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Etats-Unis - Russie : pourquoi ce qui est reproché à Michael Flynn ressemblent pourtant étrangement au travail habituel d’un conseiller à ce poste ….

La presse s’est emparée de la démission du secrétaire américain à la sécurité nationale pour diffuser de fausses nouvelles de manière à incriminer - une fois de plus - la Russie.

Incohérences

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Etats-Unis - Russie : pourquoi ce qui est reproché à Michael Flynn ressemblent pourtant étrangement au travail habituel d’un conseiller à ce poste ….

Le lieutenant général (en position de retraite) Michaël Thomas Flynn a présenté sa démission du poste de conseiller de la sécurité nationale le 13 février 2017. La presse s’est emparée de ce fait, certes très important, pour diffuser de fausses nouvelles de manière à incriminer - une fois de plus - Moscou dans des activités délictueuses orchestrées par ses services secrets. Il convient de revenir aux faits pour tenter de comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire.

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Le général Flynn a eu des discutions téléphoniques avec l’ambassadeur russe, Sergey Kislyak, alors que Donald Trump venait d’être élu président des États-Unis mais n’était pas encore entré en fonction.

Lors de ces échanges téléphoniques avec le diplomate, il lui aurait assuré que les sanctions prises par Washington, en particulier a propos de l’expulsion de 35 diplomates et de leurs familles suite aux accusations de tentatives d’influence sur l’élection présidentielle américaine par les services russes, pourraient être assouplies une fois le président Trump intronisé. Selon le droit américain, cela peut être considéré comme une "négociation par un citoyen américain avec une puissance étrangère avec laquelle les États-Unis entretiennent des contentieux". C’est punissable selon le "Logan Act" prodigué lors d’une loi de 1799 amandée en 1995(1). Cette loi faisait suite à une visite privée qu’avait effectué le docteur George Logan de Pennsylvanie en France en 1798 pour négocier (en particulier avec Talleyrand) la sortie d’une crise qui existait alors entre les deux pays. Des démarches officielles de Washington avaient précédemment échoué. Malgré le succès du Docteur Logan qui sera ensuite élu sénateur, cette loi avait été prodiguée pour empêcher que de telles démarches personnelles ne se renouvellent à l’avenir. Généralement, les structures étatiques apprécient assez modérément les initiatives individuelles hors du système…

Qu’est-ce qui est vraiment reproché au général Flynn par l’équipe Trump qui l’a incité (ou plutôt obligé) à démissionner ? Tout simplement d’avoir trompé le futur vice-président Mike Pence sur le contenu exact de ses entretiens avec le chef de la mission diplomatique russe à Washington. En effet, Pence avait avancé une défense maladroite et erronée de Flynn se mettant personnellement en mauvaise position. Il a pu en déduire que Flynn lui avait menti or le mensonge est un péché capital dans la société américaine qui est basée sur un fond religieux très ancré. De plus, à l’évidence ce couac survenu dans l’équipe du nouveau président a été peu apprécié par Donald Trump qui tient à resserrer les rangs devant l’opposition passive qu’il rencontre à l’heure actuelle aux États-Unis. Mais il est clair qu’il ne s’agit absolument pas d’un cas de trahison.

 
Commentaires

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  • Par Texas - 16/02/2017 - 23:45 - Signaler un abus de plus...

    Le " Deep Establishment " préfère les insiders . Purger ces administrations des appointés d' Obama sera un vrai défi . Les démocraties sont mises en danger par les Globalistes , nous assistons dans les pays occidentaux à une lutte féroce entre Patriotes ou Souvereinistes et Globalistes pour qui l' idée de nation est obsolète .

  • Par perceval - 18/02/2017 - 11:04 - Signaler un abus Complotisme,illuminati...

    je n'y croyais pas et je pensais qu'il ne s'agissait que de fadaises pour ...illuminés. Force est de constater que ce n'était et ce n'est pas si farfelu que ça et on voit bien, de plus en plus au grand jour d'ailleurs, toutes ces forces à l'assaut. La Démocratie était un leurre, même ce leurre est en train de mourir

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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