Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 21 Juillet 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Mark Zuckerberg veux réparer Facebook mais a-t-il vraiment les moyens de répondre au grand trouble social qui secoue les systèmes politiques occidentaux ?

Lors de ses voeux, Mark Zuckerberg, grand patron de Facebook, a promis de lutter contre les fausses nouvelles et la propagation des messages haineux sur son réseau social. Est-ce que cela est possible sans dénaturer profondément la plateforme ? Quelle que soit l'issue de ces changements à venir, la concurrence des entreprises numériques et de nos gouvernements ne fait que commencer...

Résolution

Publié le
Mark Zuckerberg veux réparer Facebook mais a-t-il vraiment les moyens de répondre au grand trouble social qui secoue les systèmes politiques occidentaux ?

Atlantico : Mark Zuckerberg a souhaité, lors de ses vœux, réparer les erreurs de Facebook vis-à-vis des fausses nouvelles et des appels à la haine Peut-il y parvenir tout en gardant le cœur de ce qui fait Facebook ?

 

Jacques Henno : Il peut essayer en agissant sur plusieurs plans. Tout d'abord en refusant de diffuser des publicités émanant de personnes qui ne sont pas sérieuses.

Il va aussi essayer, quand certaines informations suspectes sont détectées, plutôt que de les signaler comme fausses, (ce qui avait un contre effet), de donner plus d'informations sur ce sujet aux utilisateurs de Facebook.

 

Est-ce que ces changements vont vraiment changer l'ADN de Facebook, je ne le pense pas. Par contre, il faut se poser la question de savoir si Facebook va arriver à se remettre de ce scandale d'avoir exposé 126 millions d'Américains à de fausses nouvelles, ce qui aurait aidé les Russes et aidé Trump à se faire élire. On va voir dans les prochains mois si les abonnements à Facebook vont évoluer, et si l'utilisation que les gens en font va changer, notamment auprès des jeunes. Facebook a lancé une enquête auprès de leaders d'opinion en Europe pour savoir quelle est son image, cela montre bien que l'entreprise se préoccupe de son image.

 

Il faut bien voir aussi que certains prêtent des ambitions politiques, voire présidentielles à Mark Zuckerberg. Si c'est le cas, que ça soit au niveau local ou fédéral, il est évident que c'est un coup qui pourrait lui être porté : avoir contribué, même de façon passive, à saborder la démocratie aux États-Unis, et en laissant le réseau social aux deux milliards d'utilisateurs être utilisé à des fins de propagande.

 

Nathalie Nadaud-Albertini : Le problème des fausses nouvelles est avant tout un problème d’anonymat, c’est-à-dire que l’on ne sait pas qui publie quoi dans quel cadre, de sorte qu’il est difficile pour les utilisateurs de se repérer afin de se faire une opinion sur le contenu véhiculé, notamment dans le cadre des contenus sponsorisés  à visée politique. Dans ce cas, rendre publique l’identité des annonceurs peut s’avérer judicieux, car cela permettrait d’identifier qui parle et de mieux voir à qui on a affaire. Tout comme il pourrait s’avérer judicieux d’emboîter le pas à ce à quoi Twitter s’était engagé en octobre 2017. À savoir : modifier l’apparence des publicités politiques et créer un espace sur le réseau où trouver les différentes publicités politiques afin de permettre aux utilisateurs de se rendre compte des campagnes diffusées par chaque camp.

 

La solution paraît relativement simple quand il s’agit d’identifier publiquement les «gros influenceurs » qui officient dans les médias traditionnels (les partis politiques, les entreprises etc.), mais cela devient plus compliqué quand il s’agit d’individus ordinaires. En effet, dans la mesure où Facebook se situe sur une ligne de crête entre sphère publique et sphère privée, tout un chacun peut relayer différents contenus, qu’ils relèvent de la vie publique ou de la vie privée. Or, la levée de l’anonymat pour des individus ordinaires est problématique, car il ne s’agit pas uniquement d’indiquer leur nom et leur prénom, il s’agit d’indiquer publiquement leur appartenance à un parti politique, leur religion etc. Cela pose la question de ce qui peut être diffusé dans la sphère publique dans nos sociétés démocratiques qui considèrent que de telles informations relèvent de la sphère privée et n’ont donc pas à être communiquées sur la place publique. Cela reviendrait à créer une sorte de fichier géant où les utilisateurs seraient répertoriés selon leurs profils. Ces informations sont déjà disponibles pour l’algorithme de Facebook qui permet de suggérer certains contenus à des utilisateurs particulièrement réceptifs. La grande différence entre ce que fait déjà l’algorithme et un tel « fichier »  se situe dans le fait que l’algorithme ne rend pas ces données publiques, c’est-à-dire disponibles pour tout un chacun, ce qui serait dangereux pour la démocratie.

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par David Moreira - 06/01/2018 - 13:52 - Signaler un abus .... Gâchis...

    ... Comment un article plutôt bien fait peut-il garder une telle faute de grammaire dans son titre, avec ce "veux" si moche ?! :( Quel dommage...

  • Par J'accuse - 06/01/2018 - 18:59 - Signaler un abus Et le sexe des anges est ... ?

    Ce n'est pas l'influence présumée de la Russie sur les réseaux (a)sociaux qui a fait élire Trump, mais le système électoral américain non démocratique: Clinton avait la majorité des suffrages. Au lieu de ratiociner sur Facebook, on ferait mieux de changer le mode de scrutin. En 1960, l'élection de Kennedy a été favorisée par la mafia: n'était-ce pas plus grave ? Sans parler de son assassinat supposément commis par un homme seul (fake news officiel ?)...

  • Par michele quennesson - 07/01/2018 - 09:17 - Signaler un abus Mark Zuckerberg veuT réparer Facebook

    veut avec un" t "svp.

  • Par cloette - 07/01/2018 - 10:13 - Signaler un abus système électoral américain

    Au contraire de l'opinion de J'accuse, il est ce qui est le plus démocratique et s'impose dans une fédération . Sinon, il n'y a plus de système fédéral . Et il est très finement conçu au contraire .

  • Par Anouman - 07/01/2018 - 13:10 - Signaler un abus Système

    En fait on ne peut rien dire sur le nombre de voix pour le président américain. Dans certains états majoritairement démocrates ou républicains certains s'abstiennent car le rapport de force est tel que leur vote ne changerait rien. Si le mode de scrutin était changé on ne peut pas anticiper du résultat. Mais ce qui est certain c'est que si Clinton avait gagné avec moins de voix que Trump personne n'y trouverait à redire.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Nathalie Nadaud-Albertini

Nathalie Nadaud-Albertini est docteure en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et correspondante au Centre de Recherche sur les Médiations de l’Université de Lorraine. 

 

Voir la bio en entier

Jacques Henno

Jacques Henno est journaliste et spécialiste des nouvelles technologies de l'information.

Il est l'auteur de « Facebook et vos enfants » aux éditions Telemaque.

Il donne très règulièrement des conférences sur des thèmes comme l'impact des réseaux sociaux, des jeux vidéos, des téléphones et de la télévision sur nos enfants, ou encore l'impact de ces outils sur notre vie privée.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€