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Pourquoi la rentrée scolaire 2013 est une bombe à retardement budgétaire

Avec le réaménagement des rythmes scolaires, Vincent Peillon a instauré un ensemble d'activités périscolaires. Mais la question du financement de ces activités pose problème, un très gros problème, qui pourrait bien exploser au visage de la France.

Ecole gratuite... ou pas

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Pourquoi la rentrée scolaire 2013 est une bombe à retardement budgétaire

Le ratio est d'un encadrant pour 15 élèves en moyenne. Crédit Capture d'écran

Le 4 Septembre – jour fondateur de la République en 1870 – sera donc le jour de la rentrée pour près de 12 millions d'élèves et 800.000 enseignants. Au total, plus de 10% d'entre eux (1,34 million pour être précis) seront placés sous le nouveau régime de la semaine de 4,5 jours.

D'abord, chacun imagine la complexité de la vie quotidienne pour les parents qui auront des enfants sous les deux modes d'organisation de la semaine. Par exemple, ceux qui sont en internat, etc. Au-delà des difficultés concrètes d'adaptation de la vie des familles, la réforme Peillon semble, à première vue, relever du bon sens. Tout le monde est à peu près d'accord pour conclure que les rythmes scolaires français étaient trop denses et qu'il fallait les aménager tout en y incorporant des activités complémentaires dites périscolaires.

Ne pensez-vous pas que cette migration interne au système éducatif méritait d'être mise en place posément ? D'être pesée au trébuchet car elle entraîne plus de conséquences qu'il n'y parait depuis Paris et un bureau fût-il ministériel. Les villes gérées par des élus socialistes de renom tels que Lille, Lyon ou Strasbourg ne s'y sont pas trompés et ont différé l'application de cette réforme en 2014 et non à la rentrée 2013.

Par-delà cette improvisation où bien des élèves vont essuyer les plâtres de la précipitation politique de la rue de Grenelle, il faut être clair : le ministre Peillon, pourtant agrégé de philosophie, a énoncé un problème mathématique aussi bref qu'insoluble. Il a clairement posé une équation inégale selon les familles et les communes et cela est fort choquant pour un homme soi-disant attaché à un idéal républicain.

Dans environ 4000 communes, la formule du retour de l'école le mercredi matin l'emporte sur le samedi que moins de 30 écoles ont retenu. Alors que l'on nous jure que les dépenses de l'Etat vont se stabiliser voire décroître, cette réforme est une création de charges qui aura un impact sur les taxes locales, comme par hasard juste après les élections municipales.

La multiplicité des activités périscolaires proposées est assez impressionnante : digne d'un inventaire à la Prévert. Quatre fins de journée par semaine, certains élèves s'initieront au basket, d'autres au modélisme ou au poney comme à Feyzin où le ministre s'est rendu. Tout ceci peut déboucher sur du positif comme sur un gigantesque bazar : il est évidemment prématuré pour le dire et même pour formuler des hypothèses. En revanche, un domaine de certitudes existe : il faut nécessairement du personnel et des moyens pour encadrer ces activités. Le ratio avancé est d'un encadrant pour 15 élèves en moyenne (14 en maternelle et 18 en cours élémentaire). On conçoit vite le chiffrage pour certaines villes.

Le ministère a posé deux principes : la gratuité pour les familles et une somme de 50 euros par enfant alloué par l'Etat aux communes. En fait, ce principe de gratuité n'est d'ores et déjà pas respecté dans de nombreuses communes. Ainsi, certaines familles devront s'acquitter de 30 euros par an et par enfant. Sans compter d'éventuels surcoûts de ramassage scolaire puisque certaines tournées vont devoir être réaménagées.

Vincent Peillon a cherché à stimuler la créativité des enfants et leur épanouissement par l'instauration d'activités périscolaires. Mais trop de liberté d'application finit par tuer le bon sens : ainsi, à Paris, il est recensé 7 700 projets d'ateliers, ce qui laisse rêveur.

Sur le fond, monsieur Peillon s'est précipité et se découvre comme une sorte de péagiste d'autoroute : au début on prend un simple ticket d'entrée, à la sortie on paye ! C'est exactement ce que les feuilles d'impôts locaux 2014 (ou 2015) mentionneront tandis que l'inégalité sera dans les faits. Pour une famille modeste de trois enfants, 90 euros de plus pour le budget éducatif n'est pas une somme négligeable. Si Vincent Peillon est encore ministre lorsque ces difficultés se verront clairement, comptons sur lui pour concocter une péréquation incompréhensible et aussi complexe que ce qui vient d'être initié dans la précipitation. Les TAP ( temps d'activités périscolaires ) sont d'abord un nouveau foyer d'inégalités internes aux familles et aux communes.

 
Commentaires

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  • Par Opinion7 - 03/09/2013 - 09:54 - Signaler un abus Financement des idees

    Comme souvent l'idee a la base n'est pas mauvaise mais cela peche au niveau du deploiement et le ministre avec son ministere ne s'inquiete pas des couts engendres par ces reformes. Il embauche des profs a la pelle, les payer ce n'est pas son probleme... Que cela augmente structurellement les depenses de l'Etat est le cadet de ses soucis.

