Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 26 Juillet 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Internet nous a-t-il enrichis... ou appauvris ?

Le 12 mars 1989, Tim Berners-Lee proposait la création d'un réseau informatique pour que les chercheurs du Cern puissent échanger des informations. Une idée qui fût jugée "vague mais intéressante". Aujourd'hui, le Web fête ses 25 ans.

Happy wwwday !

Publié le
Internet nous a-t-il enrichis... ou appauvris ?

Il y a 25 ans, Tim Berners formalisait le "World Wide Web" et posait les fondements du développement mondial d'Internet. Crédit Reuters

Atlantico : Il y a 25 ans, Tim Berners formalisait le "World Wide Web" et posait les fondements du développement mondial d'Internet. Quelles sont les principales avancées qu'il a permises ?

Robin Rivaton : Internet est un système d'interconnexion de machines qui peuvent échanger des données entre elles grâce à un protocole de transfert uniformisé. En 2000, le magazine Alternatives Economiques commentait l’ouvrage Le boom de la net économie de Solveig Godeluck en affirmant qu’il était "difficile, pourtant, dans l'excitation générale, de mesurer la portée de cette révolution et d'en comprendre les mécanismes et les enjeux".

14 ans plus tard, la portée d’Internet paraît assez évidente. Il s’agit d’une triple révolution avec des répercussions économiques et sociales. Révolution des télécommunications qui a permis l’émergence du courrier électronique, de la messagerie instantanée puis la baisse drastique des coûts de communication grâce à la voix sur IP. Une étape décisive a été franchie avec l’apparition de l’Internet mobile qui a permis de révolutionner les usages de consommation. Révolution des données dont le volume a explosé grâce à l’augmentation des capacités de stockage et de calcul, permises par la mise en réseau. La connexion des objets au réseau Internet permet de les rendre "intelligents" et donc d’en améliorer considérablement les performances. Révolution de l’information en assurant les rapports directs entre producteurs et consommateurs, entre consommateurs entre eux et entre citoyens lorsqu’il n’y a pas d’échange marchand. La mise en relation directe contribue à réduire la chaîne d’intermédiaires et d’opérateurs humains remplacés par les outils informatiques.

David Fayon : Les fondements même du réseau Internet ont été posés avant… Le Web représente la partie graphique d’Internet avec pour corollaire les liens hypertextes et l’apparition des navigateurs qui permettent de voyager de page en page sur le Web, parfois avec un processus de découverte lié au hasard. On parle de sérendipité. L’introduction du Web, très conviviale comparativement aux scripts de commandes, a permis de démocratiser Internet auprès d’une population plus large que les seuls chercheurs, ingénieurs, universitaires. Nous avons vécu un grand décollage du nombre d’internautes en 1995 avec la fourniture d’Explorer de Microsoft avec les PC vendus.

Désormais, nous sommes proches des 3 milliards d’internautes dans le monde avec plus de 80 % de la population connectée dans les pays développés et ces dernières années, la nouvelle étape est celle de la croissance très forte des utilisateurs nomades via smartphones et tablettes.

Concrètement Internet a permis de révolutionner l’ensemble de nos usages au quotidien - en modifiant sensiblement nos rapports au temps, à l’action, à l’espace et à autrui - au point où l’on se demande comment nous faisions pour vivre avant sans Internet. Il s’agit de nouvelles façons de communiquer (développement des réseaux sociaux et plus récemment des réseaux sociaux éphémères comme SnapChat ou WhatsApp), d’acheter ou de vendre (essor du e-commerce), de recruter, d’apprendre, de faire des rencontres, etc. Avec tout à portée de clic et une profusion d’outils souvent gratuits en l’échange des informations publiées qui apportent de la valeur à l’outil… Et dans un contexte d’infobésité où il convient de discerner l’important de l’accessoire dans la masse d’information disponible sur le Web. Par ailleurs, à partir de 2004 est apparu le concept de Web 2.0 traduisant le passage d’un Web statique où l’information était descendante à un web collaboratif dans lequel l’internaute est consommacteur et consommauteur : publication et création de contenu sur les blogs, wikis et réseaux sociaux notamment avec des échanges de plusieurs vers plusieurs.

En quoi a-t-il révolutionné l'économie ?

David Fayon : Avec le passage au Web 2.0, on est entré dans une économie collaborative du don et de la participation qui avait déjà commencé avec le phénomène des logiciels et systèmes d’exploitation Open source où chacun peut améliorer le produit et participer à la co-création. Les internautes produisent du contenu souvent bénévolement : avis et commentaires sur des sites comme Amazon ou TripAdvisor, encyclopédie libre Wikipédia qui a condamné le Quid et qui selon certaines études aurait une qualité proche de Britannica, journalisme citoyen avec des rédactions d’articles (CentPapiers au Québec ou Agoravox en France), etc. Mais aussi le crowdsourcing et le crowdfunding avec le pouvoir de la multitude, c’est-à-dire l’intelligence même des internautes qui peuvent dans le premier cas être passionnés ou experts sur des sujets précis et dans le second, apporter un financement collaboratif pour donner vie à des projets. La valeur ajoutée n’est plus simplement marchande et cela a des incidences sur le PIB. Nous avons en outre une autre caractéristique utilisée par bon nombre d’acteurs (les réseaux sociaux professionnels LinkedIn ou Viadeo, certaines applications de Google), à savoir le modèle freemium : une version gratuite et basique pour tous (free), une version avec des fonctionnalités enrichies pour ceux qui payent (premium).
Certains comme Michel Volle parlent même d’iconomie (voir ici) pour qualifier ce changement de société profond en un laps de temps très court à l’échelle de l’humanité que nous vivons. Il s’agit d’une "société dont l’économie, les institutions et les modes de vie s’appuient sur la synergie de la micro-électronique, du logiciel et d’Internet".
Nous ne sommes qu’au début de cette révolution de l’économie. Nous vivons en effet la 3e révolution de l’informatique, l’ère des données qui a succédé à celle du matériel puis du logiciel. La valeur ajoutée réside dans la capacité à traiter, sémantiser et contextualiser les données pour des actions précises. Au cœur de cette ère des données se situe le big data.  

