Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 19 Août 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Industrie : où diable aller chercher cette sacro-sainte compétitivité ?

Les grands industriels montent au créneau pour défendre la nécessité d’une industrie en France.

Atlantico Business

Publié le
Industrie : où diable aller chercher cette sacro-sainte compétitivité ?

16 ans que l’industrie n’a pas créé un emploi, les destructions restant supérieures aux créations. Pour 2017 encore, même si cela se joue maintenant à 500 emplois près. Les choses vont mieux dans l’industrie, les usines tournent et les marges des entreprises ont repris des couleurs. Certains indicateurs sont bons, quand l’un agite le drapeau rouge : celui du commerce extérieur. Et si la France perd des parts des parts de marchés et des exportations dans le commerce européen, c’est cette fois un problème de compétitivité.

Le manque de compétitivité ne pardonne pas dans un secteur dans l’industrie. Le XXIème siècle est bien plus cruel, car la mondialisation des économies implique aussi leur concurrence et les productions voire même les conceptions en industrie sont facilement délocalisables.

Une entreprise du secteur de l’industrie sur deux s’estime moins compétitive que ses homologues allemands (baromètre Randstad). Comme un phénomène d’automédication, les entreprises mettent ce manque aux bénéfices d’une fiscalité trop conséquente.

Ce que les experts ne manquent pas de démentir. En moyenne, un ingénieur français est 20 à 30% plus cher qu’un allemand.A cause des charges sociales d’abord, où si le CICE et la baisse de charges sur bas salaires qui s’est généralisée sont applaudis mais loin d’être suffisants, surtout pour l’industrie. Dans son dernier rapport, la Fabrique de l’industrie indique que « pour être efficace, il faudrait aller jusqu’à 3,5 voire idéalement 4 fois le SMIC ». Louis Gallois, qui copréside ce think tank, en rêve. Pour l’instant, Bruno Le Maire a promis 3 fois.  Objectif de cette augmentation de seuil : mieux flécher cet allègement de charges pour toucher les emplois plus qualifiés, notamment ceux relevant de l’ingénierie industrielle et qui sont, eux, directement confrontés à la concurrence internationale.

Alors que les bas salaires sont eux moins concurrencés par l’international et donc moins délocalisables, puisqu’ils relèvent en général du secteur des services. En revanche, la création d’un seul emploi industriel entraine trois ou quatre emplois locaux.

Deuxième élément de grogne : les impôts de production qui touchent les entreprises avant même qu’elles aient commencé à vendre. Toutes les taxes touchant les entreprises relatives au foncier, au capital et qui sont souvent désincitatives pour des multinationales. Du coup, aujourd’hui, l’offre de production est insuffisante en France, alors même que les indicateurs de croissance sont bons. « L’appareil industriel est trop petit », selon Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint Gobain, pour répondre efficacement à la demande, la France n’est pas en mesure d’augmenter ses exportations et le déficit commercial se creuse.

La compétitivité sur les coûts est une explication, sans être pour autant la seule. Pour les experts, les entreprises ne doivent pas être exempter de chercher d’autres remèdes. Et notamment celle d’améliorer leur offre, non pas par le prix mais par sa qualité.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Ganesha - 15/02/2018 - 08:15 - Signaler un abus Enfin !

    Enfin, sur Atlantico, un article intelligent sur ce sujet ! Cela nous change des éternelles banalités que mr. Sylvestre nous répète tous les jours. S'il avait été un peu plus long, ce texte aurait pu aborder l'impérieuse nécessité d'une politique ''souverainiste'', pour enfin pouvoir espérer le retour au ''plein emploi'' !

  • Par vangog - 15/02/2018 - 08:17 - Signaler un abus Laisse béton! Avec Macron-Rothschild, la compétitivité française

    est enterrée, bien profondément, car ce n’est pas son problème, à l’énarque.. Lui, il doit faire prospérer les banques Rothschild, Goldmann-Sachs et Société générale...et c’est réussi! Pour vaincre la baisse de compétitivité, il faudra attendre la grande coalition Front National-LR-Debout la France...patience!

  • Par ajm - 15/02/2018 - 11:18 - Signaler un abus Macron et les banques.

    Vangog: le dénigrement des banques est facile mais pas très intelligent. Le secteur bancaire français est probablement le plus compétitif en Europe et, contrairement à ce que certains proclament en boucle un peu partout, les banques françaises financent massivement l'economie réelle , l'immobilier évidemment ( les Français n'ont jamais acheté autant d'immobilier qu'en 2017) mais aussi l'industrie, PME et multinationales. Il faut arrêter aussi de parler toujours de la banque Rothschild qui est une petite "banquette" spécialisée dans les fusions acquisitions et la gestion de patrimoine mais dont le rôle réel dans l'economie française est très, très marginal . Pour ce qui est de la complaisance supposée de Macron pour le secteur bancaire, pour l'instant, cela s'est traduit par une contribution massive des grandes banques françaises et du secteur financier en général à la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. D'une façon générale, les banques Francaises n'attendent pas grand chose de l'état Francais directement car le secteur est très largement sous supervision Européenne ( rôle de la BCE) que ce soit sur le plan reglementaire ou du contrôle.

