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Petit papa Noël, accorde nous ces réformes vitales que le gouvernement pourrait faire sans sortir de son logiciel idéologique

Cette semaine, Pascal-Emmanuel Gobry propose plusieurs solutions qui donneraient un coup de fouet incroyable à l'économie française.

Le nettoyeur

Publié le 21 décembre 2012
 
Pascal-Emmanuel Gobry : "Croire au Père Noël a peut-être plus de sens que de croire que l'Etat pourrait adopter une politique économique conforme à l'intérêt général du pays".

Pascal-Emmanuel Gobry : "Croire au Père Noël a peut-être plus de sens que de croire que l'Etat pourrait adopter une politique économique conforme à l'intérêt général du pays".  Crédit Reuters

Croire au Père Noël a peut-être plus de sens que de croire que l’Etat pourrait adopter une politique économique conforme à l’intérêt général du pays. Parfois on se dit que notre politique économique n’a pas de sens, mais elle en a un : la protection d’intérêts sectoriels, parfois un peu différents selon que la gauche ou la droite est au pouvoir, mais qui répondent tous au même adjectif : rentiers.

Seulement voilà. L’heure est grave. Il n’y a pas seulement la crise et la politique monétaire destructrice de la BCE. La France est aux prises avec une crise morale profonde. Sans retour de la croissance, cette crise, la vraie, continuera de pourrir le pays. Il faut à la France une politique économique conforme à l’intérêt général, et plus aux intérêts particuliers.

Dans cette chronique du Nettoyeur, j’ai souvent émis des propositions allant dans ce sens. Pour Noël, je reprends ici celles qui sont les plus compatibles avec le “logiciel” du parti au pouvoir.

La politique monétaire, d’abord. La BCE est formellement indépendante, mais la France est un des piliers de l’Union européenne et peut exiger un changement de politique. C’est absolument nécessaire et urgent. Pour des raisons obscures, la politique de la BCE maintient l’Union européenne dans le marasme économique. Alors que les autres banques centrales innovent, la BCE reste à des idées discréditées depuis les années 30.

La politique budgétaire, ensuite. A peine arrivé au pouvoir après avoir fait campagne contre l’austérité (toute relative) sarkozienne, le Parti socialiste a tout d’un coup oublié le keynésianisme qui, paraît-il, est sa doctrine économique privilégiée. Presque tous les économistes sont d’accord, et l’exemple de nombreux pays le montre, une politique d’austérité en récession est désastreuse. Il n’y a pas de crise de la dette, la France peut emprunter et ce qu’il faut aujourd’hui c’est des gros déficits. Le gouvernement peut réformer le code des impôts en supprimant la plupart des niches fiscales et en baissant les taux. Il peut aussi faire des baisses d’impôts massives qui bénéficieront au plus grand nombre et pas aux riches : baisse des charges sur les salaires, notamment ; une vraie baisse d’impôts, pas une “TVA sociale” qui tuerait encore plus la consommation, moteur de l’économie et de l’innovation. Ce qui ferme les déficits c’est la croissance. La politique budgétaire doit d’abord promouvoir la croissance.

Déjà, si on avait ça, ça serait beaucoup. Ca serait énorme.

Après les deux piliers, monétaire et budgétaire, le troisième pilier est l’innovation. Seules les exponentialités de l’innovation peuvent relancer la croissance en France. L’Etat a un rôle à jouer. D’abord en rendant à la Bourse son rôle de financeur de l’innovation, ce qui ferait de la France un “paradis capitalistique” des startups. Et, si la France est inlibéralisable, au moins commencer par des zones économiques libres. Ensuite, surtout, un grand programme national de concours d’innovation qui permettrait d’améliorer la vie des gens, de faire de la France la patrie de l’innovation, et d’orienter toutes les énergies nationales vers l’avenir.

Le gouvernement pourrait aussi expérimenter, dans un département au départ, avec l’idée d’une bourse du travail pour tous qui mettrait fin au chômage.

Evidemment, mais même dans le rêve fou que constitue cette chronique, je n’ose y penser, le gouvernement pourrait aussi songer à libérer les villes françaises des carcans qui les étouffent et réorienter la décentralisation autour des villes, et même, arrêter avec le mercantilisme fou et le besoin à tout prix d’une politique industrielle qui récompense les perdants et punit les innovateurs et le pouvoir d’achat.