  • Par georges31120 - 03/09/2013 - 10:02 - Signaler un abus Comme d'habitude,

    les socialistes mettent en place des réformes et réfléchissent après pour leur financement et les,s moyens de les mettre en place, évidement, toujours sans consulter les principaux intéréssés.Et tant pis pour les dègats...

  • Par Angath - 03/09/2013 - 11:18 - Signaler un abus En résumé

    Soit j'ai les moyens de payer des activités correctes pour mes enfants ou j'ai la possibilité d'arranger mon temps de travail et la tout va bien pour mes gosses. Soit j'ai pas les moyens et mes gosses vont pourrir en "garderie avec la diversité" a faire des activités genre hiphop ou initiation à l'arabe moderne. Perso j'ai les moyens donc je m'en fous.

  • Par la saucisse intello - 03/09/2013 - 11:42 - Signaler un abus @ Angath.......

    "pourrir en garderie avec la diversité" ! J'adore l'expression ! Et de plus, c'est tellement vrai ! Mais attention, vous n'allez pas vous faire que des ami(e)s ! Mais je suppose que vous vous en foutez aussi.....ce en quoi vous avez raison !

  • Par charlesingalls64 - 03/09/2013 - 11:53 - Signaler un abus Tout est décidé rien n'est budgeté.

    Le socialisme à crédit continue..... Une seule chose est sure : Peillon et sa clique, eux, ne paieront rien.

  • Par Tampon-et-Caramel - 03/09/2013 - 12:47 - Signaler un abus 15 élèves par prof ?

    12 millions d'élèves pour 800 000 profs : moyenne de 15 élèves par prof. On est loin des classes surchargées !!! Le discours des classes surchargées à 25-30 élèves signifierait que 40% des profs ne sont pas devant les élèves ? Où sont-ils alors ?

  • Par jerem - 03/09/2013 - 12:59 - Signaler un abus un milliards en assedic d'intermittents c'est nettement mieux

    il est vrai que la situation actuelle mise en place a la va vite par Darcos et sa semaine de 4 jours est un gros plus. pendant ce temps les intermittents qui cotisent 1 et recoivent 6 et coutent chaque année depuis plus d'une décennie 1 milliard de déficit aux assedics, ce serait dommage de ne pas faire durer le plaisir .... il est nettement préférable que le regime du privé (entreprises et salariés ) cotisent pour fiancer ce déficit au lieu d'augmenter pour tous le cout d'une activité qui evite les errements le mercredi pour des trafics en tout genre oui il y a aura un peu moins de gavage publicitaire devant sa télé .... c'est triste ...

  • Par 2bout - 03/09/2013 - 13:41 - Signaler un abus Vive la vision socialiste du progrès !

    Trop fort !!! On ne savait pas quoi foutre des intermittents et comment justifier le coût de leurs prestations ASSEDIC : c'est réglé, et il y aurait même de quoi susciter des vocations. La réalité est que l'on s'engage vers une éducation à deux vitesses. Ceux qui pourront s'offrir le privé, et les autres. Du coup, le budget de l'Education Nationale va se réduire mécaniquement par la baisse des moyens alloués au secteur public engendrée par une moindre fréquentation de ses établissements. Vont augmenter : les taxes locales et la partie du budget des familles consacrée à l'éducation de ses enfants, mais comme Jerem l'écrit, pendant ce temps notre progéniture ne se goinfrera pas sur le canapé ou devant son PC.

  • Par de Kercohan - 03/09/2013 - 14:37 - Signaler un abus nous ne sommes pas un pays normal

    En effet, dans n'importe quel pays normal, ce que vous appelez les TAP (temps d'activités périscolaires) seraient assurés par le personnel - payé, faut-il le rappeler - enseignant ou administratif de l'Education nationale. Mais, voilà, pendant ce temps-là, ces messieurs (plus beaucoup) et dames (trop, bien trop) vaqueront à leur occupations qui, elles, ne sont pas périscolaires...

  • Par jean fume - 03/09/2013 - 15:20 - Signaler un abus une bombe à retardement budgétaire ?

    Comme tout ce qui se fait en Socialie. Rien de nouveau sous le soleil.

  • Par 2bout - 03/09/2013 - 15:41 - Signaler un abus L'intermittent,

    libre de tout contrat puisque sans talent, impudique, vecteur d'idéologie, missionné contre le temps libre, enfin adoubé par les princes bobos socialo-écologistes. Mais sous l'habit de l'illusionniste trouverait-on le pantin de bois ? La magicienne de verte vêtue serait-elle prête à voter une riposte militaire contre la Syrie ? De toute expérience, leçon est bonne à tirer. Nos enfants à la récré seront-ils plus réactifs que nous ?

  • Par Gégé Foufou - 03/09/2013 - 18:38 - Signaler un abus A ATLANTICO

    Atlantico je vous aime bien bien mais vous voyez des bombes partout qui n'explosent jamais c'est chiant

  • Par GOGO - 03/09/2013 - 22:58 - Signaler un abus école gratuite ?????????????????????? et pour info

    pour un petit français de 5 ans et plus fréquentant le "prolongement du service public français de l'éducation nationale " (sic) au Maroc :il en coûtera 2500 € pour l'année scolaire . Vous avez bien lu : 2500 €/an Donc pas gratuit mais pas perdu pour tout le monde ! ex :prof certifié à 8000€/mois re-sic

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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