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L’épineuse question stratégique et géoéconomique de l’accord sur le nucléaire iranien

Lors du voyage officiel d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis les 23/25 avril derniers, le président français et son homologue américain Donald Trump ont notamment échangé sur l’accord international relatif au nucléaire iranien que le président américain menace démanteler le 12 mai prochain mais que Macron tente de sauver en le renouvelant.

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L’épineuse question stratégique et géoéconomique de l’accord sur le nucléaire iranien

Lors du voyage officiel d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis les 23/25 avril derniers,  le président français et son homologue américain Donald Trump ont notamment échangé sur l’accord international relatif au nucléaire iranien que le président américain menace démanteler le 12 mai prochain mais que Macron tente de sauver en le renouvelant. En réalité, ce fameux accord passé en juillet 2015 entre l'Iran et les cinq puissances nucléaires du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie, plus l'Allemagne), appelé plan d’Action/JCPOA (« Joint comprehensive plan of action »), n’est pas un traité multilatéral mais un simple accord entre pays, de ce fait facile à remettre en cause comme le sait pertinemment Donald Trump.

Signé le 14 juillet 2015, puis approuvé peu après par le Conseil de sécurité de l'ONU via la résolution 2231, il est entré officiellement en vigueur le 16 janvier 2016 et devait théoriquement durer 10 ans, soit jusqu’à 2025. Et c’est déjà là que le bât blesse selon l’Administration Trump, puisque les « clauses crépusculaires » de l’accord, qui ne donnent pas de garanties après cette date, font que les Mollahs iraniens, adeptes du double discours et qui renforcent leur hégémonie au Moyen et Proche-Orient, pourraient être tentés de reprendre le programmes d’enrichissement d’uranium et de construction de centrales puis les activités balistiques de la République islamique iranienne. Celles-ci inquiètent à la fois par Israël, les Etats-Unis et les monarchies du Golfe, en premier lieu l’Arabie saoudite, en quasi guerre avec l’Iran. Riyad est d’ailleurs capable d’acquérir l’arme nucléaire très rapidement (via le Pakistan) si l’Iran refusait un nouvel accord et décidait de reprendre son programme nucléaire militaire. Et le Prince-Héritier saoudien va-t-en-guerre Mohamed Ben Salman n’écarte pas un scénario de guerre avec l’Iran, lui qui compare le Guide suprême iranien chiite de « tyran pire qu’Hitler »…

C’est dans ce contexte hautement sismique que Macron et Trump ont finalement convenu de renégocier l’accord. Celui-ci est jugé trop minimaliste par les ennemis résolus de Téhéran, ou trop dur pour les alliés de Téhéran et les entreprises européennes et chinoises qui aimeraient massivement investir en Perse mais ne peuvent le faire en raison des entraves persistantes imputables à la partie américaine. Grosso modo, l’accord JCPOA repose sur trois volets principaux: 1/ limitation des « capacités techniques » iraniennes ; 2/ contrôle sur place (jusqu’à 2025) des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) jusqu’à 2025; 3/ et, en échange, levée des sanctions internationales décidées par rapport au programme nucléaire (les autres sanctions liées aux droits de l’homme et au terrorisme étant

 
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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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