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Pourquoi il faut beaucoup plus de discipline que de renoncer seulement à son ordinateur et son portable pour s'affranchir de toute surveillance

Face aux révélations en série sur les méthodes de surveillance de la NSA, certains d'entre nous sont tentés d'éteindre leur téléphone, leur ordinateur et de disparaître des réseaux sociaux. Malheureusement, il ne suffit pas de se "déconnecter" pour échapper à la surveillance, désormais omniprésente.

Tous espionnés ?

Publié le 23 octobre 2013
 

 Crédit Reuters

Atlantico : Face aux nombreuses révélations quant aux méthodes de surveillance de la NSA, certains sont tentés d'éteindre téléphone et ordinateur ainsi que de fermer leurs comptes Facebook ou Twitter. Mais cela suffit-il à échapper toute surveillance ?

François-Bernard Huyghe : Avant tout, ce programme de déconnexion me semble difficile à réaliser car nous sommes addict à internet. Le système d'interception de Prism ou XKeyscore est un système global qui travaille sur les opérateurs, pose des micros, etc. On est dans un traitement de milliards de données dont certaines sont mises en ligne par les personnes elles-mêmes. Il existe des méthodes de cryptologie, on peut utiliser des VPN - un réseau privé virtuel - qui sont des circuits de communication ou encore des téléphones anonymisés qui peuvent aider à se protéger mais cela prend une énergie considérable. 

Quand bien même vous renonceriez à internet, on saura des choses sur vous. Il y a d'ores et déjà des données chez les fournisseurs d'accès ou présentes dans le cloud aux Etats-Unis. Même si on tente d'échapper à la surveillance par tous les moyens, on finit par se relâcher. Il existe bien sûr des systèmes d'anonymisation comme le réseau Tor... Mais il faut être paranoïaque pour prendre toutes ces précautions.

Franck Ebel : Il y a beaucoup de moyens de faire de la surveillance, il n’y a pas que les réseaux sociaux. Des personnes derrière les murs de la maison avec des ondes signalétiques arrivent à reproduire sur un écran extérieur ce qu’il y a sur un écran intérieur. On trouve toujours le moyen de surveiller.

Quels sont les modes de surveillance utilisés aujourd’hui pour « tracker » la population online mais surtout offline ?

Franck Ebel : Il y en a plusieurs. Tous les paiements sans contact ou paiement en carte bleue, dès lors qu’on met nos coordonnées quelque part sont un mode de surveillance. Les téléphones ont tous maintenant un système GPS par lequel il est possible de repérer le déplacement d’une personne. Des pièces discrètes et peu onéreuses comme des pièces GPS qu’il suffit de déposer permettent également de suivre quelqu’un à l’aide d’un logiciel spécialisé. Et tout ce se trouve sur internet et est facile à acheter - pas toujours légalement. Les radars, les caméras de surveillance sont également des outils qui permettent la surveillance et le repérage.

François-Bernard Huyghe : Le portable géolocalise le lieu où vous vous trouvez, on peut même envoyer un SMS invisible qui oblige le portable à se connecter à des bornes. Il existe également le système d'écoute discrète : c'est à dire un système qui permet d'activer à distance un téléphone et qui fonctionne comme un micro d'ambiance. Ainsi, tout ce qui est dit est enregistré. Parmi les autres modes de surveillance, le simple pass Navigo permet de savoir à quelle station vous êtes monté. Payer avec une carte bleue permet de voir qui a franchi tel péage, qui a acheté quoi à quel endroit, etc. Lorsque vous tirez de l'argent, une caméra vous voit. Plus vous utilisez des technologies personnalisées, plus vous laissez des traces informatiques. 

Ce qui fait peur dans la surveillance, c'est qu'on rapproche toutes les données : on établit des relations entre conversations Facebook, liens, conversations téléphoniques... Il s'agit d'un outil sociologique de prédiction incroyable.

