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Pourquoi la chute du commerce extérieur français doit beaucoup au niveau de qualité de nos produits

La France est malade de son commerce extérieur. Les derniers chiffres viennent confirmer cette situation qui dure depuis plus d'une décennie.

Französisch Qualität

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Pourquoi la chute du commerce extérieur français doit beaucoup au niveau de qualité de nos produits

Concrètement, hors importations pétrolières, notre déficit s'élève à 34,6 milliards d'euros. Pris dans son ensemble, le chiffrage est fort préoccupant : 48,1 mds en 2016 et 45,7 mds de déficit en 2015.

C'est par conséquent une tendance lourde qui conduit certains économistes et certains politiques à pointer du doigt le volume de nos importations.

Imaginons que le siège principal de la question se situe effectivement du côté des importations, cela signifierait que les Français accordent peu de cas au " made in France " et une propension excessive à consommer étranger.

La réalité est plus complexe.

Tout d'abord, dans bien des produits français, on trouve des intrants étrangers. A hauteur d'au moins un tiers en moyenne. Puis, nous avons un système fiscal qui fait, à son corps défendant, la part belle à l'importation. Prenons un cas d'actualité, la future hausse de près de 20 milliards de la CSG est un cadeau indirect pour les importations qu'elle ne frappera pas contrairement à la Tva dite sociale qui, elle, aurait impacté tous les prix de tous les produits.

Autrement dit, nous aurions intérêt à revisiter notre dispositif fiscal ( les impôts sur la production ) et à garder en mémoire qu'un équilibre commercial est un clignotant essentiel d'une économie moderne.

Pour ma part, attaché à une liberté du commerce version GATT plutôt que OMC, j'estime que notre déficit commercial a des racines côté exportations.

Premier élément, nous devons monter en gamme. Chacun peut prendre un exemple illustratif. Pour ma part, je suis bien obligé de constater que VW a su, en dix ans, transformer Skoda en un constructeur très compétitif au point que ses modèles haut de gamme dépassent nettement le standing, la fiabilité et le design de nos modèles nationaux. Qui se souvient de l'échec de la fusion en 1988 entre Volvo et Renault ? D'un côté, il y avait une armée de sceptiques qui vilipendaient le projet de Raymond Lévy. D'un autre côté, il y avait des visionnaires qui voulaient adjoindre un constructeur de niche haut de gamme ( Volvo ) à un constructeur de volumes. Le modèle vainqueur du type Audi / VW !

Objectivement, il y a plus d'un écart de compétitivité entre une Volvo et une Renault. Clairement, le rapport Gallois était parcellaire. Voir notre texte assez détaillé de 2012.

Focalisées sur la compétitivité par les prix, les décisions issues du rapport Gallois du type CICE n'ont que restauré " à la marge les marges d'exploitation " et n'ont pas apporté de pleine puissance aux notions d'investissements et d'emplois. L'investissement qui repart, c'est le fruit du dispositif fiscal avantageux de surinvestissement hélas abandonné en avril 2017.

Il est donc regrettable que les foyers de compétitivité hors-prix n'aient pas fait l'objet d'un travail aussi exhaustif que celui réalisé par Louis Gallois.

Une étude remarquable de la Direction du Trésor de janvier 2014 permettait d'établir un lien entre nos faiblesses exportatrices et nos carences dans le hors-prix.

 
Commentaires

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  • Par totor101 - 13/08/2017 - 11:10 - Signaler un abus ON SE REVEILLE ?

    - Dans les années 60-70, nous avons perdu tout notre marché des machines outils ! - En même temps les délocalisation grimpaient en flèche ! - Les "normes" qualité des années 90 ont eu pour résultat de mettre en place une hiérarchie parallèle à celle d'origine. Résultat : - Les couts de structure des ateliers ont doublé ! - Il est devenu IMPOSSIBLE d'améliorer un poste de travail pour un petit gain de productivité ou une amélioration ergonomique : La norme c'est la loi ! J'ai été directeur d'usine et TOUS LES JOURS, avec l'encadrement nous faisions 5 ou 6 améliorations (toutes petites) mais quand même environ 1200 dans l'année... Maintenant on peut faire une "réforme" par an et cela coute un bras ! ! ! ! QU'ONT FAITS NOS ZELUS ? ? ? ?

  • Par vangog - 13/08/2017 - 11:32 - Signaler un abus Quarante années de politique gauchiste...

    les atteintes à la qualité et au travail de groupe sont innombrables et irréparables. La France savait travailler, créer et faire "qualitatif", il y a quarante ans. Mais quarante années de politique neo-trotskyste ont sappé le tissu industriel Français. Sans parler de certains fleurons industriels littéralement démontés par la gauche, avec l'aide active des syndicats neo-trotskystes, on peut citer l'industrie nucleaire, l'industrie pharmaceutique, l'industrie automobile...dont l'innovation et le progrès qualitatif ont été littéralement stoppes par l'ecolo-gauche idéologique et sectaire! Dans la Pharmacie, innovation et qualité allaient de pair, avant gauchisme. Tout a été stoppé par les politiques irresponsables de découragement de l'offre de soin par la SS, depuis l'ineffable Juppé. Aujourd'hui, les créateurs en chimie sont devenus des "créatifs en marketing", qui changent la couleur des boîtes de médicaments, font de la copie facile, et passent plus de temps à s'adapter aux normes fécondes d'une UE en pleine soviétisation, qu'à imaginer l'avenir...d'où perte de qualité, perte de croissance, et dépeçage par le capitalisme de connivence Goldmann-Sachs de notre tissu industriel!

  • Par Liberdom - 13/08/2017 - 13:03 - Signaler un abus Francocratie-

    Touts les défauts : rapports détestables entre patronat et ouvriers entretenus par des syndicats communiste-patronat rétrograde-monceau de règlements et d'obligations qui font qu'une entreprise produit plus de papiers et formulaires que de produits vendus-dizaines de taxes et de prélèvements qui plombent le prix.... Quand on a tout faux on crève....

  • Par Olivier62 - 14/08/2017 - 15:31 - Signaler un abus Culture d'entreprise défaillante

    Il y a beaucoup de causes, mais les habitudes de management des cadres français y sont pour beaucoup : la plupart d'entre eux sont embauchés sur la foi de diplômes (qu'ils ont obtenu ou pas) et de CV bidonnés, où les gens racontent ce qu'ils veulent. Une fois dans l'entreprise la promotion se fait exclusivement sur la base de l'intrigue, du copinage, et "à la tête du client". Le résultat est que les cercles dirigeants se peuplent de carriéristes totalement irresponsables, en réunion éternelle où on évite soigneusement de prendre des responsabilités et où ne fait que de la stratégie personnelle. La productivité réelle ne compte absolument pas. Peu à peu la direction perd le contact avec le réel -auquel elle ne s'intéresse que très peu il est vrai.

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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