Voilà. Quand on parle de réformes structurelles, on parle de droit du travail, de fin de privilèges de castes (taxis, notaires, pharmaciens...), de réformes universitaires... Tout ça est très bien mais visiblement trop idéologiquement risqué.

Mes propositions sont folles, mais elles sont aussi vendables. Et elles donneraient un coup de fouet incroyable à l’économie.

Depuis 1981, à chaque cycle d’élections nationales les français sortent les sortants (et renforcent les extrêmes et l’abstention) parce que la stagnation est patente depuis autant d’années. Sans le changement annoncé et oublié, il est certain qu’en 2017 la majorité actuelle sera remplacée. Elle n’a rien à perdre et tout à gagner.

 


Commentaires

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  • Par vangog - 22/12/2012 - 14:24 - Signaler un abus si on veut arriver très vite à la Grèce ou à l'Espagne...

    aplliquons les politiques Keynesianistes de Gobry...
    A l'exception des dernières mesures très démago et qui réclameraient presque un changement de république, la seule que j'approuve est celle de la BCE, qui devrait faire marcher la planche à billets, comme le fait les USA, pour compenser les dumpings fiscaux et sociaux (profitons que le Yuan ne soit pas encore la monnaie de référence...)
    Mais a-t-on entendu Gobry lors des signatures de traités mortifères qui mettaient en œuvre la social-démagogie Européenne, Maastricht et autres folies inventés par des technocrates sado-masochistes?...
    Maintenant que la triplette Mitterand-Delors-Lamy a échangé le subventionnement de la PAC et de la désindustrialisation grâce aux divers fond d'aide structurels, de compensation...contre le contrôle de l'inflation, impossible de revenir en arrière, sauf à détruire l'Europe!
    Comme avec les 35 heures, le doublement des budgets nationaux et les lois du travail paralysantes, les Socialos nous ont plombés en Europe comme en France...

  • Par laurentso - 22/12/2012 - 14:13 - Signaler un abus @defrance...

    L'auteur ne dit pas cela, évidemment que la France n'est pas l'Europe. La France ne peut pas seule infléchir la politique de l'Europe, mais elle peut au moins être force de propositions, "reprendre la main". Il est évident que les politiques d'austérités "procycliques" conduisent à la catastrophe ! En matière monétaire, il ne s'agit plus -à mon sens- de diminuer les taux directeurs, déjà très bas, mais de revoir la circulation de l'argent. On nous fait de grands discours sur l'Euro qui a mis fin à la spéculation, sur la séparation bancaire, sur les contrôles prudentiels. Résultat : on mutualise les risques de banques, lesquels sont une nouvelle fois concentrés sur la sphère spéculative.

  • Par boblecler - 22/12/2012 - 11:31 - Signaler un abus C'est nul comme proposition,

    C'est nul comme proposition, tout simplement car les français ont beau être propriétaires à 56% contrairement au reste de l'Europe, nous n'avons pas de prêts hypothécaires ni de crédit à la consommation pour consommer. L'arme des taux d'intérêts ne marche que pour la consommation par l'endettement. Or seulement 1% de Fichier des interdictions de crédit aux particuliers de la BDF ne représente des crédits à la consommation. Donc avec un baril à 80 dollars, plutôt que d'aller faire fabriquer à perpette les oies pour des salaires des misères, dont les économies réalisées sont absorbées par les coûts de transports(j'en veux pour preuve le prix des pièces détachées automobile multipliées par quatre depuis cinq ans) , il faut faire comme aux USA de l'éco location. le retour des usines dans les Friches industrielles dans la France entière, rouvrir les mines, y faire travailler les Prisonniers gratis (les Merah ETC AVEC DES BRACELETS électroniques), faire de la chimie verte....

  • Par Bara - 22/12/2012 - 10:00 - Signaler un abus Je signe pour ces propositions !

    Je craignais pour un plaidoyer monétariste ou un lamento ultra-libéral, et je lis des propositions pleines de bon sens: oui, il faut soutenir l'innovation par une politique monétaire dynamique, oui il faut arrêter les plans d'austérité et soutenir l'investissement.
    Nous ne sommes pas depuis 40 ans dans une crise: nous sommes dans une mutation, et c'est dans ces périodes que l'innovation pétille.
    Il faut sortir de la civilisation de la bagnole, réinventer le métier de commerçant, trouver d'autres débouchés aux intermédiaires, imaginer une distribution et une logistique plus souple... voilà de la croissance, voilà des emplois !

