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Le gouvernement par la peur : comment Manuel Valls est devenu expert en manipulation de l’opinion par l’agitation de menaces terroristes

Ce mardi 9 février, Manuel Valls a jugé que la menace terroriste était aujourd'hui plus élevée qu'elle ne l'était avant les derniers attentats de Paris. Le Premier ministre joue sur l'ambiance de terreur qui plane encore sur la France pour faciliter le passage de la déchéance de nationalité, loi symbolique et inefficace s'il en est.

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Le gouvernement par la peur : comment Manuel Valls est devenu expert en manipulation de l’opinion par l’agitation de menaces terroristes

Manuel Valls a annoncé ce mardi : "La menace terroriste est plus élevée qu’avant le 13 novembre". Crédit Reuters

Quand Manuel Valls dit que la menace terroriste en France est "plus grande qu'avant le 13 novembre", suggérant même que la prochaine attaque de Daesh pourrait être chimique,  et qu'il faut "prendre les décisions qui s'imposent", veut-il seulement faire peur?

On peut craindre que non : il s'en faut de beaucoup en effet que la police française suive à ce jour à la trace les 8000 personnes du fichier S ayant un rapport avec le terrorisme (tout ceux qui sont dans ce fichier ne sont pas liés au terrorisme, ce qui est bien fâcheux !)

Ainsi le gouvernement Valls cherche à tirer politiquement parti de ses propres défaillances.

Ne nous faisons pas d'illusions en effet. Il se peut que, en évoquant ces menaces, Valls prenne ses précautions au cas où un nouvel attentat se produirait. Mais il veut surtout alimenter un climat de tension dont il espère qu'il permettra de faire passer la révision constitutionnelle.  Et si elle ne passait pas, il pourrait faire porter la responsabilité d'un nouvel attentat éventuel sur l'opposition et sur ses propres dissidents. 

Démarche doublement choquante. Si Valls ne porte pas seul la responsabilité des développements qui ont rendu possibles les horribles attentats du 7 janvier et du 13 novembre 2015, et plus largement du climat d'insécurité qui règne aujourd'hui, il peut difficilement en  être exonéré.

Ces responsabilités sont en effet multiples: dans les années deux mille, la DST contrôlait la situation. Pendant plus de 15 ans (1995-2012) notre pays n'a pas connu d'attentat terroriste (alors que les pires avaient lieu à New York, Madrid ou Londres). Service peu nombreux mais rodé, la DST avait infiltré les réseaux et disposait de la capacité de prévenir en amont les projets les plus funestes.

Mais selon la manie désastreuse de réformer ce qui va bien sans toucher à ce qui va mal, on fusionna en 2008 ce service avec les renseignements généraux pour constituer une super Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) que la gauche a même séparée de la  police nationale en 2014 en en faisant une Direction générale du renseignement intérieur (DGRI). Comme dans toutes les réformes de grande ampleur, les deux services se trouvèrent désorganisés pendant plusieurs années. Il n'est pas sûr qu'ils s'en soient encore remis.

On peut certes mettre cette réforme au passif de Nicolas Sarkozy mais elle n'était que l'application bestiale d'une loi votée à l'unanimité par le Parlement sous Jospin, dite LOLF, du 1er août 2001 qui prévoyait la fusion de tous les services de l'Etat qui, au moins de loin, pouvaient présenter quelque analogie.

L'autre responsabilité est celle des gouvernements français depuis 2011 qui ont considéré que les révoltes de Syrie (très limitées au départ)   s'inscrivaient dans la suite des printemps arabes et allaient vite aboutir au renversement du régime d'Assad. Ils ont dès lors pris le parti de ses adversaires, qui étaient tous des islamistes, même si certains de ceux-ci portaient un faux nez démocratique. Qu'importe la désignation des  différents mouvements : la vérité est que la France a aidé pendant quatre ans sous  la forme de livraisons d'armes et d'envoi de formateurs issus de nos forces armées des terroristes proches de Daesh. Et notre propagande d'Etat accusait alors le gouvernement syrien d'attaques chimiques dont il est aujourd'hui prouvé qu'elles venaient des terroristes. Cette politique de trahison ne semble avoir cessé que depuis le 13 novembre. Inutile de s'étonner que ces derniers n'en aient conçu aucune reconnaissance : "oignez vilain, il vous poindra".  

 
Commentaires

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  • Par langue de pivert - 10/02/2016 - 11:51 - Signaler un abus Les roses poussent sur le fumier !

    Dahesh lavent plus rouge...et "sponsorise" le parti socialiste français ! Voila ce qu'il faut retenir ! Cet exécutif de merde ne tire que des profits des attentats, des ouvertures de frontières, de son insensé laxisme et immobilisme face à la cinquième colonne mahométane ! (montée dans les sondages, "resserrement" gouvernemental, pleurnicheries nationales, bougies, simagrées pour vendre des journaux, tout le monde y trouve son compte, sauf les victimes et leurs proches...) Quel intérêt aurait-il à améliorer la sécurité ? HOLLANDE, VALLS, CAZENEUVE capitalisent sur la mort des citoyens de ce pays et surf sur le sang des victimes ! Jusques au jour où...l''attentat de trop qui mettra le feux aux poudres et l'effet boomerang qui s'en suivra !

  • Par Pig - 10/02/2016 - 12:59 - Signaler un abus Guerre civile

    Déjà Valls avait agité le spectre de la guerre civile avant les élections régionales. L'instrumentalisation de la menace terroriste me semble évident.

  • Par vangog - 11/02/2016 - 01:23 - Signaler un abus Ne vous inquiétez-pas, car on va les fusionner, les Socialos!

    Il présentent tous une "certaine analogie": la médiocrité...Fusionnons, fusionnons!

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de "La grande démolition : La France cassée par les réformes"

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