Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 12 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Mais où la France peut-elle aller chercher la prochaine révolution industrielle (qui ne sera pas le numérique comme le croit le rapport Pisani-Ferry) ?

Le rapport Pisani-Ferry donne quelques pistes pour dynamiser la croissance française, lui proposant de se tourner vers l'économie numérique. Une bonne idée en apparence, dans un rapport qui révèle peu de surprise et qui fait craindre que la France ne sois pas prête pour un nouveau décollage économique.

e-Tanches

Publié le
Mais où la France peut-elle aller chercher la prochaine révolution industrielle (qui ne sera pas le numérique comme le croit le rapport Pisani-Ferry) ?

Atlantico : Le rapport Pisani-Ferry, présenté mercredi 25 juin au gouvernement, qui ne prévoit pas un redressement sérieux de la France avant 2025, propose de baser la relance économique de la France sur l'économie numérique. Depuis le temps que ce type d'économie existe, est-ce forcément très novateur de parier sur ces technologies pour obtenir une croissance forte dans dix ans ?

Yann Ménière : Une première lecture basique nous amène à penser qu'il y a, effectivement, un énorme potentiel sur le numérique, mais surtout à travers son extension à de nouveaux secteurs.

Le numérique était jusque-là cantonné aux communications, cela va s'étendre demain à la mobilité, comme avec les véhicules connectés ou les réseaux intelligents. Idem pour la santé connectée ou diagnostic génétique. Il s'agit d'un numérique qui renouvèle en fait d'autres secteurs, mais avec des impacts très profonds.

Michel Volle : Pour moi, le numérique reste le grand moteur indéniablement. Je trouve que le rapport de Pisani-Ferry est trop timide dans son affirmation. Quand il dit que l'informatisation transforme la nature des produits et la forme de la concurrence… Si tel est le cas, alors il faut parler d'un changement en profondeur de l'économie. Je trouve donc que ce rapport ne souligne pas assez le phénomène. Il y a toujours cette tentation chez les économistes à avoir une vision macroéconomique sans se pencher sur la réalité des entreprises et comment elles sont organisées. Certes, l'économie numérique n'est pas non plus quelque chose de nouveau puisque l'on pouvait déjà souligner un mouvement bien enclenché dans les années 90.

Le numérique est-il comparable aux innovations aux innovations qui ont marqué le début des deux premières révolutions industrielles ?

Michel Volle : C'est assez analogue en effet. Si vous prenez la première révolution aux alentours de 1775, elle a introduit la mécanisation. La seconde vers 1875 a mis en place les grandes entreprises modernes. On a eu avec le numérique une transformation d'une ampleur comparable. Le changement n'a d'ailleurs pas été seulement technique mais aussi profondément anthropologique. A partir du moment où on informatise une entreprise, les rapports sont transformés, la façon de travailler, de communiquer, de réfléchir, tout change. C'est un phénomène qui – comme pour les deux premières révolutions industrielles – est global.

Yann Ménière : J'adhère assez à l'idée que le numérique ait pu être le moteur d'une révolution, mais il l'a surtout fait en rebattant les cartes entre les acteurs. Si vous regardez ce qui s'est passé dans la téléphonie, on avait des opérateurs et des équipementiers historiques, le numérique a tout bouleversé en amenant de nouveaux acteurs. Mais cela a aussi apporté une révolution non seulement dans les acteurs mais aussi dans les usages, indéniablement.

Quelles pourraient être les autres innovations qui pourraient permettre à la France d'enclencher de nouveau sa révolution industrielle au XXIe siècle ?

Yann Ménière : Je pense aux technologies vertes, bien qu'il s'agisse d'un terme extrêmement large, mais avec énormément de potentiel. Il y aussi les biotechnologies et tout ce qui touche au génétique qui vont entièrement renouveler les stratégies thérapeutiques, et notre façon de faire des diagnostics. On parle aussi des nanotechnologies, bien qu'il s'agisse d'une innovation assez transversale. On est toujours en tout cas dans des nouvelles technologies qui accompagnent des pratiques déjà existantes. Il y a une base de besoins à laquelle les technologies de demain répondent différemment, pouvant à terme révéler de nouveaux besoins.

