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Ce qui pourrait vraiment aider l'artisanat français (et donc 20% du PIB de l'Hexagone)

Sylvia Pinel, la ministre de l'Artisanat, a présenté mercredi un projet de loi visant a aider l'artisanat en France. Il comporte notamment la réforme du régime de l'auto-entrepreneur, qui fait débat.

Pilier de l'économie

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Ce qui pourrait vraiment aider l'artisanat français (et donc 20% du PIB de l'Hexagone)

L'artisanat contribue de manière significative à la production de richesses en France. Crédit Reuters

Atlantico : Sylvia Pinel, la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, a présenté le projet de loi "artisanat, commerce et TPE" en Conseil des ministres le mercredi 21. Que représente aujourd'hui l'artisanat dans l'économie française ?

Sophie Boutillier : Comme le montrent clairement les chiffres de la Chambre de métiers et de l'artisanat (et de l'Insee), l'artisanat contribue de manière significative à la production de richesses en France, mais également à la création d'emplois dans une gamme de métiers très large, des métiers traditionnels aux activités de haute technologie (informatique, robotique ou autres) [selon les chiffres publiés par le Fonds national de promotion et de communication de l’Artisanat, il représente 300 milliards d'euros de chiffres d'affaires et 1 million d'entreprises, dont 41% implantées dans les villes inférieures à 200 000 habitants pour 3,1 million d'actifs répartis dans quatre secteurs clés : l'alimentation, le bâtiment, la fabrication et les services, ndlr].

Au même titre que l'ensemble de l'économie, les entreprises artisanales évoluent fortement. Elles ne sont pas imperméables au progrès technique, même si l'adjectif "artisanal" fait d'emblée référence à une vague idée de tradition, qui existe certes, mais qui ne représente qu'une partie de la réalité. Les entreprises artisanales participent de cette façon fortement à la compétitivité de l'économie française, par le biais notamment de relations de sous-traitance qu'elles peuvent entretenir avec des grandes firmes.

Les entreprises artisanales ne constituent pas un monde clos, extérieur à celui des grandes entreprises. D'autant plus que les grandes entreprises ont largement modifié leur organisation depuis ces vingt dernières années en privilégiant le recours à la sous-traitance au détriment de la production intégrée. Il importe aussi de souligner que l'artisanat en tant que tel remonte aux années 1920 (période de difficultés économiques après la première guerre mondiale), et qu'il a fait l'objet de réformes, notamment à la fin des années 1990. Mais, le principe reste le même : métier et nombre de salariés (pas plus de dix salariés, sauf droit de suite).

D'un autre côté, des entreprises artisanales se situent dans des niches d’activité bien particulières. C'est notamment le cas dans le secteur alimentaire, en lien avec le souci actuel de nombre de nos contemporains de se soucier de leur santé en consommant des produits "de proximité".

Quelles sont les difficultés rencontrées aujourd'hui par les artisans ?

Il y a deux difficultés majeures auxquelles fait face l'artisanat

  • la gestion et l'organisation de l'entreprise (les "gens de métier" ne disposent pas forcément des qualifications nécessaires en termes de gestion)

  • la réglementation est de plus en plus complexe dans tous les domaines (économique, technique, social, etc.).

L'entreprise artisanale manque souvent de ressources humaines dans ces domaines.

Entre une plus ferme réglementation quant à l'utilisation du terme "artisan" ou encore une réforme du statut d'Entrepreneur indépendant à responsabilité limité (EIRL), le gouvernement penche sur plusieurs pistes. Quelles mesures permettraient vraiment d'aider les artisans français ? Quelles doivent êtres les priorités ?

Cette question est davantage politique qu'économique. C'est une question de rapport de forces entre différentes catégories professionnelles. Mais, on peut aussi souligner que la France est parmi les pays industrialisés celui dont la définition de l'artisanat est la plus stricte. Est-ce un moyen de contrôler la concurrence ? C'est difficile à dire.

La question est de ne pas pénaliser des entreprises qui créent des richesses, et des emplois et qui contribuent à la création du lien social tant dans l'espace urbain que rural. D’où l’urgence de trouver un arrangement institutionnel permettant aux entreprises artisanales de continuer à se développer.

 
Commentaires

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  • Par jean fume - 26/08/2013 - 11:53 - Signaler un abus Mort de rire !!!

    ""L'entreprise artisanale manque souvent de ressources humaines dans ces domaines"" ! .....Vraisemblablement parce qu'elle n'en a pas les moyens. Mais il ne faut pas être de gôche, et vivre sur le dos des contribuables, pour comprendre ça. Dommage pour l'artisanat, mais la période est à couper les vivres des parasites qui se gavent, et donc les artisans risquent d'en pâtir. De plus avec les auto-entrepreneurs qui vont se mettre au noir, ça va aller dans le bon sens.

