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Entre Emmanuel Macron et le "système", qui est le mieux placé pour avoir la peau de l’autre ?

Alors qu'Emmanuel Macron a officialisé ce mercredi 16 novembre sa candidature à l'élection présidentielle, de nombreux obstacles risquent de se dresser sur son chemin... pas tous insurmontables.

Pari risqué

Publié le - Mis à jour le 18 Novembre 2016
Entre Emmanuel Macron et le "système", qui est le mieux placé pour avoir la peau de l’autre ?

Macron n'échappera pas à cette nouvelle difficulté, même si on peut considérer que, voulant représenter le courant "ni gauche ni droite" ou "gauche et droite" soit une sorte de candidat du centre-gauche, il devrait obtenir l'aval des maires sans étiquette Crédit PHILIPPE LOPEZ / AFP

Atlantico : Alors qu'Emmanuel Macron a officialisé ce mercredi 16 novembre sa candidature à l'élection présidentielle de 2017, dans quelle mesure pourrait-il avoir des difficultés à recueillir les 500 parrainages d'élus nécessaires à sa candidature, lui qui n'a l'appui d'aucun parti politique ?

Bruno Jeudy : C'est probablement une réelle difficulté pour Emmanuel Macron.

Ça l'est aussi pour presque tous les candidats à l'élection présidentielle de 2017, sauf peut-être pour ceux qui représentent les plus grands partis : le candidat LR ne rencontrera pas de problèmes, Marine Le Pen non plus, parce que le FN a obtenu de bons résultats, notamment aux élections régionales, et il n'y aura pas de problèmes non plus pour le candidat du Parti socialiste, qui garde de nombreux relais dans les territoires.

Ce sera en revanche une vraie difficulté pour tous les autres candidats, qu'ils soient candidats de petits partis ou candidats hors parti. A ce jour, Jean-Luc Mélenchon dit lui-même qu'il a de vraies difficultés avec ses 500 signatures, Nicolas Dupont-Aignan aura également des difficultés alors qu'il est crédité de plus de 5% dans les intentions de vote, et le candidat des écologistes investi après la primaire (Yannick Jadot) admet que ce sera extrêmement compliqué pour les écologistes d'être présents à la présidentielle. Enfin, à mon sens, il n'y aura pas de candidat d'extrême-gauche compte tenu des nouvelles règles de publication mais aussi de collecte des 500 parrainages.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron n'échappera pas à cette nouvelle difficulté, même si on peut considérer que, voulant représenter le courant "ni gauche ni droite" ou "gauche et droite" - c’est-à-dire une sorte de candidat du centre-gauche -, il devrait obtenir l'aval des nombreux maires sans étiquette qui pourraient être intéressés par sa démarche hors parti.

En réponse à cette candidature, le Parti socialiste a menacé de retirer l'investiture PS pour les prochaines législatives à tous les candidats (ou ceux qui ambitionnent de l'être) qui soutiendraient Emmanuel Macron à la présidentielle. N'est-ce pas un obstacle de plus (et de taille) pour l'ancien ministre de l'Economie ?

Jean-Christophe Cambadélis veut faire peur aux députés socialistes tentés par Macron avec un sabre de bois. Le Parti socialiste n'est plus en état d'exclure quiconque : ce parti vit aujourd'hui l'une des plus graves crises politiques de son histoire, une véritable hémorragie chez les militants et a perdu des centaines d'élus depuis le début du quinquennat. Par ailleurs, le PS n'a pas mis à exécution l'exclusion de Jean-Pierre Masseret, l'ex-président du Conseil régional de Lorraine, qui s'était affranchi des menaces du PS lors du deuxième tour des dernières régionales. A ma connaissance, il figure toujours officiellement parmi les militants socialistes de Lorraine. C'est simplement la démonstration de la perte d'autorité non seulement de François Hollande mais aussi du Premier secrétaire du PS. Je vois mal Jean-Christophe Cambadélis exclure Gérard Collomb, maire de Lyon, François Patriat, ancien ministre et sénateur socialiste de Bourgogne, et bien d'autres députés et sénateurs bien installés dans le paysage politique français. 

Le Parti socialiste est aujourd'hui dans le registre des menaces et sera dans le registre classique de la non-exécution des menaces. 

 
Commentaires

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  • Par ikaris - 17/11/2016 - 10:33 - Signaler un abus L'escroquerie de Macron anti-système

    Il n'y a qu'à regarder son CV : ENA jusqu'en 2004, fonctionnaire jusqu'en 2008, 4 ans chez Rotschild, puis retour dans les cabinets en 2012 puis ministre ... vous le voyez où l'anti-système là dedans ? Même son envol s'est fait avec le concours du PS à son meeting de lancement (ce qui est énorme !). Quelques informations savoureuses tout de même dans cet interview (fermeture des parrainages avec les nouvelles règles, rapports de force au PS ...).

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Bruno Jeudy

Bruno Jeudy est rédacteur en chef Politique et Économie chez Paris Match. Spécialiste de la droite, il est notamment le co-auteur du livre Le Coup monté, avec Carole Barjon.

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