  • Par l'enclume - 15/02/2018 - 11:31 - Signaler un abus Un peu de patience, le noeud coulant se resserre tous les jours

    ajm - 15/02/2018 - 11:18 - Vous ne comprenez pas pourquoi "vangogo" en veut à la Société Générale? Tout simplement parce qu'elle a viré le FHaine de ses comptes.

  • Par Ganesha - 15/02/2018 - 11:49 - Signaler un abus AJM

    Nous savons que vous êtes un brillant avocat, qui défendrait Lelandais, l'assassin de la petite Maëlys, et même, peut-être Adolf Eichmann. Mais, en plus, vous êtes un sacré menteur ! Rothschild est ''la première banque d'affaires française'' ! === https://m.lesechos.fr/030417616792.htm

  • Par ajm - 15/02/2018 - 14:46 - Signaler un abus Banques d'affaires.

    Ganesha vous évoquez toujours des sujets sur lesquels vous n'avez pas le début de connaissances minimorum. Le classement auquel vous faites allusion indique le rôle de banques , dites d'affaires, c'est à dire en pratique banques de conseil ( comme Lazard aussi) qui interviennent sans prendre de risque financier, notamment dans les fusions acquisitions ( là où travaillait Macron) . Il s 'agit de petites equipes très bien rémunérées comme de grands cabinets d'avocats, mais leur impact financier dans l'economie est nul.

  • Par Michel Baubet - 15/02/2018 - 21:30 - Signaler un abus Que de lieux communs !

    Tous ces commentaires stupides m'exaspèrent ! Tout ne serait qu'une question de charges sociales ? Vous croyez vraiment que les voitures allemandes se vendent bien parce qu'elles sont moins chères ? Non, c'est parce qu'elles sont de meilleure qualité ! Et nos dirigeants d'entreprises, ils sont vraiment meilleurs que les allemands ?

  • Par ajm - 15/02/2018 - 22:01 - Signaler un abus Qualité perçue.

    Michel Baubet: la qualité supposée des voitures Allemandes c'est aussi une pierre traditionnelle dans le jardin zen des lieux communs. Tous les tests independants mettent plutôt les voitures japonaises comme etant les plus fiables, les voitures Allemandes ne se distinguant guère des autres, malgré des prix très élevés pour les modèles hauts de gamme. Mais il est vrai que leur image est meilleure. La qualité est souvent plus une question de qualité perçue. Ceci dit, la qualité perçue ça se travaille aussi , la communication est essentielle dans le processus global de "Qualité ".

  • Par gerint - 15/02/2018 - 23:28 - Signaler un abus @ajm

    Merci pour les explications sur les banques. Je pense néanmoins que Macron n’a rien à faire de la France (il en méprise une grande partie du peuple) en particulier mais vise une influence internationale et sert d’autres intérêts que ceux du pays

  • Par vangog - 16/02/2018 - 00:21 - Signaler un abus En même temps...

    quand j’ecris Macron-Rothschild, je n’évoque pas obligatoirement une collusion, mais une provenance...et peut-être un retour, si le petit a bien travaillé...

  • Par vangog - 16/02/2018 - 00:28 - Signaler un abus @ajm vous confondez pouvoir de l’argent et pouvoir décisionnel..

    le pouvoir de l’argent, c’etait le capitalisme du 20ieme siècle, alors que le 21eme siècle est celui du capitalisme de connivence, ce qu’a parfaitement anticipé Macron-Rothschild...le pouvoir décisionnel est plus glamour: c’est le pouvoir des fusacqs, faire ou défaire des empires, se croire au dessus des Nations, au dessus des banques, au dessus des peuples...une ivresse de dictature! l’art de Rothschild est de passer inaperçu...se dissimuler pour mieux manipuler...un art de marionnettiste!

  • Par moneo - 17/02/2018 - 11:54 - Signaler un abus un oubli?

    la nécessaire" desadministration "du pays/j'ai découvert hier avec stupéfaction que le recyclage en France avec son organisation bureaucratique et son coût avait pour résultat que le produit recyclé coûtait 4 fois plus cher qu'en Allemagne;.. il semble bien que chez nous on recycle pour recycler et que l'on taxe pour trouver des ressources pour les organisateurs du recyclage ,apparemment personne ensemble s'occuper du prix de revient.. déjà dans le passé j'avais été époustoufle du circuit de la récupération des bouteilles plastiques et je m'étais dit ça vaut le coup? ou faut il continuer à fabriquer avec des matière première primaires

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€