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Programme du PS :
où sont les questions de fond ?

C'est ce mardi 5 avril qu'est présenté officiellement le programme du Parti socialiste pour la présidentielle 2012. Les principales propositions du texte ont déjà fuité dans la presse. Julien Landfried les a lues. Secrétaire national du Mouvement républicain et citoyen fondé par Jean-Pierre Chevènement, il livre pour Atlantico son regard sur ce programme.

Objectif 2012

Publié le - Mis à jour le 7 Avril 2011

Il faut être jésuite pour remarquer des différences significatives entre le projet du PS pour 2012 (dont les principales propositions ont déjà été publiées dans la presse) et ceux qu’il présenta lors des deux dernières élections présidentielles de 2002 et 2007.

Fuite dans le financements public de l’emploi (avec de nouveaux « emplois jeunes »), création de nouvelles allocations (« allocation d’autonomie » pour les jeunes), vœux pieux (l’égalité salariale homme-femmes), concessions aux Verts sur l’énergie nucléaire, poursuite de l’« irreal politik » européenne (proposition d’un emprunt européen dont nul ne veut pour le moment), réforme fiscale déconnectée du cadre de la globalisation financière : on a peine à croire qu’autant d’esprits brillants ont participé à l’élaboration d’un projet aussi faible, qui semble « en apesanteur », comme déconnecté de la réalité.

Quand le PS divorce des classes populaires et moyennes

A l’heure où la social-démocratie européenne est partout en crise, rudoyée par son électorat historique (ouvriers et employés), le Parti socialiste ne semble pas prendre la mesure du divorce des classes populaires et moyennes d’avec ses orientations social-libérale et multiculturaliste. Celles-ci, il faut le souligner, ne sont pas assumées franchement dans un texte qui préfère éluder les questions qui fâchent.

La crise de l’euro ? Elle sera résolue par une introuvable solidarité budgétaire européenne, dont les Allemands ne veulent pas. A moins que le gouvernement d’Angela Merkel (et son opposition social-démocrate) ne fasse à Dominique Strauss-Kahn, François Hollande ou à Martine Aubry des concessions qu’il refusait à Nicolas Sarkozy. Dans ce cas, il faudrait nous expliquer par quel miracle cela se produirait.

La désindustrialisation de l’économie française ? Une politique industrielle européenne y remédiera ! Mais celle-ci existe déjà, et permet à la Commission européenne de désarmer les groupes européens dans la compétition mondiale sous prétexte de respect de la concurrence, et à l’Allemagne de concentrer les activités industrielles et les excédents commerciaux qui leur sont associés. Une politique industrielle « française », alors ? Non, répondent les socialistes, car elle serait alors… « française », ce qui semble devenu un gros mot. Le niveau intolérable du taux de change de l’euro face au dollar et au yuan chinois n’est même pas évoqué alors qu’il constitue le premier problème à régler pour conserver un tissu industriel digne de ce nom.

Le projet socialiste n'augure rien de bon...

La critique du libre-échange, facteur de déflation salariale ? « Nous ne sommes pas protectionnistes » répond le projet socialiste décidément bien soucieux de ne pas effaroucher les partisans du néo-libéralisme en préférant parler d’« écluses ». Mais si ces dernières ne sont pas « protectionnistes », on a alors peine à comprendre comment les salaires pourront augmenter avec un monde du travail broyé par la concurrence des armées industrielles de réserve à bas salaires des pays d’Europe de l’Est ou d’Asie.

L’immigration et l’insécurité, marqueurs identitaires du vote des classes populaires et désormais moyennes ? Certes, l’État devrait bénéficier de moyens et d’effectifs supplémentaires de policiers et de magistrats, mais qui ne voit que la définition d’une politique d’immigration suppose de faire des choix courageux qui ne se résument pas à la dimension « humanitaire » du problème ? Quant à l’insécurité, elle ne saurait être réduite aux conséquences de la pauvreté ou des discriminations, mais interroge le dérèglement civique d’une société fragmentée culturellement, dérivant vers le séparatisme.

Le rejet de Nicolas Sarkozy est tel qu’une victoire de la gauche est envisageable en 2012. Mais le projet du PS tel qu’il est détaillé aujourd’hui n’augure rien de bon pour un exercice du pouvoir qui aurait dès lors l’allure d’une navigation à vue. L’échec gouvernemental à venir préparerait alors probablement la voie à un rapprochement entre le Front national et une UMP radicalisée en 2014.

 
Commentaires

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  • Par benj117 - 05/04/2011 - 12:31 - Signaler un abus c'est clair!!!

    on était déja dans le kaka!!!! Mais alors 2012, ca sera en effet l'apocalypse!!! parce que malheureusement, ca sera bien la Gauche qui sera au pouvoir!!!

  • Par ropib - 05/04/2011 - 14:51 - Signaler un abus Désaccord sur le fond

    Ok pour ne pas être d'accord sur le fond, mais ce n'est pas parce qu'on écarte comme vous le faites les réponses aux questions de fond qu'elles n'existent pas. Je pense que l'UMP, et heureusement, a autre chose à proposer que des "dont personne ne veut", "fuites", "concessions" ou anti-slogans "irreal politik" contre ce programme. Être en désaccord, mais être sérieux quand même.

  • Par ddlinotte - 06/04/2011 - 10:49 - Signaler un abus Pas mal

    mais toutes leurs idées ne sont pas idiotes. Mais je préfère un programme avec des idées, certes utopiques, qu'un programme anti sarkozy. cependant ca ne règle pas tout. La gauche n'a pas encore compris qu'augmenter les impôts tirera la France vers le bas. Je ne veux pas d'une France comme ça. c'est vers le haut le bon choix et pour ça, il faut des idées de notre temps et non démagogique.

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Julien Landfried

Julien Landfried est porte-parole de Jean-Pierre Chevènement.

 

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