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Divulgation d'informations classifiées : pourquoi le soutien indéfectible de son électorat devrait protéger Donald Trump de sa bourde pourtant indéfendable

Donald Trump a révélé des informations classifiées au ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, et à son ambassadeur, lors d'une visite à la maison blanche. Un faux pas de plus mais que ses électeurs risquent de vite lui pardonner malgré la sidération générale.

Gaston TheGaffe

Publié le
Divulgation d'informations classifiées : pourquoi le soutien indéfectible de son électorat devrait protéger Donald Trump de sa bourde pourtant indéfendable

Atlantico : Le 15 mai, le Washington Post a révélé que Donald Trump avait révélé des informations classifiées au ministre des affaires étrangères russe, Sergei Lavrov, et à son ambassadeur, lors d'une visite à la maison blanche. Un épisode qui intervient au lendemain de la séquence du renvoi du directeur du FBI. Une telle révélation est elle à même de porter un véritable coup au nouveau Président des Etats Unis, notamment sur la question de son professionnalisme, et du respect des intérêts de son pays ?

Jean-Eric Branaa : Il est vrai que cette séquence a de quoi surprendre! De surcroit, cela intervient alors même que Washington est en état de crise permanente et que Donald Trump doit faire face à différentes accusations de collusion avec la Russie : on aurait pu penser qu’il aurait su se montrer raisonnable devant la force des attaques, en particulier celle qui ont suivies le limogeage de James Comey. Mais non ! Dès le lendemain il a reçu Sergei Lavrov –ce qui est un hasard du calendrier bien ironique– et il lui aurait confié des informations qui pourraient mettre en danger ceux qui les ont transmises au pays allié qui avait recommandé au Etats-Unis de les garder secrètes. Même si cette version est vigoureusement démentie par le général McMaster, en charge de la sécurité nationale et qui a assisté en personne à l’entretien, on peut remarquer que celui-cil insiste dans ses dénégations sur le fait que la source et la méthode d’obtention n’ont pas été révélées. Toutefois, ni lui ni personne d’autre à la Maison-Blanche n’a démenti formellement qu’il y ait eu fuite de renseignements hautement classifiés. 

Après cette série de ratés successifs, les langues commencent à se délier dans l’entourage du président et de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer le manque de prudence du président, qui serait vraiment trop bavard. Il y a même eu des marques d’irritation au sein de la haute administration, comme l’a par exemple rapporté politico. Le point d’achoppement est certainement l’attitude personnelle du président et sa capacité à divulguer tous types d’informations. Il en est ainsi de ses successions régulières de tweets : comment ne pas s’étonner de la somme de renseignements qui sont apportées à la connaissance du public directement par l’hôte de la Maison-Blanche ? Il n’est même plus stupide de se dire que les espions du monde entier doivent être satisfaits de savoir quasiment heure par heure ce que pense le président du pays le plus puissant du monde…

En réalité c’est bien de la crédibilité de Donald Trump à la tête de l’Etat dont il s’agit. Encore une fois, on constate que les fonctions de PDG d’une entreprise, fut-elle prospère et efficace, n’ont rien à voir avec celles de chef d’un état. Donald Trump semble n’avoir toujours pas terminé son stage de formation et cela devient inquiétant alors qu’il est à la table des principaux décideurs de notre planète.

 
Commentaires

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  • Par adroitetoutemaintenant - 18/05/2017 - 10:21 - Signaler un abus Votre incompétence va devenir légendaire

    1- Les forces spéciales russes et américaines se battent ensemble contre Daech 2- Les renseignements donnés par Trump proviennent des israéliens qui depuis le début de l’intervention russe en Syrie communiquent quotidiennement avec les généraux russes et ont des forces spéciales qui aident les kurdes contre Daech (et qui protègent les pétroliers israéliens en zone kurde) 3- Trump est le commandant en chef et peut révéler n’importe quel dossier secret à qui il veut Alors vos blablas niveau Télé 7 jours c’est de la mouise !

  • Par ikaris - 18/05/2017 - 11:00 - Signaler un abus Article mi-figue mi-raisin

    j'ai toujours du mal à voir dans cet "incident" autre chose qu'une campagne de dénigrement sans fondement : échanger des renseignements fait partie pour moi de la diplomatie et je ne vois pas de quoi en faire un fromage. Trump a pour stratégie assumée d'être imprévisible (il parait qu'il était comme ça en affaire) comme il l'a montré en Syrie et ça fait partie de sa capacité d'action, de plus il me semble pertinent que les états livrent leur sentiment général sur la situation internationale ... donc si des espions psychologues analysent ses tweets, grand bien leur en prenne. Sinon analyse intéressante du socle populaire de Trump

  • Par Marie-E - 18/05/2017 - 11:06 - Signaler un abus A partir

    du moment où s'il s'agit d'une source humaine, elle a été exfiltrée (et là Israël est très doué pour récupérer par tous les moyens ses agents) ou s'il s'agit d'une source technique (m'étonnerait que les Israéliens aient tout communiqué en tout cas je l''espère), je dis que c'est très bien pour faire réfléchir Trump sur ses déclarations intempestives, contradictoires et incertaines quant au programme de sa visite, quant aux déclarations qu'il va faire (déjà il va aller comme tout le monde faire un discours au Musée de Jérusalem au lieu de Massada...car vu la chaleur il n'y aurait plus personne de vivant au bout de 5 mn pour l'écouter), quant au processus de paix (il a l'air de s'être fait embobiner par Abou Mazen. Espérons qu'il sera prudent dans ses déclarations : a priori le membre de la délégation américaine qui est allé contester la souveraineté israélienne sur le Mur Occidental a des soucis à se faire. Et enfin non on ne visite pas Yad Vashem en coup de vent, on prend le temps d'honorer la mémoire des victimes de la Shoah, en particulier le Pavillon des Enfants qui est si émouvant...ou sinon ce n'est pas la peine d'y aller.

  • Par lémire - 18/05/2017 - 12:37 - Signaler un abus rencontres au sommet

    Si l'entourage de Trump fait preuve d'amateurisme, c'est en s'excusant. Echanger des informations non publiques est une des raisons d'être de telles rencontres au sommet. Quant à parler d'affaiblissement du débat politique américain, il n'est pas pire que depuis Carter : toujours autant d'argent, de mises en scène, de sentimentalisme, de chiffons rouges...

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux édition de Passy (2016).

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