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La météo sauve les comptes de la Sécurité sociale et fait fantasmer les responsables politiques de tous bords. Pour une véritable réforme, on verra plus tard…

La conjoncture a bouché le trou de la sécu, alors à quoi bon réformer le système ?

Atlantico Business

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La météo sauve les comptes de la Sécurité sociale et fait fantasmer les responsables politiques de tous bords. Pour une véritable réforme, on verra plus tard…

 Crédit FRED TANNEAU / AFP

La Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCS) n’a jamais donné une aussi bonne nouvelle. Le déficit de 2018 tombera sans doute aux environs de 300 millionsd’euros alors que le gouvernement craignait devoir enregistrer 2,2 milliards d’euros. D’où la perspective de voir le fameux trou de la Sécurité sociale, dans lequel sont tombés tant de ministres de la Santé et des affaires sociales,rebouché.Ça fait 17 ans, depuis 2001,année du dernier excédent, que les gouvernements essayaient de convaincre les français qu’il fallait faire quelques efforts pour arrêter cette hémorragie d’argent public. Dix sept ans qu’on bricolait des réformes en rabotant certaines prestations ou en augmentant les cotisations, au risque de tuer la compétitivité (ce qu’on a fait) sans guère de résultat.

L’année 2018 va donc voir cet immense paquebot du modèle social français revenir à l’équilibre.
L’addition des déficits cumulés du régime général et du fonds de solidarité vieillesse (qui finance le minimum vieillesse) sera ramenée à 300 millions d’euros. Sans reprendre le détail, le régimegénéral, l’assurance maladie, serait en excédent de 2,5 milliards alors que le minimum vieillesse verrait son déficit structurel à 2,8 milliards d’Euros. Théoriquement, la Sécurité sociale pourrait tenir son engagement chaque année, celle d’un retour à l'équilibre dès la fin de l’année.

Alors a priori, pour le gouvernement, c’est évidemmentbingo. Les fans les plus convaincus du président de la République n’ont pas encore mis cet exploit au créditd’EmmanuelMacron, mais ça ne va pas tarder. Jupiter peut faire des miracles.Sansdoute.

Sauf que cette histoire n‘est pas forcément une bonne nouvelle.

D’abord, premier point, les bons résultats s’expliquent moins par des réformes structurelles que par les recettes de l’activité.Depuis un an, la conjoncture s’est nettement réchauffée, plus de chiffres d’affaires, plus d’emplois, plus de salaires versés.... Doncmécaniquement, plus de cotisations qui viennent nourrir la Sécu.

Croissance économique et créations d’emplois produisent du grain à moudre et àredistribuer.Alors, cetteamélioration est évidemment imputable au changement de climat politique, mais aussi aux vents très porteurs de la conjoncturemondiale. Les recettes de la Sécu qui se composent de TVA, de CSG et de cotisations qui doivent progresser de 3,4% cette année permettent d’améliorer le solde...

Parce que cotédépenses, il n’y a eu aucune baisse.Aucontraire, les dépenses maladies ont continué de progresser (+ 2,2%) et les dépenses vieillesses de 2,9%.

Ensuite, cette amélioration n’apporte aucune garantie de pérennité. Tout dépend des recettes et l’évolution de ces recettes est chargée d’incertitude. D’un côté, on ne sait pas si le gouvernement pourra compenser le crédit d’impôt sur la taxe sur les salaires, soit 900 millions en 2018.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 07/06/2018 - 12:52 - Signaler un abus Ne confondez-pas trou (déficit cumulé) et déficit annuel, JMS!

    Aujourd'hui, avec un montant qui s'élève à 246 milliards d'euros en 2014, la dette sociale (déficit accumulé) , soit le « trou de la SS » représente 11,7 % de la dette publique française (qui atteint plus de 2 200 milliards d'euros). Pour combler le trou cumulé ( par les partis de gauche et de droite archaïque) de la SS qui pèse sur les générations futures, il en faudra des budgets excédentaires de type « allemand », ce qui n’est toujours pas le cas aujourd’hui...Car vous avez « aussi » oublié de compter dans le déficit de la SS les 3,4 milliards de déficit du FSV qui inclue le paiement des allocations chômage...ne participez-pas à l’enfumage gouvernemental, JMS, ou vous allez tousser...

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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