour prendre une initiative aussi osée que la « France présidente » de Ségolène Royal qui avait surpris.
Quels ont été les bons et les mauvais slogans qui ont marqué l'histoire de la Vème République ?
Parmi les plus connus, il y a bien évidemment « La force tranquille » de François Mitterrand en 1981. Il incluait à la fois un esprit de virulence, d’efficacité et en même temps une volonté d’apaisement des choses. Le visuel, en pleine campagne française avec un petit village, allait également dans ce sens. Ce slogan a fait date parce qu’il a permis de bien repositionner François Mitterrand comme le candidat qui pouvait incarner l’alternance politique après 23 ans d’opposition sans inquiéter l’électorat déçu par Valéry Giscard d’Estaing. Plus tard, il y a eu un exemple plus marketing avec « génération Mitterrand ». Finalement, le slogan ne voulait pas dire grand-chose mais, grâce à une idée fédératrice et un visuel fort, il a réussi à s’imposer.
En 2007, Nicolas Sarkozy est parvenu par le visuel à récupérer les forces de l’affiche de 1981 de François Mitterrand. Il y a des parallèles troublants entre les deux. On retrouve le mot « ensemble » qui, malgré sa simplicité, est resté efficace. Les études montrent que c’est l’un des termes qui ont un impact positif dans l’esprit des Français. La campagne du second tour de Ségolène Royal la même année a par contre été innovante avec « La France présidente ». Elle a tenté un coup de force grammatical en assimilant la notion de France au sens participatif et son image de madone. Je ne suis pourtant pas sûr que la lisibilité de ce slogan fût une performance.
Pour les slogans qui n’ont pas bien fonctionné, il y a eu le « Présider autrement » de Lionel Jospin. Il s’est trop positionné dans la rupture avec Jacques Chirac. C’est une erreur, le slogan le positionnant dans une dépendance face au rival. Plutôt qu’un désir du vote pour lui, la formule appelait à un rejet de l’autre. Autre exemple, Valéry Giscard d’Estaing en 1981 : « Il faut un président à la France ». C’était tragique car, dit comme ça, il tendu le bâton pour se faire battre en laissant ses opposants s’étonner d’un « Ah bon ? Parce que jusqu’ici il n’y en avait pas ? ».
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
59 avenue de Ségur, 75007 Paris à 40 000 euros mois
il change d'idée toutes les 12 heures
... pour François Hollande, puisqu'il change ce qu'il a dit la veille et ne sait pas ce qu'il fera demain.
continuent de l'appeler '' Culbuto '' !!
Il n'est plus premier secrétaire du PS mais candidat à la Présidence...
que Hollande change de costume, il est trop grand pour lui. La France n'a pas besoin d'un mou pour gouverner, mais quelqu'un qui a des c....
"Le changement c'est maintenant" devient le "manquement c'est chuintement" avec Hollande, l'autre politique du dommage. Les finances, plus que jamais à sec, vont faire encore plus mal en 2012, point l’année de la fin du monde, mais du poing râpeux dans le fonds national : un fisting pour sonner le rappel, nous faire trébucher, avant l’achèvement. Cf. http://pamphletaire.blogspot.com/
C'est une bonne ,idée et qu'il le fasse maintenant,il a raison c'est les soldes Héééééé!!
« Le changement de chef fait la joie des sots. »
.. un art compliqué.
"Le changement c'est maintenant", rappelle furieusement le "présider autrement" de Jospin en 2002...
http://www.lepost.fr/article/2012/01/11/2677633_communication-politique.html
"C'est l'histoire d'un slogan, attendu et banal
Qui apporte chaque jour tout le bien tout le mal
Et à l'heure ou l'on se lasse celle ou l'on se dit adieu
Avec les soirées d'angoise et les matins merdailleux" !
On dirait du Dalida....
socialisme dans ces discours !!!
Alors je comprends mieux son slogan
'' "Le changement, c'est maintenant"
d'un candidat qui se veut être un président "normal"
Il a l'aspect, le style, les idées d'un "normal"...d'un normalien !
La droite est faite d'entrepreneur, la gauche de fonctionnaires normaux !