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Savez-vous seulement dans quel pays sont hébergées vos données personnelles en ligne (et ce que cela signifie en termes de sécurité)?

L'image du "cloud", ou nuage, utilisée pour évoquer le stockage de nos données correspond à des espaces bien réels situés aux quatre coins du monde. Plus de la moitié de ce stockage est contrôlé par Amazon, Microsoft, IBM et Google sans qu'aucunes entreprises ne puissent véritablement garantir le respect et la sécurité de ces données, notamment lors de leur transfert d'un centre de stockage à un autre.

Prenez garde...

Publié le - Mis à jour le 19 Août 2016
Savez-vous seulement dans quel pays sont hébergées vos données personnelles en ligne (et ce que cela signifie en termes de sécurité)?

Atlantico : A longueur de journée et sans cesse au quotidien, nous partageons et stockons des données personnelles. La plupart de ces données se retrouvent sur ce qui est appelé le "cloud". A quoi cela correspond-il ? Où se trouvent physiquement et géographiquement  les données que nous partageons et stockons sur le Web ?

Franck Decloquement : Cette expression imagée de "cloud" – autrement dit "nuage de données" – ne doit en effet pas pour autant nous faire oublier que celles-ci ne se promènent pas à "l’air libre", sous une forme "éthérée", impalpable, sans véritables infrastructures techniques en "dur" pour les stocker...

Les dépôts ou les collectes de données personnelles, qui nous concernent tous au premier chef, sont en effet stockés quelque part, dans ce "nuage". Mais plus de la moitié du stockage "en nuage" de nos données dans le monde est contrôlée par quatre grandes entreprises américaines emblématiques. Celles-ci sont communément nommées par les observateurs, les "Big Four"Amazon est de très loin la plus grande entreprise, avec environ un tiers de la part de marché et plus de trente-cinq centres de données répartis à travers le monde. Les trois autres plus grands fournisseurs en matière de stockage de données sont Microsoft, IBM et Google. Chacun d'eux adopte un modèle global très similaire de "batteries de serveurs". Autrement dit, un véritable "maillage d’infrastructures" techniques parfaitement implantées et localisables.

Par ailleurs, plusieurs de ces grands fournisseurs de "cloud" public dupliquent naturellement les données de leurs utilisateurs sur leurs réseaux. Et ceci, pour des questions évidentes de sauvegarde en cas de sinistre, d’intrusion, de suppression intempestive ou de piratage des données informatiques. Cela signifie aussi que les informations mises en ligne sur le "nuage" –  et donc, les infrastructures techniques, par exemple en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni – sont susceptibles d'être transférées à tout moment, à d’autres serveurs localisés dans les grandes métropoles à travers le monde : de Paris à Shanghai, en passant par New York, Singapour et Sydney…

Qu'est-ce que cette difficulté à localiser des données pour un particulier souligne comme problèmes, voire comme dangers ? 

Plus nos données personnelles transitent par un maillage complexe et sont dispersées à travers le monde, plus elles sont vulnérables aux piratages en tous genres. Ce que semble d’ailleurs attester l’augmentation conséquente des fraudes à l’identité. Si nos données personnelles en transit se retrouvent dans un autre pays à un moment ou un autre de leurs cheminements à travers le maillage des infrastructures techniques du "cloud", il peut être très difficile, en effet, voire totalement impossible pour un particulier, de savoir qui peut y avoir concrètement accès, que ce soit les fournisseurs de réseaux partenaires, ou encore les services spécialisés des Etats locaux qui hébergent les serveurs.

De plus, les usages et coutumes, ou encore l'application des lois en matière de sécurisation et d’utilisation des données personnelles, diffèrent grandement d’un pays à un autre…Il n’y a pour l’heure aucune harmonie juridique globale en la matière, dans ce véritable malstrom de complexité juridique territoriale et de protocoles nationaux de sécurité. Les dernières décisions du conseil de l’Europe en la matière le démontrent. 

 
Commentaires

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  • Par clint - 14/08/2016 - 11:09 - Signaler un abus Les mettre en Europe : mais ne serait ce pas plus dangereux ?

    Rappelons nous le refus d'Apple de donner un code au FBI pour pirater un iPhone. Nos données bien calfeutrées en Europe seraient elles plus sûres pour nous ? Certainement plus sûres pour être à la disposition des états !! A la limite nos données sont "épluchées" par la NSA qui a des moyens que la France ni aucun pays européen démocratique n'est prête à pouvoir se l'offrir : alors comptons sur les bons liens avec les US, renforcés par notre présence entière au sein de l' OTAN pour que l'on ait des infos sur des terroristes ! (mais là encore faudrait il "dénier" les utiliser !!)

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Franck DeCloquement

Franck DeCloquement est praticien et expert en intelligence économique et stratégique (IES). Membre fondateur du Cercle K2 et ancien de l’Ecole de Guerre Economique de Paris (EGE), il est en outre professeur à l'IRIS (Institut de Relations internationales et stratégiques) en "Géo-économie et intelligence stratégique". Il enseigne également la "Géopolitique des médias" en Master 2 recherche "Médias et Mondialisation", à l'IFP (Institut français de presse) de l'université de Paris II Panthéon-Assas. 

Franck DeCloquement est aussi spécialiste sur les menaces Cyber-émergentes liées aux actions d'espionnage économique et les déstabilisations de nature informationnelle et humaine. Il est en outre intervenu pour la SCIA (Swiss Competitive Intelligence Association) à Genève, aux assises de la FNCDS (Fédération Nationale des Cadres Dirigeants et Supérieurs), à la FER (Fédération des Entreprises Romandes à Genève) à l’occasion de débats organisés par le CLUSIS - l'association d’experts helvétiques dédiée à la sécurité de l'information - autour des réalités des actions de contre-ingérence économique et des menaces dans la sphère digitale. 

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