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Quand l'establishment du parti républicain en vient à préférer l'extrémisme conservateur d'un Ted Cruz au populisme d'un Donald Trump

De Ted Cruz ou Donald Trump, l'ex-favori, Jeb Bush, a récemment annoncé son choix. Le fils et frère de présidents a décidé de donner ses voix à Ted Cruz plutôt qu'au magnat de l'immobilier, illustrant toute la crainte du parti Républicain à l'égard de ce dernier. L'establishment du parti reproche notamment à Donald Trump de ne pas être assez conservateur.

Dumb and dumber

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Quand l'establishment du parti républicain en vient à préférer l'extrémisme conservateur d'un Ted Cruz au populisme d'un Donald Trump

Atlantico : L'ancien candidat à la primaire républicaine américaine, Jeb Bush, a récemment fait état de sa préférence pour Ted Cruz au détriment de Donald Trump. D'après des informations publiées par Politico, Jeb Bush estime que Ted Cruz serait "l'antidote à la division et à la vulgarité" de Donald Trump. Comment peut-on expliquer cette préférence du parti Républicain pour Ted Cruz ? 

Gerald Olivier : La préférence de Jeb Bush s’explique d’abord par une forme de vendetta personnelle, ensuite par le fait que Trump est populaire mais guère présidentiable. Jeb Bush a été littéralement laminé par Donald Trump durant la campagne. Il y a du mauvais sang entre les deux hommes. Voici un an, quand Bush a déclaré sa candidature, il est devenu le favori instantané des sondages. Souvenez-vous tout le monde évoquait une course ennuyeuse entre un Bush de plus et une Clinton de plus…Mais Trump a identifié Bush comme le plus dangereux de ses adversaires et s’est attaché à le détruire.

Jeb Bush fut alors un des seuls parmi les candidats républicains à dénoncer Trump et il a payé le prix de son audace. Il est devenu la risée du milliardaire, sa campagne n’a jamais décollé et il a fini par jeter l’éponge. Il lui serait psychologiquement très difficile dès lors de se rallier à Trump. 

Maintenant ses arguments en faveur de Cruz ne tiennent pas forcément la route. Cruz est un ultra-conservateur qui a bâti sa réputation sur son inflexibilité –il n’a pas d’ami dit-on de lui au Sénat parce qu’il dit non à tout. Sa candidature serait autant source de division que celle de Trump. 
 

Pourtant, derrière son verbe populiste, Donald Trump n'est-il pas politiquement plus modéré que Ted Cruz ? Le parti estimerait-il que Ted Cruz est simplement plus à même de battre Hillary Clinton ?

Sur le fond, il est évident que Trump est plus modéré que Cruz. D’abord parce que Cruz est le plus radical des conservateurs, ensuite parce que Trump n’est pas du tout un conservateur. Il y a peu, il n’était même pas un "Républicain". Trump a été successivement démocrate, indépendant, membre du "reform party" et finalement républicain. Ce n’est pas quelqu’un qui a le feu sacré. Son cœur ne brûle pas pour la cause conservatrice. Ce n’est pas un idéologue. C’est un pragmatique. Quelqu’un qui résout les problèmes quand ils surgissent sans à priori idéologique. L’inverse des conservateurs qui ont un programme précis qu’ils cherchent à mettre en place depuis trente ans. 

Beaucoup de Républicains pensent en effet que Cruz aurait plus de chances de battre Hillary Clinton que Trump. Honnêtement je n’en suis pas sûr. Ces deux candidats ont en commun de susciter une opposition farouche. Le premier parce qu’il est très à droite. Le second parce qu’il est vulgaire, autoritaire, et que c’est un démagogue narcissique. Mais une nomination de Ted Cruz à l’issue de la convention verrait une levée de boucliers à gauche notamment autour de la question de l’avortement et des nominations à la Cour Suprême. 

 
Commentaires

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  • Par Texas - 25/03/2016 - 11:15 - Signaler un abus La Question...

    ... est : Quel est le Programme du Republican National Commitee ? . Faire comme les Libéraux ( version U.S ) en plus soft ? . Ils ne sont pas dénommés " RINO " par leur électorat , pour rien . La compromission ne paye jamais .

  • Par Deudeuche - 25/03/2016 - 13:42 - Signaler un abus ultra conservateur?

    pas libertaire compatible, pas journalistes compatible, en gros une analyse zemmourienne de comment sortir du paradigme post 1968 et son délire sociétal libertaire; MMLP en France dénonce où l'on va tout droit! C'est sûr que Trump comme MLP ne parle pas des sujets qui fâchent.

  • Par vangog - 25/03/2016 - 23:04 - Signaler un abus Jed Bush ou le vote par défaut...

    Les politiciens américains semblent avoir été frappés du même mal que nos politiciens archaïques français, "le vote par défaut!"... Leur manque de conviction est tel qu'ils ne choisissent plus un politicien pour ses qualités, mais ils ne savent plus qu'appeler à voter contre celui qu'ils haïssent le plus. On pourrait leur donner des conseils, en France, avec nos trois derniers Présidents élus par défaut ( de même que celui de 2017): un pur succès!

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Gérald Olivier

Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour  occuper le poste de rédacteur en chef au  mensuel Le Spectacle du Monde.  Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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