A Villepinte, Nicolas Sarkozy a eu le courage d’exiger que l’Europe se dote d’un « Buy European Act »-sur le modèle du « Buy American Act »-pour appliquer le principe de réciprocité aux pays qui n’ouvrent pas leurs marchés publics à la concurrence des entreprises européennes.
Principe de réciprocité
C’est une excellente proposition, mais l’application du principe de réciprocité doit être étendue à tous les échanges commerciaux avec les pays qui pratiquent des restrictions aux importations et aux investissements étrangers, notamment la Chine (1). Mais il faut exiger également l’application de deux autres principes :
- le principe d’équilibre des échanges commerciaux
- le principe d’équité.
Principe d'équilibre des échanges commerciaux
La stratégie de développement de certains pays émergents est fondée sur les exportations, au détriment de la demande intérieure. Elle s’accompagne parfois d’un protectionnisme monétaire, qui revient à taxer les importations et à subventionner les exportations.
Cette stratégie permet notamment à la Chine d’accumuler des réserves de change colossales (4 000 milliards de dollars, en comptant Hong Kong et Taïwan).
Cette accumulation excessive poursuit plusieurs objectifs :
- s’assurer le contrôle des ressources minières, énergétiques et agricoles (terres arables) dont son territoire ne dispose pas en quantités suffisantes et qui seront nécessaires à son développement futur ;
- s’assurer le contrôle des réseaux logistiques mondiaux nécessaires à ses besoins d’importation et à sa capacité d’exportation ;
- prendre le contrôle d’entreprises des pays développés qui lui apporteront rapidement, dans le monde entier, des marques, des réseaux de vente et d’après-vente et des technologies complémentaires, nécessaires à ses exportations ;
- s’assurer contre les risques de récession ou de fermeture des pays développés.
Cette stratégie, parfaitement compréhensible et justifiée du point de vue chinois, entre en contradiction avec les intérêts fondamentaux des peuples européens car elle fait peser de lourdes menaces sur l’indépendance économique de l’Union Européenne et elle est porteuse de risques majeurs de tensions et de conflits mondiaux.
Face à cette stratégie, l’Europe doit prendre toutes les initiatives et toutes les mesures nécessaires, dans le domaine commercial et dans le domaine monétaire, pour que les échanges commerciaux avec la Chine soient structurellement équilibrés (2).
Principe d'équité
Reste la question majeure des normes sociales (salaires, protection sociale, droit du travail), environnementales, sanitaires et juridiques, radicalement différentes, qui entraînent des coûts du travail de 8 à 20 fois inférieurs dans certains pays émergents (avec une productivité industrielle équivalente), d’où des délocalisations, des fermetures d’usines et des pertes d’emploi massives dans l’Union Européenne.
Il ne suffit pas de demander d’en tenir compte dans l’organisation du commerce mondial, comme le font les principaux candidats à la présidentielle (et le Parlement Européen), il faut dire comment et dans quelles conditions précises. Maurice Allais, relayé par un nombre croissant d’économistes, a proposé une solution de bon sens (3). Il faut la promouvoir.
Monsieur le Président, encore un effort ! Signez avec nous l’appel pour un protectionnisme européen, intelligent, sélectif, raisonné et raisonnable.
http://www.signezpourunprotectionnismeeuropeen.fr/support
(1) De nombreux pays émergents imposent des restrictions à leurs importations (sous forme de compensations, parts locales, apport de technologie, obligations de production locale, fermeture des marchés publics) ou des restrictions aux investissements étrangers (autorisation d’investissement, obligation d’association avec un partenaire local et limitation du pourcentage de participation).
(2) Dans le domaine monétaire, l’Union Européenne proposerait l’instauration d’un nouveau Système Monétaire International, fixant notamment des règles de convertibilité des monnaies, d’évolution des taux de change, de gestion des réserves, de rééquilibrage des balances de paiements courants et de contrôle de la création monétaire. A défaut d’un accord dans ce domaine, l’Union Européenne appliquerait les mesures commerciales nécessaires.
(3) L’organisation du commerce mondial serait fondée sur des ensembles de pays ayant des normes sociales, environnementales, sanitaires et juridiques comparables.
A l’intérieur de chaque ensemble, la libre concurrence serait la règle.
A l’extérieur, chaque ensemble serait en droit de protéger ses emplois, ses droits sociaux et ses intérêts économiques fondamentaux contre la concurrence inéquitable d’un autre ensemble dont les normes ne sont pas comparables, induisant des écarts de coûts importants, ou empêchant une juste réciprocité.
Chaque pays aurait intérêt à se regrouper avec des pays ayant des normes comparables pour créer un marché suffisamment vaste pour que la concurrence interne soit bénéfique.
Le développement de chaque ensemble serait fondé prioritairement sur sa demande intérieure et non sur ses exportations : il viserait à lui assurer la plus grande autonomie économique possible et à permettre la promotion des normes les plus élevées au sein de l’ensemble. L’objectif serait d’équilibrer les échanges avec les autres ensembles.
Ces ensembles pourraient être régionaux, sur le modèle de l’Union Européenne, du Mercosur ou de l’Asean. Mais ils pourraient s’étendre à d’autres pays, dès lors que les normes y seraient comparables (sous réserve d’un accord sur leurs politiques commerciales vis-à-vis des autres ensembles).
A terme, ce schéma pourrait évoluer vers une libéralisation complète des échanges au niveau mondial, dès lors que les normes sociales, environnementales, sanitaires et juridiques convergeraient.
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La reine du ctrl c, ctrl v a encore frappé... C'est fou ce qu'elle enrichit le débat.
