Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 26 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pourquoi les parents norvégiens envoient leurs enfants dans des faux camps de réfugiés

Pendant 24h, dans des camps, ils vivent la dure réalité du quotidien des migrants. L'objectif est de montrer les conditions difficiles dans lesquelles sont contraints de vivre les réfugiés.

Underdog Complex

Publié le
Pourquoi les parents norvégiens envoient leurs enfants dans des faux camps de réfugiés

Pays du prix Nobel de la paix, engagé pour la défense des droits de l’homme, état providence loué encore il y a peu comme un modèle par beaucoup de démocraties, la Norvège ressemble pourtant de moins en moins à un pays de cocagne. Cette pétromonarchie scandinave broie désormais de l'or noir en subissant de plein fouet la baisse continue du prix du baril de pétrole.

Le pays change rapidement et durcit sa politique envers les réfugiés. En tablant sur l'arrivée de 10 000 à 100 000 réfugiés en 2016, la Norvège resserre l'étau sur sa politique d'accueil pour éviter de mettre en péril son système de protection sociale.

Mais pour conserver de l'humanité dans cette politique plus rectrictive, elle sensibilise parallèlement ces citoyens aux conditions de vie des migrants. La Norvège a donc décidé d'envoyer ses enfants dans de faux camps de réfugiés, comme le relate le Washington Post.

Donner aux ados une vision du monde

Ces faux camps ont été créés avec le soutien d'une organisation de soutien aux réfugiés de Norvège. L'objectif du projet est de montrer aux enfants les conditions difficiles dans lesquelles sont contraints de vivre les migrants. « En organisant ces camps, nous espérons donner aux adolescents une vision du monde plus large et leur montrer à quel point ils ont de la chance d'habiter un pays aussi paisible que la Norvège », a déclaré Kenneth Johansen, directeur de l'organisation qui gère ce projet.

24 heures sur la route

Dans une forêt sombre et enneigée, deux véhicules militaires font tonner leurs sirènes pour réveiller ceux qui viennent de s'assoupir. Épuisé, le groupe doit rapidement remballer le camp et reprendre sa marche de nuit. Ces adolescents vont passer 24 heures sur la route, en vivant dans les mêmes conditions que les réfugiés, explique le site norvégien The Local. Dans un pays où les adolescents se promènent souvent avec des sacs à main de luxe et les derniers iPhones, l'objectif est de sensibiliser et de donner aux jeunes un aperçu de ce que vivent des millions de personnes beaucoup moins privilégiées qu'eux.

Se dissimuler et ignorer la faim

"Je déteste ma vie", gémit une jeune fille au sein du groupe, dont certains dorment debout. Le "camp de l'ONU" où ils pensaient qu'ils avaient trouvé refuge pour la nuit vient d'être "attaqué". Dans l'obscurité, avec des températures oscillant autour de zéro, ils doivent ignorer leur faim et plonger dans des congères pour se dissimuler aux lueurs des phares de voitures qui trouent un ciel sans lune. Leur voyage a débuté environ 12 heures plus tôt dans un camp militaire désaffecté près de l'aéroport d'Oslo, à seulement un jet de pierre d'un centre de détention (réel celui-ci) pour étrangers illégaux en attente d'expulsion. Leurs montres et leurs téléphones mobiles confisqués, ces adolescents ont été regroupés en familles devant fuir des troubles dans un Soudan fictif, franchissant des frontières imaginaires, afin d'atteindre la Norvège pour demander l'asile.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Aetius451 - 18/03/2016 - 13:37 - Signaler un abus une certaine idée du mépris

    Typiquement une idée de bobo 'bêtement compatissant'! Le problème n'est pas celui de la nécessaire humanité à l'égard des réfugiés sur laquelle tout le monde peut être d'accord, mais celui de la déstabilisation profonde des pays européens avec les risques de guerre, civile ou autre, qu'elle implique à terme. Il serait plus judicieux de proposer aux norvégiens, jeunes et moins jeunes, eux qui n'ont pas connu la guerre, une simulation de 'tranche de guerre' que mes parents ont connue 'en vrai': fuite sous les bombes et le feu des mitrailleuses, épuisement, faim, brutalités, représailles, pelotons d'exécution, déportations, disparition de nombreux parents et amis. Au terme de la guerre, personne n'est venu pour indemniser, simplement compatir ou s'excuser. Ils ont eu juste le droit de retrousser leurs manches, de se remettre au boulot et de la fermer. C'est à eux et, de plus en plus hélas, à leurs enfants que certains sombres idiots prétendent donner des leçons, voire se permettent de leur cracher à la figure. C'est tout simplement méprisant et méprisable.

  • Par vangog - 18/03/2016 - 23:04 - Signaler un abus Si ces crétins étaient réellement compatissants...

    Ils auraient décidé combien ils désiraient de migrants (avant la chute des cours du brut, c'était plus facile), et ils auraient envoyé à l'ambassade de Norvège à Istambul, autant d'allers directs Istamboul-Oslo par avion ( 240 Euros sur go-voyage...). Cela aurait évité à des milliers de migrants de risquer leur vie sur les routes de la social-démocratie norvégienne, et de se voir claquer la porte au nez, lorsqu'ils sont presque au bout du "voyage", et parceque la Norvège est désormais "pleine"...obscurs crétins gauchistes, va!

  • Par Deudeuche - 19/03/2016 - 07:54 - Signaler un abus Anders Breivik est certe un criminel idéologue sans pitié

    mais je comprends maintenant d'où venait son délire assassin contre la société Bobo norvégienne. Wouah! graves les gens, on comprend aussi d'où vient une Eva Joly!

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Je m'abonne
à partir de 4,90€