Selon les estimations de Martin Goos, économiste à l'Université de Louvain en Belgique, deux tiers des 7,6 millions d'emplois de la classe moyenne ont disparu en Europe. Si la technologie a permis d'automatiser certaines tâches, elle a aussi permis la création de nouveaux métiers. Quel a été l'impact réel du web sur l'emploi ? En a-t-on davantage créés que détruits ? Lesquels ?

Robin Rivaton : L’impact d’Internet sur l’emploi est observé avec une intensité croissante au fur et à mesure des difficultés du marché de l’emploi. Je ne partage pas cette analyse du potentiel de destruction d’internet. Bien conscients de l’impact disruptif qu’ils ont sur les acteurs de l’économie traditionnelle, les entreprises du numérique ont multiplié les études pour mesure leurs performances en matière d’emploi. Selon l’université du Maryland, Facebook aurait permis de créer entre 180 et 240 000 emplois indirects aux Etats-Unis grâce au développement de l’édition d’applications. En Europe, ce chiffre serait de 232 000 emplois en Europe, dont 22 000 en France et 1,9 milliard de chiffres d’affaires, selon une étude du cabinet Deloitte. En mars 2013, le cabinet McKinsey suggérait qu’internet aurait créé un quart des emplois en France depuis 1995. Pour reprendre une comparaison souvent brandie par ceux qui critiquent le ratio créations/destructions d’emplois, General Motors et Apple ont un chiffre d’affaires assez similaire, respectivement 152 et 170 milliards de dollars, mais le premier a près de quatre fois plus d’employés que le second. Néanmoins s’arrêter à cette comparaison simpliste ne prend pas en compte les emplois générés chez les fournisseurs, qui sont plus nombreux pour Apple, l’entreprise ayant sous-traité une majorité des opérations de production, mais oublie surtout les emplois induits par l’écosystème. Comment ne pas prendre en compte les trois cent mille emplois de développeurs et créateurs que nourrit l’écosystème d’iOs aux Etats-Unis face auquel l’écosystème de General Motors parait bien plus faible.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par pascalou2 - 12/03/2014 - 23:05 - Signaler un abus bonjour

    jusqu a present interet nousavais enrichie ....mais c est sans compte sur les politique ....les reportage de afp sont desormais censurable dans la minute ...point n est necessaire de juridiction ou de justice ...on censure et puis c est tous .... amina (ex femen ) vient d en faire les frait et le clip de golman retravailler part le couple balkany en fait les frais aussi ....si on desireai des citoyen mouton , on ne procederai pas auitrement ....cqfd pascalou

  • Par pascalou2 - 12/03/2014 - 23:15 - Signaler un abus bonjour

    malger les censur sur l afp ...il reste queques trace de leur combas ethique , pour peuve se lien ....a vous de juger si le combas des femme doit exister ou pas http://www.youtube.com/watch?v=6v9NH8KjdJg

  • Par pascalou2 - 12/03/2014 - 23:28 - Signaler un abus bonjour

    pour rassurer les tenant de toues les vielle moral , je suis completement cenbsurer sur les site qui devrai etre feministe ...cqfd alors si je poste ici , c est que les femme on failli a defanre leur jeunesse ....elles ne sont que prisonniere de veillote moral et censure les mouvenent des jeune ... apres que puis atendre d atlentico , rien , c est une bouteille a la mer , pour que l ethique survive au media moderne..... - peut on perde cette cause , qui deneficie au femme et au homme si on la comprend bien , mais detruit les religion qui on perdu leur valeur ...cqfd pascalou amateur de science

  • Par legaulois55 - 13/03/2014 - 07:36 - Signaler un abus si seulement

    les internautes essayaient d' écrire le français à peu prés correctement PASCALOU doit être le résultat que l'on constate du collège unique enseignants de la troisième république revenez vite vous avez du pain sur la planche

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Robin Rivaton - David Fayon

Robin Rivaton est chargé de mission d'un dirigeant d'un groupe dans le domaine des infrastructures. Il a connu plusieurs expériences en conseil financier, juridique ou stratégique à Paris et à Londres.

Impliqué dans vie des idées, il écrit régulièrement dans plusieurs journaux et collabore avec des organismes de recherche sur les questions économiques et politiques. Il siège au Conseil scientifique du think-tank Fondapol où il a publié différents travaux sur la compétitivité, l'industrie ou les nouvelles technologies. Il est diplômé de l’ESCP Europe et de Sciences Po. 

David Fayon est directeur de projets SI au sein du groupe La Poste et membre de l'association Renaissance Numérique. Il est l'auteur de Web 2.0 et au-delà (Economica, 2è éd., 2010) et Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 2010), de Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques (avec Christine Balagué Pearson, 2011) et de Développer sa présence sur Internet (avec Camille Alloing Dunod, 2012). Il vient de publier Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? aux éditions Economica.

Il anime enfin le site davidfayon.fr, sur l'actualité du Web et du numérique.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€