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Europe : le grand saut dans l’inconnu pour Emmanuel Macron

Alors que le chef de l'Etat consacrera ce mardi 17 avril au lancement des consultations citoyennes sur l'Europe au Centre des Congrès d’Épinal, un fossé d'incompréhension semble se creuser entre Berlin et Paris.

Divergences

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Europe : le grand saut dans l’inconnu pour Emmanuel Macron

 Crédit EMMANUEL DUNAND / AFP

Atlantico : Olaf Scholz, nouveau ministre des finances allemand a pu déclarer que toutes les réformes proposées par Emmanuel Macron n'étaient pas "possibles", une position qui semble commune avec les membres de la CDU/CSU. De la même façon, l'annonce préventive de Berlin sur sa non-participation aux frappes en Syrie a pu consolider, notamment, la relation entre Paris et Londres. Comment Emmanuel Macron peut-il intégrer ces différents éléments pour la suite de son ambition européenne alors qu'il l'avait envisagé sous l'angle du couple franco-allemand ? 

Jérôme Vaillant : Alors qu’Emmanuel Macron rappellera son projet de réforme pour l’Europe ce mardi 17 avril, la chancelière exposera devant le groupe parlementaire CDU-CSU les premiers pas à faire pour réformer l’Europe.

Angela Merkel est manifestement obligée de tenir compte des réserves formulées au sein de son propre parti, tout particulièrement de la part des spécialistes des questions budgétaires qui s’appuient sur le jugement du Tribunal fédéral constitutionnel de Karlsruhe soucieux de préserver la souveraineté du Bundestag en matière de budget (cf. entre autres son jugement de septembre 2012). Certains députés chrétiens-démocrates, dont Ralph Brinkhaus, vice-président du groupe parlementaire, doutent qu’il soit possible d’aboutir à une position franco-allemande commune lors du sommet européen du mois de juin. Mais la nouvelle secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a fait savoir pour sa part que s’il fallait aborder les réformes avec le sérieux nécessaire, le faire savoir « n’avait rien à voir avec un blocage de l’Europe ». Elle ajoutait que chancelière disposait au Bundestag de la marge de manœuvre nécessaire pour convaincre le groupe parlement chrétien-démocrate. Le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a en même temps insisté sur le fait que la chancelière partait de l’idée d’un accord franco-allemand d’ici fin juin et indiqué que « la volonté commune d’aboutir était là », ajoutant que A. Merkel et E. Macron « se trouvaient dans un processus intensif de discussion et de travail sur toutes les facettes de la réforme de la zone euro et qu’il y avait certes à ce propos des concordances comme des divergences. »

Quant à Olaf Scholz, ministre des Finances, il n’a lors de son entretien avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 14 février, rien dit d’autre que la chancelière. Après avoir rappelé le geste fort qui a consisté  pour la chancelière, le ministre des Affaires étrangères et lui-même à se rendre à Paris  aussitôt après la formation du nouveau gouvernement, il estime que les discussions avec Paris vont être menées à un bon rythme et que l’on peut s’attendre à des résultats  sur la question de l’union bancaire, une fois réglées quelques questions ardues de crédits.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 17/04/2018 - 09:32 - Signaler un abus Voici un bien misérable article !

    Voici un bien misérable article ! Qui encourage Emmanuel Macron à s'inspirer de son prestigieux ancêtre, Édouard Daladier, qui, en 1938, à Munich, a réussi à obtenir un ''accord parfaitement équilibré'' avec le chancelier allemand, ce très respectable monsieur, Adolf Hitler !

  • Par vangog - 17/04/2018 - 13:43 - Signaler un abus L’Allemagne, c’est pas Bourdin, ni E.Plenel!...

    Ah c'était plus facile de combattre ces deux brutus en robe de chambre, que de convaincre la cheftaine de l’UE. Macrouille s’est encore trompé de débat....il fallait réclamer une politique anti-immigration, une réforme de Schengen et des institutions europeistes, une politique de défense contre l’islamisme, menace principale contre l’UE...Macron est largué dans les combats du passé gauchiste...has-been!

  • Par A M A - 17/04/2018 - 17:04 - Signaler un abus Pas facile de comprendre

    Pas facile de comprendre Macron qui veut sauver une Europe qui sera à la dérive tant qu'elle ne sera pas totalement sous la férule allemande. Cette esprit de domination n'est pourtant pas nouveau. Philippe-Auguste le soulignait il y a 800 ans et les trois dernières guerres l'on confirmé. A l'ENA, où l'on semble plutôt étudier la philosophie les cours d'histoire n'ont apparemment pas la priorité.

  • Par cloette - 17/04/2018 - 18:00 - Signaler un abus pas facile de comprendre Macron ?

    C'est peut-être bien qu'il n'y a rien à comprendre ( j'en suis de plus en plus persuadée )

  • Par Labarthe - 17/04/2018 - 19:46 - Signaler un abus Macron...Don Quichotte de l’Europe

    Macron a certainement raison. Vu le monde tel qu’il est en train de devenir, une Europe sociale et économique puissante, avec des projets et des initiatives scientifiques et technologiques à la pointe de la recherche, prenant en charge la lutte contre l’immigration illégale avec les moyens nécessaire, luttant contre les paradis fiscaux et l’optimisation fiscale, ayant l’equivalent Européen de Google, Amazone etc... ( á l’exemple des chinois pour ceux qui disent que ce n’est pas possible)

  • Par Labarthe - 17/04/2018 - 19:50 - Signaler un abus Don quichotte suite...

    est certainement souhaitable. Cette Europe n’existera sans doute jamais car elle est contraire aux priorités de l’Allemagne, des lobbyistes américains et autres, et des grands intérêts du capitalisme financier. Ces forces ont dominé l’Europe depuis les années 80 et n’ont surtout pas envie de l’Europe telle que la voie Macron. Ils ne veulent pas d’une Europe puissance politique et économique indépendante, mais d’une Europe au service de la puissance Allemande et complémentaire de l’économie Américaine. D’où la collections de médiocres sans aucune ambition ni vision placés aux commandes de l’Europe depuis 30 ans. En même temps l’Allemagne a peur d’une France la laissant seule en face des USA, de la GB et de la Russie aussi je pense que Angela Merkel va essayer de jouer avec notre Président. Je crois qu’il est temps pour notre Pays de définir une politique qui soit indépendante de L’Europe car celle ci dans sa conception actuelle va devenir de plus en plus un frein et même un danger.

  • Par gilbert perrin - 18/04/2018 - 10:20 - Signaler un abus MACRON, TA SOIF de POUVOIR va t'eliminer !!!!

    M. le président de l'EUROPE attention, tu ferais mieux de t'occuper de la FRANCE, dans la justice et l'égalité....

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Jérôme Vaillant

Jérôme Vaillant est professeur émérite de civilisation allemande à l'Université Charles-de-Gaulle Lille 3 et directeur de la revue Allemagne d'aujourdhuiIl a dirigé le dernier dossier avec Rudolf Herrmann publié dans le numéro 212 (avril-juin 2015) intitulé "Les réformes territoriales en France et en Allemagne". Jérôme Vaillant vient de codiriger avec Joachim Umlauf un cahier sur la situation de l’enseignement de l’allemand en France et sur l’enseignement du français en Allemagne dans le numéro 215 de la revue Allemagne d’aujourd’hui (janvier-mars 2016) , consultable ici

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