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LREM 2ème génération : ces discrets ralliements à la majorité présidentielle que masque le fracas des départs

Si l'on note plusieurs départs de la République en Marche, qu'ils s'agisse de certains députés à un ministre comme Gérard Collomb -qui ne veut plus de l'étiquette du parti- il existe aussi, de manière plus discrète, des arrivées. Pierre Moscovici dans un entretien accordé au Monde, expliquait qu'il ne sera pas candidat aux élections européennes sous la bannière PS et ne semble pas fermé à l'idée de rejoindre Emmanuel Macron.

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LREM 2ème génération : ces discrets ralliements à la majorité présidentielle que masque le fracas des départs

 Crédit STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Atlantico : "Après la phase « Macron 1 »,peut-on s'attendre à un « Macron 2 », ? A quoi pourrait ressembler le macronisme 2.0 auquel fait allusions Pierre Moscovici ? 

Maxime Tandonnet : En vérité, il existe deux possibilités: soit l'accentuation de la voie qu'il a prise jusqu'à présent, soit une prise de conscience de l'abîme qui est en train de s'ouvrir sous ses pas et un changement de cap. 

Dans la première hypothèse, nous verrions s'approfondir le scénario d'une mise en scène de son propre personnage, en héros romanesque de la cause du bien post-national et européiste, livrant une lutte sans merci au "mal nationaliste et populiste". Cette posture est probablement celle à laquelle songe M. Moscovici. Elle a l'inconvénient de radicaliser la cassure entre les élites, économiques, médiatiques, administratives et judiciaires, qui peuvent s'identifier à cette présidence, et la grande masse de la population qui se sent méprisée, sentiment aggravé par les saillies verbales ou gestuelles du président.

Elle condamne alors cette présidence a une impopularité toujours plus grande. 

L'autre hypothèse est celle d'une remise en question et de l'inflexion du cours d'un quinquennat. Elle suppose le choix de l'humilité, de la sincérité, de la vérité, le retour à une présidence plus discrète, laissant le Premier ministre et les ministres gouverner le pays conformément à la lettre de la Constitution, un discours de réconciliation avec la France dite "d'en bas", axé sur une vision plus unitaire des choses. D'autres chefs de l'Etat ont su, dans le passé, s'adapter à une situation bien compromise, à l'image du tournant de François Mitterrand en 1983. Dans l'esprit de chaque personnalité dirigeante s'affrontent une vanité hors du commun et une part de bon sens ou de réalisme. Laquelle des deux l'emportera dans ce cas d'espèce? 

Qui sont ceux qui pourraient venir composer cette deuxième vague ? Quelles sont les orientations politiques qui pourraient encore venir grossir les rangs du macronisme à la veille des élections européennes ? 

Dans la première hypothèse, celle de la fuite en avant, les gains ne peuvent être que limités. On peut imaginer le ralliement de personnalités très engagées dans le système bruxellois, telles que M. Moscovici, ou d'autres qui ont servi au plus haut niveau à Bruxelles, pourquoi pas M. Barnier lui-même. Ceux-là joueront à fond le jeu de la lutte à mort contre le populisme maudit, la vile multitude, les peuples "réfractaires". Mais dès lors que les sondages de popularité continueront alors à s'effriter, la tendance générale restera à la débandade et la classe politique dans son ensemble suivra le sens des sondages. 

Dans la seconde hypothèse, en revanche, celle du changement de cap et de l'adoption d'un discours et d'une attitude plus unitaires, la marge de gains possibles est étendue. On peut imaginer un retour vers le président Macron des déçus du macronisme, par exemple M. Collomb, voire M. Valls lui-même. A la faveur d'une remontée dans les sondages, des personnalités de droite et du centre qui ont pris leur distance ces derniers mois, M. Bertrand ou M. Estrosi, pourraient revenir à des sentiments plus favorables, ceux qui ont prévalu en gros jusqu'à l'été 2018.  

 
Commentaires

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  • Par SD.. - 07/10/2018 - 11:08 - Signaler un abus La conclusion

    Je suis d'accord avec la conclusion.... malheureusement ! Si Mélanchon passe, je risquerai fort d'être insoumis !!

  • Par J'accuse - 07/10/2018 - 11:29 - Signaler un abus Faire confiance à des opportunistes carriéristes ?