 


Commentaires

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  • Par nEtRICk - 26/10/2013 - 23:26 - Signaler un abus La société j'menfoutiste !!!!

    J'ai eu mon premier mobile, un Ericssson 197, (qui fonctionne toujours !!!), en 1991. Je l'ai installé de suite, avec le kit "mains.libres" sur ma
    voiture, avec d'innombrables problèmes, avec les opérateurs, plus ou
    moins malhonnètes ou incompétents les uns que les autres. Un désastre
    et une accumulation d'escroqueries et d'abus.Depuis 2007,j'habite en Finlande et bénéficie d'un service super 4G, Chinois et Coréen.
    Le SMS a été inventé par un Finlandais, qui travaillait sous le controle de mon épouse, Finlandaise aussi aux PTT Finlandaises de l'époque !

  • Par Le gorille - 23/10/2013 - 21:20 - Signaler un abus Trop d'infos

    Pas de problèmes : les services sont noyés sous l'info.
    Alors, profil bas, et vous passez inaperçu, même scruté à la loupe 24h/24 !

  • Par Le gorille - 23/10/2013 - 21:20 - Signaler un abus Trop d'infos

    Pas de problèmes : les services sont noyés sous l'info.
    Alors, profil bas, et vous passez inaperçu, même scruté à la loupe 24h/24 !

  • Par yavekapa - 23/10/2013 - 10:06 - Signaler un abus Avec moi ils vont perdre leur temps

    ils peuvent licencier.
    You can fire some of your employees (pour la NSA).

  • Par walküre - 23/10/2013 - 08:27 - Signaler un abus Bombe, tour, avion

    Rien que ce titre va affoler les aiguilles chercheuses américaines.

  • Par Gégé Foufou - 23/10/2013 - 08:22 - Signaler un abus Ils me font marrer

    Moi ils peuvent m'espionner mes SMS n'ont pas une grande portée politique, exemples
    T'es où?
    Penses à acheter une baguette
    Il y a du courrier ?
    On mange quoi ce soir?
    Tu rentres à quelle heure ?
    Etc etc
    Quand aux politiques, journalistes, hommes d'affaire, etc, ils savent depuis des lustres les risques des moyens de communication modernes et ceux qui n'y font pas attention c'est bien fait pour leur tronche de se faire espionner.

  • Par Lennart - 23/10/2013 - 08:10 - Signaler un abus @léonard simon

    Je ne sais pas si ils cherchent à nous informer mais on sait au moins que l'un d'entre eux a écrit beaucoup d'ouvrages c'est peut être cela la véritable information ;)

  • Par léonard simon - 23/10/2013 - 06:56 - Signaler un abus inutile

    cette embryon d'article est creux et sans intérêt; Il n'apprend rien de nouveau . Aucun intérêt.

Franck Ebel et François-Bernard Huyghe

Franck Ebel est enseignant à l’université de Valenciennes, commandant de gendarmerie réserviste et spécialiste de la lutte anticybercriminalité et expert en failles applicatives. Il a créé la licence professionnelle « ethical hacking » appelée CDAISI, la seule en France en sécurité dite offensive.

François-Bernard Huyghe est directeur de recherches à l’IRIS. Il enseigne sur le campus virtuel de l’Université de Limoges, au Celsa Paris IV à l’IRIS et à l’Institut des Hautes Études Internationales.

Spécialiste des stratégies de l'information (chercheur à l'Iris responsable de son Observatoire Géostratégique de l'Information) il est l'auteur de nombreux ouvrages - dont La Soft-idéologie (R. Laffont ), "l'Ennemi à l'ère numérique" (PUF),  "Comprendre le pouvoir stratégique des médias" (Eyrolles), "Maîtres du faire croire de la propagande à l'influence" (Vuibert) ou "Les terroristes disent toujours ce qu'ils vont faire". (avc A. Bauer, PUF). Son dernier ouvrage : Terrorismes, Violence et Propagande (Gallimard). Son site internet est le suivant : www.huyghe.fr

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