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La reprise américaine est-elle bien réelle?

Plongeon de l'or, retournement du marché obligataire, inflation paresseuse, tout ces éléments en disent long sur l'économie américaine. Une économique complètement accro au crédit bon marché dont la reprise est un sujet plus que contestable.

Decod'Eco

Publié le
La reprise américaine est-elle bien réelle?

Le marché obligataire américain s’est retourné.  Crédit Reuters

L’or a de nouveau été mis à mal ces derniers jours. Si nous devions avancer une hypothèse, nous dirions que le prix de l’or va chuter de 100 $ encore environ. Ensuite, il rebondira probablement un peu… les investisseurs sérieux tirant parti de cette opportunité. Mais les feux d’artifice sur le marché de l’or sont probablement encore loin devant nous. Vous entendrez les explosions quand les prix à la consommation commenceront à grimper. Et cela ne se produira pas tout de suite.

C’est là que l’histoire devient très intéressante… et difficile à suivre. Le marché obligataire américain s’est retourné.

Cela enfoncera l’économie plus profondément dans la dépression. Mais il pourrait se passer des années avant que la nouvelle tendance soit fermement établie. Nous nous rappelons le dernier virage qui a eu lieu aux Etats-Unis, au début des années 1980. Paul Volcker l’avait annoncé en 1979. Mais il a fallu quatre ans pour que les investisseurs absorbent entièrement la nouvelle.

En attendant, il n’y a pas de pression sur les prix à la consommation… parce qu’il n’y a pas de véritable reprise. Certaines sources rapportent de grandes améliorations sur divers indicateurs, avancés ou non. D’autres se concentrent au contraire sur le fait que la croissance du PIB américain au premier trimestre a été plus faible que prévu. On peut croire tout ce qu’on veut.

Mais nous sommes certain d’une chose : il n’y aura pas de vraie reprise.

Pourquoi une telle certitude ?

Une reprise a besoin d’une base solide. Et la période 2003-2007 a été tout le contraire. C’était la fin fiévreuse d’un long mal qui affecte l’économie américaine depuis le début des années 80. C’est à ce moment-là que l’économie américaine est passée d’une croissance réelle à une pseudo-croissance factice, nourrie par la dette. Auparavant, le ratio dette/PIB était resté à 150% environ pendant des décennies. Les Américains vivaient leur vie… épargnant… empruntant… dépensant… créant… produisant… de manière raisonnable. La croissance provenait de là où elle était censée provenir — des augmentations de productivité partagées entre les travailleurs, les prêteurs, les investisseurs et les entreprises.

Ensuite, la confluence d’un certain nombre d’étrangetés a fait grimper les niveaux de dette en flèche... D'abord, les Etats-Unis avaient la chance d’avoir la devise de réserve mondiale durant une ère de devise fiduciaire. Les Chinois produisaient des choses moins chères que les Américains. Wal-Mart a encore contribué à la baisse des prix. L’administration Reagan a décidé que "les déficits ne comptent pas". Et enfin, l’industrie financière a trouvé des moyens innovants de formater et de vendre la dette.

 

Résultat, les niveaux dette/PIB américains sont passés à 300% à la fin du siècle dernier… puis à 360% en 2007.

Cette dette supplémentaire a changé la nature de l’économie. Ce n’était plus une économie qui se développait en produisant des choses ; c’était désormais une économie qui avait besoin d’injections de dette croissantes pour s’envoler.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 03/07/2013 - 12:47 - Signaler un abus Une minute, monsieur le Bourreau

    Des dizaines de millions d'américains vivent dans la misère, se nourrissant grâce aux banques alimentaires et Arte nous rappelait hier soir que des millions d'entre eux-surtout noirs- constituent la plus grande population carcérale du monde... Cet article nous explique que la planche à billets permet encore un bref instant de retarder l'explosion...

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Bill Bonner

Bill Bonner est le fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information financières pour les investisseurs particuliers.

Auteur de la lettre e-mail quotidienne The Daily Reckoning (450 000 lecteurs... ), il intervient également dans La Chronique Agora, directement inspirée du Daily Reckoning.

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