    Que des politiciens retournent leur veste (ou leur pantalon) aussi souvent qu'ils le jugent utile à leur carrière est une habitude qui n'étonne personne. Les politiciens macronistes ont tous trahi leur camp (PS ou LR) et leurs (fausses) convictions pour se répartir des prébendes: comment peuvent-ils être crédibles ? Comment ceux qui sont prêts à rejoindre Macron pour les mêmes raisons le seraient davantage ? L'ancien monde a fait les preuves de son incompétence, et le nouveau n'est que l'ancien recyclé qui a conservé les mêmes méthodes. Aucun choix politique viable n'est présenté aux électeurs.

  • Par vangog - 07/10/2018 - 12:22 - Signaler un abus Les vases communicants gauchistes...

    exactement comme un budget socialiste...à tuyaux percés!

  • Par pierre de robion - 07/10/2018 - 14:25 - Signaler un abus Le mot de la fin:

    "Moi ou le chaos", et le pire c'est que c'est le plus probable, surtout avec un chaos de gauche qui finira inexorablement dans la dictature des "rouges" comme au Venezuela, la plus plausible, mais peut-être aussi des réactionnaires (au sens propre du terme) si les nouveaux "insoumis" réussissent à s'organiser avec le concours de ??? ,pourquoi pas l'Islam, si l'extrême gauche se montre trop radicale sur le plan religieux, et en définitive le triomphe de celui ci? Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais le but est assuré (et ce ne sera pas beau)!

  • Par simplicissimus - 07/10/2018 - 16:25 - Signaler un abus Avant la guerre civile (ethnique)

    1) Tandonnet s’accroche à la notion de « droite républicaine » qui n’a plus aucun sens. En quoi le RN n’est-il pas républicain? De plus, sa droite « républicaine », toutes tendances confondues ne pèse sans doute pas plus de 20% aujourd’hui et a montré son incapacité à redresser le pays à plusieurs reprises 2) l’hypothèse d’une victoire de Mélenchon en 2022, jugée « probable » par Tandonnet, est totalement irréaliste. En s’engageant dans la voie d’un soutien appuyé à la poursuite de l’invasion migratoire, en courtisant l’électorat musulman dans l’espoir de devenir maire de Marseille, Mélenchon se coupe radicalement de l’électorat populaire. Les sondages d’intentions de vote en faveur de son parti, seuls indicateurs fiables, témoignent d’un reflux considérable de son influence dans le pays (entre 11 et 13%). Aucun leader politique soutenant l’immigration ne peut plus espérer accėder au pouvoir dans les circonstances présentes 3) Le RN n’a aucun espoir d’accéder seul au pouvoir. 4) La France s’engage donc sur la voie du chaos et de la guerre civile (ethnique) si les dirigeants de la droite parlementaire ne comprennent l’urgente nécessité d’un accord, fût-il à minima, avec le RN...

  • Par Liberdom - 08/10/2018 - 00:51 - Signaler un abus Merci Max

    Un coup de brosse à reluire fait toujours bien; comme un conseil "avisé" de l' "analyste politique". Seulement voilà , toute la racaille politicarde de Moscovici, Bertrand, Estrosi et pourquoi pas Barnier commence à nous les briser menus avec leur suffisance et leur arrogance. Tous les pourris qui émargent à la commission sans négliger les autres juteux râteliers de la République, les cooptés du pognon, ont trop écoeuré le bon peuple. Ils vont le payer cher dans un futur proche : leur rêve de se passer d'élection pour garder le pouvoir et le fric va s'écrouler. Les efforts des hagiographes du système seront vains : on ne peut pas toujours défendre la merde en disant qu'elle sent la rose !

  • Par lorwakaf - 08/10/2018 - 08:58 - Signaler un abus Complaisance de Moscovici

    On comprend pourquoi sa complaisance vis à vis de Macron. Député européen LREM c'est mieux que la retraite même dorée. Pas tres convenable, non ?

  • Par OLYTTEUS - 08/10/2018 - 12:10 - Signaler un abus Le tapis se dérobe sous les pieds du Jupiter

    et de la démocratie en même temps,hélas; je partage les inquiétudes de M. Tandonnet.

  • Par hermet - 09/10/2018 - 00:57 - Signaler un abus malheuresement

    je partage l'avis de l'auteur, notamment sur l'issue, c'est pourquoi il faut être prêt à faire ces valises, pas le choix; cela se terminera mal.

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Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet, universitaire, essayiste, auteur de nombreux ouvrages, dont Histoire des Présidents de la République (Perrin 2013 et 2017)

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