  • Par balthazar cossa - 26/08/2013 - 12:20 - Signaler un abus Creux

    Cet article n'apporte aucune information, aucune idée, aucune réflexion sur un sujet pourtant riche.

  • Par la saucisse intello - 26/08/2013 - 12:23 - Signaler un abus @ jean fume........

    C'est vrai qu'une voie royale (!!!) s'ouvre (ou plutôt se prolonge !) pour le black. Avant, ici, je posais toujours la question aux artisans qui devaient faire des tx chez nous : Chêque, espèces ou un peu des deux ? Maintenant c'est "espèces uniquement". Bien entendu celui qui n'est pas d'accord ne travaillera pas pour moi. Mais pour le moment, TOUS ont dit oui ! Nous employons le même artisan depuis environ vingt cinq ans ici et chez mon père pour entretenir, terrasser, aménager, etc.....Je ne lui ai JAMAIS fait un chêque. Chez mon père, pareil. A peine descendu de sa mini-pelle, il a son argent dans la poche du haut de sa salopette *. Il en est ravi et nous aussi, que demande le peuple ? Ah, bon, on me dit "de la T.V.A", désolé, mais c'est comme "facture", ça n'est plus dans mon vocabulaire ! * : Pour madame pinel : La salopette est un vêtement d'une pièce, vert ou bleu avec des poches et des fermetures éclair. On le met pour une activité qui s'appelle "le travail". Mais vous, vous n'avez pas du en voir beaucoup !

  • Par la saucisse intello - 26/08/2013 - 12:25 - Signaler un abus @ balthazar cossa...........

    Regardez le pedigree de l'auteure et essayez de trouver le MOINDRE point commun entre cette bouillie et le travail.....le vrai !

  • Par la saucisse intello - 26/08/2013 - 12:30 - Signaler un abus @ jean fume........

    Pour compléter, excellent Jean, puis-je me montrer en désaccord avec vous ? Vous écrivez que le fait de couper les vivres des parasites aura des incidences sur la santé des affaires des artisans. Je vois ça d'un autre oeil : Pas de facture, donc pas de t.v.a, donc moins cher pour le client et tout bénef pour les deux ! C'est les vivres de l'état qui seront alors coupés. N'est-ce pas ce que nous cherchons à obtenir ? De plus, TOUS les artisans que je connais ont fait la croix sur leur retraite RSI et capitalisent à tout-va ! Tout bénef, on vous dit !.....sauf pour les énarques, mais comme le but est de les faire crever, continuons à qui mieux mieux !

  • Par jean fume - 26/08/2013 - 13:42 - Signaler un abus Tout à fait la saucisse !

    Mais dans le couper les vivres, je sous entendais la réduction de toute activité à zéro, ce qui inévitablement à un impact collatéral. Un "effet de bord" regrettable.

  • Par EOLE - 26/08/2013 - 15:39 - Signaler un abus Une artisane...

    ... de la mauvaise com!

  • Par Vinas Veritas - 26/08/2013 - 17:29 - Signaler un abus Quelle joie d'avoir des artisans (des vrais)

    J'ai le malheur de résider encore sur PAris et, à voir les artisans qui oeuvre dans mon ensemble d'immeuble, je me demande bien où ils ont reçu leur CAP, obtenu leur BEP et chez wqui ils ont effectué leur apprentissage. Ceci étant posé, il est inutile de poser la question puisque ces artisans mandatés par la Mairie (Département) de Paris ne parlent pas, comprennent pas le Français, et s'agenouillent 5 fois par jour.

  • Par la saucisse intello - 26/08/2013 - 18:06 - Signaler un abus @ Vinas Veritas........

    Vous souvenez-vous de "les Bidochon font construire" ? On y voit Raymond constater que les maçons (arabes bien entendu !) ont lu les plans.......de droite à gauche ! Raymond les engueule, leur demande s'ils savent lire un plan et là le "chef de chantier" (!!!) apostrophe ses hommes et leur dit "ma parole, mais il insulte le prophète" !!!............tordant, d'ailleurs cette B.D est un chef-d'oeuvre ! Merci, Binet !

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Sophie Boutillier

Sophie Boutillier est maître de conférences habilitée à diriger des recherches en économie à l’Université de littoral Côte d’Opale-Lille Nord de France et docteur en sociologie, et chercheur au Clersé (UMR-CNRS 8019). Elle est directrice du master Stratégie d’innovation et Dynamiques entrepreneuriales.

Ses travaux de recherche portent principalement sur la théorie économique de l’entrepreneur et de l’innovation et sur les changements économiques et sociaux qui en découlent.

Elle a été conseiller scientifique pour l’exposition « Innovation et artisanat » à l’Observatoire des innovations à la Cité des sciences et de l’industrie.

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