  • Par sylvainr - 22/12/2012 - 09:22 - Signaler un abus Consommation, innovation et croissance

    Petite confusion dans votre intéressant article : vous dites d'abord que la consommation est le moteur de l'économie et de l'innovation, puis que la croissance dépend essentiellement de l'innovation.
    Le raccourci est évident : la croissance dépend donc de la consommation.
    Mais ce n'est pas le cas. La consommation sans l'innovation qui fait baisser les prix, qui invente de nouveaux services et de nouveaux produits, n'a pas d'incidence sur la croissance.
    Pour qu'il y ait croissance me semble-t-il, il faut une augmentation de l'offre, pas de la demande.
    Baisser les taux d'imposition, supprimer des taxes, augmenter le smic, subventionner le logement ne fait qu'augmenter la demande et installe à court terme une inflation qui ramène la consommation à son niveau d'origine (avec en prime un éventuel déficit fiscal à rembourser).
    La croissance dépend de l'innovation, laquelle dépend non pas de la croissance mais de la liberté d'entreprendre. Si j'ai bon, il faut alors réduire les charges des entreprises jeunes et des entreprises innovantes. Il faut continuer de subventionner la recherche et la formation maisl faut laisser tomber la vieille industrie (mais pas ses gens bien sûr).

  • Par gdv - 22/12/2012 - 07:27 - Signaler un abus L'escrocrie du moment

    La politique qui est désastreuse, Monsieur GORBY, c'est de dépenser plus que ce que l'on gagne et de financer ces excés par de la dette, elle même financée par de la création monétaire.
    Sans création monétaire, il y a longtemps que la messe aurait été dite.
    Mais cette création monétaire, est, elle même; une dette et je vous fiche mon billet que 2+2 ne ferons jamais 5 même si nos politicards occidentaux vous le promettent.
    Il est curieux qu'un spécialiste de recherche de marché puisse l'ignorer, mais je suppose que vous faites de l'humour en vérifiant que l'on peut dire n'importe quoi en matière économique sans courrir le risque d'être contredit.

  • Par De France et de plus loin - 21/12/2012 - 20:05 - Signaler un abus Donc la France infléchit par

    Donc la France infléchit par sa seule volonté la politique européenne , procede a de gigantesques baisses d'impots et devient "la patrie de l'innovation".
    C'est tout ? Vous êtes sûre? En tout cas merci pour cette bien utile contribution, y'a du lourd chez Atlantico !

  • Par EOLE - 21/12/2012 - 19:59 - Signaler un abus Votre "croissance" est un pur mirage

    Vous faites fausse route: une croissance à la chinoise est intolérable et insoutenable pour la planète d'ici deux décennies.
    Votre "croissance" est un pur mirage. Il va falloir vous creuser un peu plus les méninges et pour cela élargir votre vision du monde, au delà de vos aspirations à retourner d'où l'on vient... Bon courage!

  • Par zelectron - 21/12/2012 - 16:35 - Signaler un abus la solution calamiteuse et malhonnête

    dévaluer est l'arme des couards !

  • Par Rémi57 - 21/12/2012 - 16:34 - Signaler un abus Fin du monde

    Ce soir, nous aurons échappé à la fin du monde annoncée.
    Pitié, en ces périodes de fêtes, laissez nous croire chacun en notre père noël. Soyez sympa, il ne reste que quelques jours.
    A toutes et tous, passez de bonne fêtes.

  • Par zelectron - 21/12/2012 - 16:31 - Signaler un abus Le remède citoyen !

    Mettre en cause l'inamovibilité antidémocratique des fonctionnaires/ assimilés/territoriaux et y ajouter la division par deux des élus de toutes sortes !

  • Par agesilas - 21/12/2012 - 15:19 - Signaler un abus devaluons

    cette proposition s'appelle devaluation. Casse ou sortie de l'euro. Disparition du financement autre que par la planche a billet. Hyper inflation. Parti national socialiste au pouvoir.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est le fondateur de Noosphere une entreprise de recherche de marché.

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