Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 28 Juin 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

"Les fantômes de la rue papillon" : un beau thème, assez mal traité

Atlanti-culture

Publié le
"Les fantômes de la rue papillon" : un beau thème, assez mal traité
THEATRE
 

LES FANTOMES DE LA RUE PAPILLON

de Dominique Coubes
mise en scène: Dominique Coubes
Avec Michel Jonasz, Samy Seghir, et la participation amicale de Judith Magre.
 
INFORMATIONS
 
Théâtre du gymnase Marie-Bell
38 Bd Bonne Nouvelle
75010 Paris
Réservations:  01 .42.46.79.79
                        www.theatrelabuyere.com
jusqu'au 30 avril
du mardi au samedi à 20H, dimanche à 18h.
 
 
L’AUTEUR 
 
Dominique Coubes est scénariste. Il a travaillé six ans avec Didier Bourdon comme directeur artistique; et travaille depuis 2003 pour le théâtre du Gymnase. Il a écrit plusieurs pièces et signé de nombreuses mises en scènes dont celle de cette pièce.
 
THEME 
 
Depuis le 16 Juillet 1942,  Joseph erre dans le ciel de la rue Papillon.
Sur son banc, il assiste à la vie de sa rue, qu’il a quitté le jour ou il a été tué par un policier français, venu l’arrêter pour le conduire avec sa  femme et ses enfants au Vel d’Hiv.
 
75 ans plus tard, au même numéro de la rue, Haissa ,un jeune français d’origine algérienne est victime, lors d’un contrôle de police, d’une bavure qui va lui coûter la vie.
 
Dés lors, Il rejoint  Joseph sur le banc des fantômes de cette rue.
Après un long moment d’incompréhension et de refus de cette situation, Haissa va faire connaissance avec Joseph. Ils se racontent leurs vies, leurs destinées et difficultés.
Joseph  demande à Haissa de trouver ce qu’il ait advenu de sa famille arrêtée avec lui le jour où il a été tué.
Au gré de ses recherches, Haissa va comprendre que la famille de Joseph a disparu, et découvrir l’horreur de la Shoah.
On aura compris que le propos de l'auteur est d'alerter le spectateur sur les méfaits du racisme, la stigmatisation ethnique ou religieuse, le non respect des différences, phénomène récurrent au delà des époques et des générations.
 
POINTS FORTS
 
Essentiellement, l’interprétation tout en subtilité de Michel Jonasz,  et celle de Samir Seghir, très convaincant.
 
POINTS FAIBLES 
 
- Un longue série de poncifs -dont les méchants policiers qui tirent sur les gentils et jeunes rebeux- pendant les  45 premières minutes,  qui m’ont semblé interminables; impression accentuée par  l’absence de « texte ».
 - Comment l’auteur  nous emmène-t-il vers l’un des principaux sujets de la pièce? Grace à un ipad « emprunté » par Haissa dans une grande surface, et à une connexion internet parfaite dans le monde intemporel des fantômes, lesquels permettront à Joseph de découvrir la disparition des siens et l’horreur de la Shoah !
 Cette évocation  par quelques photos des camps de concentration et une vidéo sur le procès de Nuremberg m’a semblé un peu « courte » compte tenu de la gravité du sujet.
- J’ai vraiment regretté que la seconde partie de la pièce soit traitée, me semble t il,  sans réflexion profonde sur ce thème grave, mais en naviguant au travers d’un ensemble de banalités sur Dieu, les collabos, les juifs, les arabes etc..
- Enfin le portrait du jeune Haissa avec ses 100 mots de vocabulaire (dont la fameuse exclamation « Sa Race ! »,  qu’il utilise avec un fort accent,  pour indiquer son mécontentement, comme insulte ou ponctuation) relève de la caricature.
On peux être jeune, beur et ne pas être illettré,  même en banlieue...
 
EN DEUX MOTS
 
Un thème universel, le respect de nos différences,  traité de manière plutôt simpliste et sans émotion.
 
UN EXTRAIT
 
Ou plutôt deux dialogues:
- Joseph :    « 6 millions d’arabes en France ! Mais comment en êtes-vous arrivés là?"
  Haissa :     « Oui, certains disent que c’est trop »
 
- Joseph : « Léon Blum »
  Haissa : « Non, Dany Boon»...
 
  On n'est pas obligé de s'extasier...
 
RECOMMANDATION 
 
A LA RIGUEUR

 

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Virginie Romefort pour Culture-Tops

Virginie Romefort est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€