Michel Volle : Le numérique reste l'évolution essentielle. Si vous regardez les autres grandes révolutions en perspective, vous voyez que les biotechnologies – qui vont devenir fondamentales – s'appuient sur l'informatique. On ne peut plus être biologiste sans maîtriser l'informatique et la robotique. Idem pour le secteur des nouveaux matériaux. L'informatique devient un socle, comme les précédentes révolutions industrielles ont eu le leur : la mécanique et la chimie au XVIIIe siècle, l'électricité et le pétrole au XIXe siècle. Nous sommes un peu dans ce cas-là avec les technologies numériques.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par breiz - 27/06/2014 - 10:16 - Signaler un abus prochaine revolution industrielle oui ....Mais pas avant que ...

    Que le mega mammouth administratif soit completement degraisse ( c'est meme pas commence ) car on a bon se tourner les neurones , les ambitieux , les pleins d'idees , les petits genies bref tout ceux qui pourraient aider a redemarrer l'economie n'ont plus d'espoir ... l'espoir de voir que ce pays qui fut un modele economique soit devenu un exemple de cata economique ,plombe par une administration neo feodale qui n'a de cesse de rabaisser celui qui cherche a faire un peu mieux que la moyenne ... J'ai bientot 60 ans et constate que les enfants de mes amis ( la plus large majorite ) une fois les diplomes obtenus partent , s'exilent sous des cieux ou l'ambition n'est pas vue comme une menace ... Tant que nous aurons un gouvernement de nuls , tenus par un chef plus nul encore et supporte par un parlement accroche a ses petits avantages pecuniers ...faut pas rever ,la France est foutue , kaput ... a moins d'une bonne revolution mais comme la recette "du pain et des jeux " marche toujours bien , il n'y a pas de raison que cela s'arrete a voir combien la coupe du monde de foot surclasse les catas economiques qui passent sans emouvoir qui que ce soit . La decadence est devenue norme ,

  • Par breiz - 27/06/2014 - 10:33 - Signaler un abus prochaine revolution industrielle ..mais pas avant que >( part 2

    le corporatisme religion, le mille feuille administratif en dictionnaire en 24 volumes , les fermetures d'entreprises aux chiens ecrases,les licenciements en resultats de loto , les mesures de redressement economique en rustines ephemeres, le mensonge des politicards comme le nez de pinochio qui ferait 5 fois le tour de la terre .... mais bon regarder le match de foot ce soir a la tele et tou ira mieux demain car "ils " vont tout remettre en ordre demain , après demain , et si pas c'est pas grave il y a ura toujours du foot du rsa ..enfin tant qu'il y a ura quelques sous en caisse ...oups excusez moi tant qu'il y aura des institutions qui preteront a 2 % .. France au credit illimite qui finira tot ou tard par trouver ses limites et alors la !!!!! il restera toujours quelques imbeciles qui diront , on ne savait pas , on n'a rien vu venir !!!! Au fait combien ont coute les degradations commises en France par les "scandinaves " qui ont brules quelques voitures , caillasses les CRS , cases quelques vitrines bref ont pu s'amuser pour une histoire de match nul ...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Yann Ménière

Yann Ménière est professeur assistant d'économie à MINES ParisTech et titulaire de la Chaire Mines-Télécom sur "IP et marchés de la technologie". Outre ses publications dans des revues universitaires, il écrit avec F. Lévêque un manuel sur «l'économie des brevets et droits d'auteur» (Berkeley électronique Press, 2004)

Voir la bio en entier

Michel Volle

Michel Volle est économiste français.

Diplômé de l'École Polytechnique et de l'École Nationale de la Statistique et de l'Administration Économique, il est l'auteur d'un blog dédié à l'actualité économique.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€