On ne peut pas toujours être en désaccord avec vous. Ca me travaille.
Maintenant, il faut bien aussi trouver des créneaux sur lequel nous pouvons être concurrentiels. L'industrie lourde, compte tenu non seulement de la main d'oeuvre mais plus bêtement de la localisation du client (qui est... en Chine), ça va être dur. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas effectivement plus de coordination européenne.
Ben pour le coup vous me surprenez. Effectivement, encore une mesure à la "Schengen" fait pour faire plaisir aux électeurs tout en sachant qu'elle ne pourra être appliquée...
Et l'auteur qui trouve ça courageux... Un peu naïf le garçon;
you like english more than french? european legislation is normally in all of the languages of the EU, not just the language of the USA, why speak about it in english? were these sarkozy's words, if so that is very regettable. But who cares, france doesnt really matter very much anymore anyway right? especially compared to the kickassness of the USA! Lets all be good amerikaines and speakons english!!!
Impossible car qui définira les normes sociales, environnementales, sanitaires et juridiques comparables des pays avec qui l’Europe pourra commercer (pour vous citer)? Les technocrates européens, ces pays, ou une entité internationale (qui existe déjà)!
Et qui empêchera ces pays d' exiger la même chose à l'Europe et à leur exemple?
Proposition Inutile car, même si elle aboutissait, qui empêcherait ces pays de vendre leurs produits à des pays "vertueux" qui effectueraient une transformation sommaire et les revendraient ensuite à l’Europe? Vous voyez bien que commencerait la construction d'une usine à gaz ingérable et dont les Socialistes seuls ont le secret! Ne serait-ce que les "normes juridiques comparables" empêcheraient l'Europe de commercer avec 90% des pays au monde(et qui sont tous persuadés d'être plus démocratiques que nous!) ...une paille!
Rien que pour nous avoir ressorti Maurice Allais je vous tire mon chapeau.
Pour mettre un lien qui engage le parlement Européen à se doter d'une protection intelligente, je vous dis merci.
N'hésitez pas à étendre votre analyse aux axiomes de l'économiste le plus brillant qui fût selon moi (parce que sa vison n'était pas uniquement mercantile et ponctuelle mais humaniste pacifiée et durable) et de nous confirmer lequel des candidats qui se présentent cette année est dans cette cohérence.
@golvan: joli scud. à l'aristochratie, trés bonne synthèse de l'avenir Européen et de celui de la France... en deux phrases... pas mieux... mais je vois pas les deux gusses réorganiser la fonction publique avec toute la France à gauche pour l'un et sans redistribuer ce qu'il n'a pas pour l'autre. Une idée?
La première mesure à prendre c'est de dévaloriser les balances commerciales positives et négatives des états européens sur leurs échanges intra-communautaires. On ne peut pas continuer d'accepter que les états les plus prédateurs fassent voter les lois dans les autres pays pour favoriser encore sa prédation. Il faut arrêter rapidement, avant de décider d'un Buy-European-Act sans plus aucun pays en Europe.
15h46: Pour Hollande, la précarité des Roms est due à la politique de Sarkozy
Le candidat socialiste l'écrit dans une lettre au collectif Romeurope consultée par l'AFP. «C'est bien la politique du gouvernement de Nicolas Sarkozy qui est responsable de la précarité intolérable dans laquelle se trouvent ces familles et qui fabrique un groupe de population, bouc-émissaire idéal pour justifier des politiques toujours plus répressives», estime François Hollande. (HOLLANDE PENSE AUX ROMS ?TERRAINS GRATUITS RSA CMU ET ALLONS Y!!!)
et commencer par le début: ce qui peut "facilement" être fait doit l'être avant d'attaquer les bras de fer.
Par exemple rétablir l’étanchéité des frontières.
Nous avons déjà une taxe carbone qui est contestée il faudra la défendre
Ce type de proposition existait déjà au début des années 90 et me semble personnellement le seul qui permette de penser un avenir cohérent en l'Europe mais aussi aux USA, Australie etc, bref pour les pays dans lesquels existent, même inégalement, des protections sociales et environnementales en avance sur les pays émergents. Mais depuis vingt ans des ravis de la crèche prétendent qu'il est possible à l'Europe de concurrencer la Chine en ne visant que le haut de gamme et l'innovation permanente (entre autre à Atlantico), alors qu'eux mêmes sont bien souvent des profs d'économie à l'abri de leurs délires ou des" élites bourgeoises" le cul vissé à Neuilly depuis trois générations. Le roi est nu et il est temps de s'en rendre compte. Je crois en une Europe au sein de laquelle le commerce et la production industrielle s'exercent sans subventions mais avec des fiscalités et politiques sociales convergentes. Mais en ce qui concerne la France cela voudra dire moins de redistribution et une fonction publique fortement revue à la baisse.
Qui decide de la taille de la zone de libre echange protegee? certains diront l'Europe, d'autres la France, d'autres une region...
Plus la zone est grande et plus les desequilibres sociaux apparaissent (specialisation des pays), plus elle est petite et moins la recherce est efficace (on ne peut pas faire d'airbus sans access au marche global)
Ne faut-il donc pas adapter l'equation entrees = sorties a la necessite capitalistique des industries? Alimentaire = France, Automobile = Europe, Aeronautique = Monde
L'Europe semble logique mais ce n'est pas realiste a court terme... La France serait un vehicule plus efficace de ce type de reforme du commerce... Or seuls le Front National et feu Montebourg proposent ce type de mesures...
Quand presentez vous un candidat Mr Schaffhauser?