Zone franche
La Grande-Bretagne, laboratoire du souverainisme ?
Le « splendide isolement » et le chacun pour soi, c'est déjà naze chez les voisins, ça le serait tout autant chez nous.

David Cameron, Premier ministre britannique, vendredi à Bruxelles après son refus d'une révision des traités conduisant à au fédéralisme budgétaire : "Comment ça, ils sont encore tous partis en réunion sans moi ?" Crédit Reuters
On devrait s’intéresser davantage à la Grande-Bretagne, ces jours-ci. Comme laboratoire du « souverainisme », la grosse idée du moment, on peut difficilement faire mieux…
Bien sûr, la Grèce nous avait déjà montré ce qui arrive à un pays dont les dépenses sont à ce point supérieures aux recettes des années durant qu’il finit par sombrer, mais les paramètres sont trop différents pour provoquer une vraie identification : une petite nation aux marges de l’Europe, sans industrie ni prétention à influencer la marche de l'univers… Autant se prendre pour des Lituaniens ou des Bulgares.
Ça viendra peut-être mais on n’en est pas encore là. Et puis même le PS veut réduire les dépenses, désormais.
Dans un autre registre, la Grande-Bretagne est le clone parfait. Même nombre d’habitants, même surface économique, même certitude un peu grotesque d’être restée le phare du monde civilisé… Et surtout, l’application méthodique de toutes les recettes du « go it alone » qui semble tant séduire les Français.
Une monnaie bien à soi, une banque centrale libre de faire ronronner la planche à billets à la demande, des frontières hors-Schengen et, depuis ce weekend, un statut de cousin au troisième degré dans la grande famille européenne… Tout y est. Est-ce que ça fait envie ? A l’époque du blairisme triomphant, lorsque nos jeunes diplômés traversaient la Manche histoire de voir à quoi ressemblait un pays sans chômage ni neurasthénie chronique, certainement. Mais maintenant ?
Ok, les agences de notation font encore semblant de ne pas avoir remarqué qu’une puissance décatie du nord de l’Europe n’avait plus aucun ami véritable nulle part, entre des États-Unis indifférents et une Union européenne agacée. Mais à force de dégrader tous azimuts, elles finiront bien par tester le poids de la livre… Tiens, la dernière fois que quelqu’un a joué à ça, c’était en 92, et le Trésor britannique avait dû engloutir 27 milliards de réserves juste pour l’empêcher de couler à pic, son sterling…
Chez les Lib-Dem et au Labour, on commence d’ailleurs à trouver que le splendide isolement, ça va cinq minutes. Mais ni les premiers, junior partners dans une coalition majoritairement europhobe, ni les seconds, cantonnés au ministère de la parole à la manière de leurs camarades de la rue de Solferino, n’ont les moyens d’empêcher la stratégie du pire.
Bon, moi, je les aime bien, les voisins du dessus. Je ne leur souhaite aucun mal. N’empêche, si cette expérience souverainiste partie pour foirer dans les grandes largeurs pouvait nous servir de repoussoir, ça nous éviterait de devenir nous même le prochain cas d'école. Le souverainisme, laissons-ça à nos amis monarchistes.
Hugues Serraf
Hugues Serraf est journaliste, écrivain et blogueur.
Aujourd'hui, éditorialiste à Atlantico, il est l'auteur de Petites exceptions françaises (Albin Michel, 2008) et de L'anti-manuel du cycliste urbain (Berg International, 2010).


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Cher M. Serraf, en disant cela, pensez-vous aux souverainistes representes par Villiers? Au Quebec, vous verrez que ses souverainistes sont anti-monarchistes (cf le couple princier Kaka et Wiwi en tournee cet ete) mais veulent surtout redevenir maitres de leur destin. L'Angleterre se marginalise? Quand une brebis quitte le troupeau, le loup est a l'affut! Au berger de mater les brebis galeuses...
Quelle petite phrase minable...Churchill aurait pu écrire "le fascisme laissons ça à nos amis républicains". Comme d'habitude, le leitmotiv europhile avec pour seul argument: puisque nous sommes les plus nombreux à penser que c'est bon pour nous, c'est que nous avons raison..
Mais bon, moi j'ai la bétise de penser que la Suisse (monarchiste ??) est moins dans la m.... que l'euro groupe.
Ils en ont assez (comme certains autres peuples européens) d'être sous le joug du tandem francoallemand, la France se réservant le leadership politique et l'Allemagne le leadership économique de l'UE.
J'avoue ne pas être économiste mais en Alsace on constate bien que nous sommes liés à l'Allemagne et que nous ne nous en tirerons pas tout seuls. À quoi sert-il de rappeler encore une fois les souvenirs de la guerre de 40 comme le fait @Thomas Bishop-Garnier et de prôner le souverainisme ? Je n'ai pas la moindre envie de présenter à nouveau mes papiers chaque fois que je passe le Rhin.
l'auteur rend le débat sur la souveraineté binaire....
Or, la vérité est dans la modération....
En effet, la France qui cède tous ses intérets aux Allemands, versus les britanniques qui ne voient leurs intérêts que dans le cavalier seul, c'est aller d'un mauvais à un autre..
La bonne mesure , c'est une BCE qui change de rôle et une vraie politique Européenne. A défaut les anglais sont partis!
...années 60 et 70 , n'était pas le "splendide isolement" et le chacun pour soi. L'intégration/élargissement européen à marche forcée, et la dictature de l'eurocratie,les peuples européens n'en veulent plus, c'est
aussi simple que çà.
De la meme manière qu'en 1940, avec le General de Gaulle, les Français Libres vont devoir retourner à Londres pour continuer le combat pour la liberté et la souverainté de la France.
La situation est totalement différente, cela va de soi mais ... pour la liberté de la nation française contre le "nouvel ordre européen", la reference historique avec les FFL est legitime.